Le long combat d'Yves Lacoursière

Des consultations publiques ont lieu pour le renouvellement... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Des consultations publiques ont lieu pour le renouvellement de la politique culturelle.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Dans le but de préserver le patrimoine bâti du Québec, davantage d'efforts devraient être fournis pour maintenir les métiers traditionnels de la construction, un marché qui pourrait représenter la création de 18 000 emplois et générer environ deux milliards $ en activités économiques.

Devant le ministre de la Culture, Luc Fortin, qui était de passage à Jonquière dans le cadre d'une consultation portant sur le renouvellement de la politique culturelle du Québec, Yves Lacoursière a poursuivi le combat qu'il mène depuis 25 ans.

L'ingénieur originaire de Notre-Dame-du-Saguenay souhaite assurer la pérennité des métiers traditionnels de la construction. Il est question ici de maçons, charpentiers, artisans en toitures, spécialistes de la plâtrerie, menuisiers ayant les connaissances techniques pour intégrer de l'ameublement à des structures d'immeubles, etc.

En entrevue avec Le Quotidien, M. Lacoursière explique que dans les années 1920, le Québec comptait 80 000 travailleurs ayant les connaissances pour transformer des matériaux et les appliquer selon des méthodes spécifiques. Celles-ci permettaient, par exemple, de créer des moulures en plâtre à des plafonds et murs. En 2016, M. Lacoursière estime que moins de 1000 travailleurs au Québec possèdent encore des connaissances dans ces métiers et leur moyenne d'âge est supérieure à 65 ans. Cette décroissance s'explique par le développement graduel de l'industrie de matériaux préfabriqués à assembler. Il en résulte que plusieurs métiers ont été abandonnés. En 1969, l'adoption d'un nouveau système de formation professionnelle misant sur les métiers industriels a contribué à la baisse.

Au moment de procéder à la restauration de bâtiments riches au plan patrimonial, M. Lacoursière soutient que le savoir-faire n'est plus là et la pénurie de main-d'oeuvre se traduit par des « massacres au chapitre du patrimoine bâti ». Selon lui, la valeur des bâtiments traditionnels est évaluée à 2,7 milliards $, dont 1,8 milliard $ relève de la compétence des métiers traditionnels 

« Après 25 ans de lutte où les syndicats de la construction ne font pas de quartier pour laisser place à des artisans des métiers traditionnels », M. Lacoursière voit enfin poindre la lumière au bout du tunnel. Depuis un an, le ministère de la Culture et la Commission de la construction du Québec (CCQ) ont entrepris une réflexion nationale concernant la pérennité des métiers traditionnels. Selon lui, cette démarche pourrait fixer le sort de ces métiers.

M. Lacoursière a proposé au ministre Fortin, lundi, que son ministère définisse et soutienne le marché du bâti traditionnel et reconnaisse le rôle des métiers pour intervenir adéquatement sur le bâti ancien.

Il propose également que la CCQ reconnaisse la spécificité des métiers traditionnels de la construction tout en suggérant que l'État revoit ses mesures législatives afin de montrer sa détermination pour la protection de ces deux patrimoines. L'État pourrait, ajoute-t-il, soutenir les propriétaires-gardiens du patrimoine bâti par des mesures fiscales et du soutien technique.

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