La prison plutôt que l'hôpital

L'avocat de Jérôme Racine, Me Julien Boulianne.... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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L'avocat de Jérôme Racine, Me Julien Boulianne.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Jérôme Racine, cet homme qui a menacé de faire un carnage à la mitraillette au Centre local d'emploi (CLE) de Jonquière en juin dernier, écope de cinq mois de prison. L'individu âgé dans la trentaine a plaidé coupable à plusieurs accusations vendredi matin au Palais de justice de Chicoutimi.

Racine, qui souffre de schizophrénie, n'en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Il a d'ailleurs été arrêté moins de deux semaines après sa sortie de prison.

Frustré de ne pas avoir reçu de prestations d'aide sociale après avoir fait quelques démarches, Racine a dit à son éducatrice du CLSC qu'il allait se rendre au CLE avec une mitraillette. Ces propos ont été le point culminant de sa désorganisation, survenue à la suite de sa sortie de prison. Avant de faire cette menace, il s'est rendu à trois reprises à l'hôpital de Chicoutimi au début du mois de juin pour rencontrer des psychiatres. Chaque fois, il a été renvoyé, car il présentait des signes d'agressivité.

«Le cas de mon client est un exemple patent du manque de ressources. Il a entamé les démarches pour avoir son aide sociale, mais il manquait des documents. Il est devenu frustré, il n'avait pas un sou. Il se trouvait à la maison des sans-abri. Il s'est ensuite rendu à l'hôpital pour demander de l'aide parce qu'il était en train de se désorganiser. Pas une fois, mais trois fois. Chaque fois, on le retourne. Et quelques jours plus tard, il se fait arrêter parce qu'il a tenu des propos menaçants, et ce, parce qu'il est désorganisé. Mais il était allé à l'hôpital pour régler sa désorganisation», insiste Me Boulianne, illustrant l'évidence de la détresse de Racine.

L'avocat laisse même entendre que certains intervenants auraient pu davantage écouter son client.

«On entend souvent dire que les gens doivent s'aider. Le gars, il a demandé de l'aide. Il a levé la main trois fois. C'est quelqu'un qui s'est présenté trois fois à l'hôpital pour dire qu'il n'allait pas bien», plaide Me Boulianne.

Ce dernier a ordonné la confection d'un rapport sur la responsabilité criminelle de son client. Malgré ses problèmes psychologiques et sa désorganisation, les experts ont jugé que Racine était en mesure de distinguer le bien du mal au moment des gestes reprochés. Une conclusion que semble remettre en question Me Boulianne.

«Le 10 juin, il se fait arrêter et on l'envoie directement à l'hôpital parce qu'on dit qu'il est en effet désorganisé. Mais il ne l'était pas assez les jours avant pour qu'il soit pris en charge ? Le rapport dit qu'il est criminellement responsable. Mais il aura fallu quand même qu'ils le gardent tout ce temps (quelques semaines) pour ajuster sa médication», pointe l'avocat.

Dans le box des accusés, Racine s'est montré très calme. Il a admis que sa façon de montrer son désaccord «n'était pas bonne».

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