Rio Tinto apaise les inquiétudes

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Les détenteurs d'un bail de villégiature ont reçu une missive de Rio Tinto, cette semaine, concernant la réflexion amorcée sur la gestion des propriétés riveraines.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Rio Tinto compte mettre sur pied un comité de travail formé de locataires, d'élus et d'experts, afin de se pencher sur la gestion des propriétés riveraines du lac Saint-Jean. Une initiative qui semble apaiser les inquiétudes des détenteurs de bail de villégiature.

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Le maire de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Lawrence Potvin, voit d'un bon oeil la formation d'un comité de travail proposé par Rio Tinto. 

Archive Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Les riverains du lac Saint-Jean ont reçu une missive de Rio Tinto, cette semaine, et Le Quotidien en a obtenu copie. La multinationale tenait ainsi à rectifier certains faits, mais aussi à rassurer les détenteurs de bail de villégiature concernant la réflexion amorcée sur la gestion de ses propriétés riveraines.

Cette réflexion fait couler beaucoup d'encre depuis quelques semaines, alors que la multinationale a entrepris des initiatives de réduction des coûts dans toutes ses installations, afin d'affronter le bas prix de l'aluminium et faire face à la concurrence du marché. Toutes les activités de la multinationale sont ainsi examinées.

«Les propriétés du lac Saint-Jean représentent un cas particulier qui sera évalué dans son contexte. [...] À ce stade-ci il est beaucoup trop tôt pour dire quelles options pourraient être adoptées», répète Rio Tinto.

«Plusieurs informations sont véhiculées concernant les terrains de villégiature qui vous sont loués. Ces informations peuvent parfois mener à des conclusions qui n'ont rien à voir avec la réalité. À titre de locataire, vous êtes les premiers concernés et je tenais à vous informer dès maintenant de la réflexion qui s'amorce», commence le directeur du Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean, Jean Pedneault, dans la lettre envoyée cette semaine et datée du 5 août.

«Nous prévoyons donc mettre sur pied un comité de travail formé de locataires, d'élus et d'experts. La réflexion s'amorce à peine et elle s'échelonnera sur plusieurs mois», ajoute Jean Pedneault.

Évidemment, cette réflexion inquiète les riverains concernés. Le maire de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix et détenteur d'un bail de villégiature, Lawrence Potvin, estime que la création d'un comité de travail est un élément très positif. Celui qui avait affirmé que les riverains monteraient aux barricades advenant une hausse de leur loyer a indiqué avoir été rassuré par une telle démarche.

«Au moins, la compagnie propose la création d'un comité. De prime abord, c'est un élément positif et oui, ça me rassure. Il y a aussi quelques clarifications dans cette lettre. Je ne peux pas dire que je suis en accord avec tout ce qui est écrit, mais au moins, il y a communication», a affirmé Lawrence Potvin, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.

La responsable des communications de Rio Tinto, Xuân-Lan Vu, explique que cette lettre a été envoyée afin d'inclure les détenteurs de bail dans la réflexion de la compagnie.

«Ce sont évidemment les premiers concernés alors nous tenons à communiquer avec eux. Et nous invitons les riverains à siéger sur le comité de travail», a fait valoir Xuân-Lan Vu, qui n'a toutefois pas pu s'avancer sur la date à laquelle sera formé ce comité.

Voici la foire aux questions envoyées aux riverains

Rio Tinto va-t-elle taxer les riverains ?

Non. La taxation est un pouvoir qui appartient aux gouvernements.

En aucun cas, Rio Tinto ne peut taxer les riverains.

Les locataires devront-ils débourser des frais de loyer pour leur terrain?

Les baux en vigueur, d'une durée de 8 ans, sont valides et Rio Tinto les respecte. Rio Tinto ne peut modifier unilatéralement les termes d'un bail en cours.

À ce stade-ci, plusieurs options sont possibles. La réflexion s'amorce à peine, il faut évaluer l'ensemble des impacts et il est trop tôt pour dire quelles seront les alternatives privilégiées.

Est-ce que Rio Tinto cherche à faire payer les locataires pour les travaux du Programme de stabilisation des berges?

Non, le Programme n'a aucun lien avec la réflexion actuelle. Depuis 30 ans, Rio Tinto assume entièrement les coûts nécessaires au Programme de stabilisation des berges pour contrer l'érosion. Ainsi, année après année, le budget du Programme varie en fonction de l'érosion observée et des travaux qui doivent être réalisés. Rio Tinto maintient cet engagement financier pour le Programme de stabilisation des berges 2017-2026, tel que présenté dans son étude d'impact pour l'obtention du prochain décret. À titre d'exemple, même s'il se produisait de très fortes tempêtes trois années consécutives, Rio Tinto réaliserait les travaux nécessaires.

Les investissements réalisés par les locataires et les municipalités n'ont-ils pas contribué à faire augmenter significativement la valeur des terrains?

Effectivement. Il s'agit d'un facteur qui devra être pris en compte et qui démontre la pertinence de mettre en place un comité pour nous accompagner dans notre réflexion.

À combien pourrait s'élever un loyer? Les médias parlent d'un loyer de 4 500$ par année, est-ce réaliste?

La réflexion qui vient de débuter va s'échelonner sur plusieurs mois. Il est trop tôt pour dire quelles seront les options privilégiées. Le montant de 4 500$ n'est ni une cible, ni un objectif. C'est une évaluation sommaire utilisée pour imager l'avantage financier du locataire moyen qui occupe un terrain sous bail, par rapport à un propriétaire de terrain.

Est-ce une stratégie de chantage? Rio Tinto n'est-elle pas en train de menacer de faire payer les riverains pour une baisse éventuelle du niveau du lac?

Non, la réflexion concernant les propriétés de Rio Tinto autour du lac Saint-Jean se fait dans le cadre d'un exercice global de réexamen des actifs de Rio Tinto, partout dans le monde. Dans toutes nos installations, nous revoyons nos façons de faire pour rester concurrentiel et la gestion des propriétés ne fait pas exception. Cependant, les impacts financiers du prochain décret peuvent aller bien au-delà de la mission première du Programme de stabilisation des berges qui est de contrer l'érosion. Ces impacts financiers supplémentaires font nécessairement partie de la réflexion.

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