La licence d'Expert-Tech retirée

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

CHRONIQUE / L'entreprise Construction Expert-Tech, ayant pignon sur la rue Turbide, à Jonquière, n'a plus le droit d'exercer ses activités commerciales. La Régie du bâtiment du Québec (RBQ) lui a retiré sa licence le 5 août dernier.

Ses dirigeants, Stéphane Loranger et Harold Harvey, ont fait de fausses déclarations afin de cacher leur passé criminel, ont utilisé des prête-noms et ont enfreint la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction.

La décision a été rendue par Me Gilles Migneault, régisseur à la RBQ, à la suite d'audiences qui se sont tenues le 20 juillet.

Depuis 2009, MM. Harvey et Loranger sont les actionnaires de la compagnie à numéros 9184-2823 Québec inc. qui pratique ses activités sous le nom de Construction Expert-Tech.

L'enquête a démontré que cette entreprise a utilisé les noms de deux dames afin de se qualifier pour l'obtention d'une licence auprès de la Régie.

En avril 2011, M. Loranger a répondu par la négative à la question posée dans un formulaire qui vise à déterminer si, au cours des cinq dernières années, l'un des dirigeants, actionnaires ou associé a été déclaré coupable d'un acte criminel.

En mars 2012, une autre fausse déclaration a été constatée après que les dirigeants aient répondu non à la question visant à déterminer si l'entreprise a été déclarée coupable dans les douze derniers mois à la Loi sur les relations de travail. Les dirigeants et l'entreprise cumulent de nombreuses dettes auprès de la Commission de la construction du Québec (CCQ), de l'Agence du revenu du Québec, de la CSST et d'un dénommé Claude Dumais.

À la suite de l'enquête, la RBQ a établi que Harvey a été condamné de 1988 à 2008 à plusieurs reprises pour des voies de fait, voies de fait causant des lésions corporelles, possession de stupéfiant pour trafic, méfait, menaces et omissions, ou refus de se conformer à une ordonnance de probation. En juin 2016, il se reconnaît coupable d'une autre accusation criminelle et est condamné à une probation de 12 mois.

Quant à Loranger, il a fait face dans le passé à 13 condamnations pour vol, fabrication de faux, omission de comparaître, séquestration et possession de stupéfiants entre 1989 et 2015. Il a été mis en état d'arrestation, tout comme 65 autres personnes, lors de l'opération Macaque qui visait à démanteler deux réseaux de drogue en 2013. Il est établi qu'il approvisionne la région en drogues en utilisant son camion aux couleurs de l'entreprise portant le numéro de la RBQ. Alors qu'il est propriétaire unique du Resto-bar La Broue, il est condamné à plusieurs reprises par la Cour à rembourser des dettes dues à plusieurs créanciers.

Compte tenu de l'ensemble de ces faits, notamment, la RBQ conclut qu'une personne raisonnable ne pourrait confier à ces personnages le soin d'effectuer des travaux de construction sur sa maison.

«Les comportements passés de Loranger et Harvey soulèvent de nombreux doutes sur leur sens de la responsabilité, du respect des lois, des règlements, des codes et de normes régissant leurs activités et le maintien du lien de confiance envers et avec leurs clients.»

Compte tenu des circonstances, la licence de l'entreprise a été annulée et celle de la nouvelle demande a été refusée.

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