Le fjord et Arvida se rapprochent de l'UNESCO

Arvida... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Arvida

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Le fjord du Saguenay et Arvida se rapprochent de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Pour la première fois depuis 12 ans, le gouvernement fédéral ouvre sa liste indicative du patrimoine mondial du Canada.

Une ouverture inespérée par les deux comités distincts qui travaillent depuis 2010 pour inscrire le fjord du Saguenay et le secteur arvidien sur cette liste de sites internationaux exceptionnels.

« Ce n'est pas une petite fenêtre qui s'ouvre. C'est une porte de garage. On l'attendait depuis longtemps. Et je dois avouer que c'est une belle surprise aujourd'hui. On n'a jamais été aussi près de cette liste », commente le conseiller municipal Carl Dufour, également président du comité pour la reconnaissance patrimoniale d'Arvida (CORPA).

Pour Robert Bouchard, un des porte-paroles du comité de travail de la reconnaissance du fjord du Saguenay, cette ouverture est le résultat du changement de gouvernement, mais aussi des démarches menées auprès de la ministre Catherine McKenna, responsable de Parcs Canada.

« La liste indicative ouvre normalement tous les 10 ans. Mais il aura fallu 12 ans et un changement de parti au pouvoir pour que cette liste s'ouvre à nouveau. Et c'est une belle nouvelle pour nous. Notre comité a fait plusieurs démarches pour une ouverture. Le député Denis Lemieux a d'ailleurs personnellement remis notre demande à la ministre en février dernier », précise Robert Bouchard, rappelant que son comité regroupe également des représentants de Charlevoix, de la Côte-Nord-Manicouagan et des Premières Nations innues.

L'annonce de l'ouverture de la liste indicative a été faite lundi par la ministre responsable de Parcs Canada, l'entité qui représente le Canada au sein de la Convention du patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette liste se veut, en quelque sorte, un inventaire que le pays défendra devant le comité international au cours des prochaines années. Pour qu'un lieu proposé puisse être classé site du patrimoine mondial, il doit d'abord figurer sur la liste indicative du pays où il se trouve. Seulement deux candidatures par année peuvent être soumises par chaque pays aux fins d'examen par le comité international.

Même si le fjord du Saguenay et Arvida convoitent le même titre, les deux sites refusent de se considérer comme des adversaires.

« Oui, on veut la même chose. Mais on est différents. Arvida est un site patrimonial bâti et nous, c'est un site naturel qui a un caractère historique. Car le site possède des forêts vierges, où il n'y a eu aucune activité humaine », rappelle M. Bouchard, ajoutant que le fjord est le plus long du monde à une aussi basse latitude.

En plus d'attirer l'attention internationale, un tel titre décerné par l'UNESCO permet au site d'obtenir davantage de financement, souligne Carl Dufour.

« Ça amène de l'argent pour développer un secteur. Ça peut faire toute une différence. Mais c'est surtout l'aspect de fierté qui est le plus recherché. Les gens d'Arvida sont fiers de leur secteur. Certains n'ont toujours pas digéré la fusion de 1976 », mentionne le conseiller municipal. 

Les comités ont encore quelques mois pour déposer leur candidature. Les sites canadiens sélectionnés seront dévoilés en 2017.

Cinq sites sur les 11 qui figurent sur la liste actuelle (revue en 2004) ont depuis été inscrits comme sites du patrimoine mondial. Le plus récent, Mistaken Point (Terre-Neuve-et-Labrador), a été reconnu en juillet dernier. 

Le Canada possède 18 sites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Sur le territoire provincial, le Vieux-Québec et le Parc national de Miguasha ont obtenu cette reconnaissance en 1985 et 1999.

Le ministre Luc Fortin a visité Arvida

Coïncidence, le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, a fait une visite d'Arvida, lundi, en vue d'une possible reconnaissance patrimoniale provinciale. Le caractère patrimonial de cette ancienne ville industrielle est reconnu par la municipalité et le gouvernement fédéral. Mais Québec n'a toujours pas classé ce secteur comme étant l'un des territoires à protéger. 

Il ne s'agit toutefois pas d'une condition pour figurer sur la liste indicative canadienne, en vue d'une reconnaissance ultime par l'UNESCO.

« Ce n'est pas un critère. Mais ça ne peut pas nuire. Entre deux sites du même genre, le comité canadien peut préférer un site reconnu par la province », croit le conseiller jonquiérois, Carl Dufour.

Mais ce dernier semble optimiste quant à une possible reconnaissance de la part du gouvernement québécois. « Sans dire que le ministre va nous accorder tout de suite cette désignation, on peut dire qu'il a été impressionné par sa visite. Il a été impressionné par l'état des lieux et par notre travail déjà entamé », constate M. Dufour. 

Le chef de l'opposition, Sylvain Gaudreault, qui a également travaillé sur le dossier de reconnaissance d'Arvida, a participé à cette visite.

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