Place aux «nomades de la grêle»

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Les spécialistes du débosselage ne manquent pas de travail depuis la tempête de grêle de la semaine dernière.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Moins d'une semaine après la micro-tempête de grêle qui a frappé les secteurs de La Baie et Laterrière, Saguenay assiste présentement au débarquement des «nomades de la grêle». Des entreprises spécialisées en débosselage sans peinture se sont associées à différentes compagnies d'assurance oeuvrant dans la couverture de dommages automobiles.

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L'utilisation d'outils spécialisés permet de repousser les bosses dûes à la grêle en exerçant plusieurs petites pressions.

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Depuis vendredi, des compagnies d'assurances louent d'anciens garages afin d'y recevoir leurs clients sur rendez-vous et de procéder à l'évaluation et à la réparation des dommages causés par la chute de grêlons.

C'est le cas pour la compagnie RSA, qui a loué un local sur la rue Brisay, à Chicoutimi, avec l'Équipe DSP de Calgary, Intact Assurance, belairdirect, qui ouvre aujourd'hui son centre temporaire sur le boulevard Saint-Paul, ou encore Promutuel, installée sur la rue Joseph-Nil-Claveau à La Baie.

Mardi, c'était au tour de Desjardins Assurances générales d'accueillir ses premiers clients au 888 boulevard Talbot avec l'équipe Les Dégrêleurs, une entreprise familiale dirigée par Martin Petitclerc et Caroline Ouellet, qui se spécialise dans la technique de débosselage sans peinture. Cette technique, peu connue dans la région, mais qui existe depuis une bonne dizaine d'années, consiste à enlever chacune des petites bosses sur les carrosseries en effectuant de petites pressions sur la tôle vers l'extérieur à l'aide d'outils spécialisés. Minutie et patience de moine sont de mise pour chacun des véhicules à réparer. La technique, qui s'applique à de petits dommages, ne nécessite aucune utilisation de peinture ou de produits chimiques.

Caroline Ouellet, vice-présidente des Dégrêleurs, explique que les tempêtes de grêle présentes un peu partout au pays ont contribué à créer une véritable industrie itinérante. «On est des chasseurs de grêle. Lorsqu'il y a de la grêle quelque part, on se déplace pour effectuer le travail. L'an dernier, on s'est rendus à Coaticook et à Gaspé. On fait tous les dossiers de Desjardins et de La Personnelle», explique Mme Ouellet. Elle note que la tempête de grêle qui a frappé Gaspé l'an passé, le 28 juillet, soit une journée avant celle du Saguenay, survenue le 27, a nécessité la réparation de 400 véhicules. Une quinzaine de techniciens de son entreprise ont oeuvré au débosselage des voitures jusqu'à la fin octobre. Elle prévoit qu'au Saguenay, entre 1000 et 1300 voitures couvertes par Desjardins devront être débosselées, du travail qui pourrait s'étendre jusqu'aux Fêtes.

Selon elle, la tempête de grêle du Saguenay a été sévère puisque les gros grêlons ont causé des embossures larges sur les carrosseries. Lorsque le centre d'estimation et de réparation sera complet avec la présence d'une quinzaine de techniciens, Mme Ouellet prévoit pouvoir répondre à quatre rendez-vous à l'heure.

À ceux qui estiment que la présence de débosseleurs venus de l'extérieur de la région est susceptible de faire une concurrence déloyale aux commerces présents au Saguenay, Mme Ouellet répond que le travail effectué ne porte que sur le traitement des bosses des carrosseries. Le remplacement de pare-brise, toits ouvrants et autres pièces est effectué par des entreprises locales. «Notre présence contribue à l'économie locale puisqu'on loue des maisons, appartements, emplacements de camping et on va dans les restaurants pour se nourrir», affirme-t-elle.

Luc Martin, directeur, Service d'indemnisation, Desjardins Assurances, affirme... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 4.0

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Luc Martin, directeur, Service d'indemnisation, Desjardins Assurances, affirme que l'utilisation de la technique de débosselage sans peinture permet des économies aux assureurs.

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Des pertes totales à prévoir

Chaque tempête de grêle entraîne avec elle son lot de voitures qui doivent être déclarées «perte totale» par les assureurs.

Luc Martin, directeur section indemnisation chez Desjardins Assurances, a procédé lundi à l'ouverture du centre temporaire avec son équipe de cinq experts en sinistres et sept autres personnes 

spécialisées en estimation. «Nous avons prévu qu'il y a du travail pour quatre semaines à raison de six à sept jours par semaine pour des estimations sans peinture et conventionnelles. Notre méthode de travail consiste d'abord à donner des rendez-vous pour le débosselage sans peinture et par la suite on va vers le conventionnel», explique-t-il.

Selon lui, il est évident que sur les 1000 à 1300 voitures endommagées, il y aura des pertes totales puisque les compagnies d'assurance basent leur décision de réparer ou non une automobile en fonction de la valeur marchande. «Si vous avez une voiture 2003 qui a une valeur marchande de 2000$ et qui a subi des dommages de 6000$, elle sera déclarée perte totale», explique-t-il. Ceci étant dit, il y a toujours place à des négociations avec l'assureur si un propriétaire de véhicule à la mécanique impeccable et dont les vitres ont été cassées n'a pas de honte à circuler avec une carrosserie embossée. 

En ce qui a trait au recours à des spécialistes en débosselage sans peinture par les assureurs, M. Martin explique que le fait de conserver l'intégrité de la peinture et de ne pas avoir à remplacer de pièces contribue à abaisser les coûts d'indemnisation des assureurs.

Il conclut qu'il est bien difficile pour le moment de divulguer des chiffres sur le coût moyen de chaque indemnisation de la tempête de grêle du Saguenay puisque chaque dossier est particulier et que le processus n'en est qu'à ses débuts.

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