Trois façons de séduire le public

Ariane Moffatt a vite constaté, vendredi soir, que... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Ariane Moffatt a vite constaté, vendredi soir, que le public rassemblé au centre-ville de Chicoutimi était allumé, particulièrement sensible au charme qu'exercent ses chansons.

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Daniel Coté
Le Quotidien

La petite histoire d'un événement comme le Festival international des Rythmes du Monde ne s'écrit pas seulement sur la scène. Il y a des moments où le public a autant de talent que les artistes et ce fut le cas vendredi soir. Chacun à sa manière, les trois spectacles présentés au centre-ville de Chicoutimi ont réveillé le «boogie man» - ou woman - qui dort en chacun de nous.

Premier à se lancer, Samito a montré pourquoi la critique a tellement encensé son nouvel album, dont plusieurs titres ont été livrés sur la scène dressée à l'angle des rues Racine et Labrecque. Ils laissent filtrer ses racines africaines, mais également la modernité telle que vécue par un jeune chanteur et musicien pétri de culture occidentale.

Comme c'est la coutume à 19h, il a offert ses premières chansons devant un public relativement modeste. Il y avait du «lousse» entre les grappes de monde, si bien que ça a sonné drôle quand Samito a parlé de faire le party au moment d'interpréter une deuxième composition, LOL. La facture était pop. C'était de la belle ouvrage, mais on sentait une distance qui s'est amenuisée après une trentaine de minutes, sur l'air de Tiku La Hina.

«Ça veut dire Mon pays et ce soir, mon pays est ici, à Chicoutimi. Au Québec», a lancé l'artiste avant de conférer une couleur africaine à son beat électro. Il a ensuite invité les gens à danser, puis à sauter, et ça a brisé la glace. Dès lors, le public l'a adopté et ne voulait plus le lâcher, sauf que l'horloge avançait. Après 45 minutes, l'excellent homme a dû retraiter, tout en ayant la conviction de s'être fait de nouveaux amis.

Un personnage que connaissent bien les amateurs de l'émission La voix, Élie Haroun, a pris le relais devant une foule qui avait beaucoup grossi. Il lui a servi des compositions à lui, très efficaces, ainsi que des reprises montrant à quel point la soul et le funk ont marqué l'inconscient collectif, y compris au pays des épinettes. On l'a senti dès son arrivée sur la scène, alors que le chanteur a fait honneur au classique de Marvin Gaye, Let's Get It On.

Ce fut le prélude à un joyeux délire, alors que des succès comme Happy et Wake Me Up ont poussé une femme à danser avec une fillette dans les bras, des aînés à solliciter leurs genoux plus que de raison. «C'est la première fois que je viens dans cette merveilleuse ville. Vous êtes un public aussi beau que votre paysage», leur a annoncé Élie Haroun.

À l'autre bout de la rue, dans le voisinage de la cathédrale, Ariane Moffatt a vite constaté que même ses hymnes les plus introspectifs, ceux qui servent à hypnotiser le public, pour reprendre son expression, pouvaient susciter des transports d'enthousiasme. C'est ainsi que 22h22 et Rêve, si atmosphériques soient-ils, ont été accueillis par des cris et des mouvements de tête qui annonçaient bien pour la suite des choses.

Je veux tout a confirmé cette impression, tout comme Debout, qui a été précédé par un joli clin d'oeil au Let's Dance de Bowie. Ça sautait de tous les côtés. On sentait une très forte adhésion, alors que les synthés produisaient des spirales infernales. Oui, on était loin des rythmes du monde, mais quand le monde a du rythme, doit-on s'en formaliser?

Ariane Moffatt a ensuite souligné le fait qu'on se trouve au temps des Perséides en reprenant une pièce toute seule, au piano. «C'est un spécial Chicoutimi. Ça fait longtemps que je n'ai pas chanté Perséides», a-t-elle précisé. Ce fut un moment de grâce, l'équivalent du sorbet entre deux plats dans un service à sept couverts. Le public était attentif, touché, et nul doute que des fans en ont profité pour faire un voeu: que ce spectacle finisse bien tard.

Aide financière de 35 000$

(Laure Gagnon-Tremblay) Le Festival international des Rythmes du Monde (FIRM) a obtenu une aide financière de 35 000$ du gouvernement du Québec. Le montant, annoncé vendredi par communiqué de presse, permettra d'appuyer la tenue du festival.

L'annonce a été faite de concert par le premier ministre, Philippe Couillard, le député de Dubuc, Serge Simard, et la ministre du Tourisme, Julie Boulet. Les fonds proviennent du Programme de développement de l'industrie touristique - Aide financière aux festivals et aux événements touristiques.

Selon eux, le FIRM représente un acteur important dans l'industrie de tourisme dans la région. Ce secteur génère des dépenses de 375 millions de dollars, et plus de la moitié proviennent des touristes, peut-on lire dans le communiqué.

«Cette industrie a un grand potentiel de séduction qu'il est important de développer. De par son envergure, le Festival international des Rythmes du Monde contribue de façon dynamique à l'offre touristique de même qu'au développement économique de la région», a ajouté le premier ministre.

Par ailleurs, un groupe de travail a été créé à la suite du Sommet économique régional du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour développer différentes initiatives pour aider la région à développer le tourisme. L'industrie avait été identifiée comme l'un des secteurs structurants de l'économie de la région lors du Sommet, selon Serge Simard.

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