Pharmaciens en milieu hospitalier: des besoins criants en région

La région est aux prises avec une pénurie... (Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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La région est aux prises avec une pénurie de pharmaciens en milieu hospitalier. La majorité des finissants en pharmacie optent pour le privé, où les salaires sont plus élevés.

Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est aux prises avec une pénurie de pharmaciens en milieu hospitalier. Sur 45 postes disponibles, neuf ne peuvent être comblés. Les difficultés de recrutement sont telles que certains départements doivent se passer des services d'un professionnel en pharmacie, ce qui ajoute une pression sur les équipes de soins.

C'est notamment le cas de plusieurs urgences et de départements de soins intensifs et d'oncologie. Cette situation occasionne également une surcharge de travail à la pharmacie centrale des hôpitaux, où les pharmaciens sont déjà sous pression, dans le contexte où ils sont invités à mener à terme des projets d'optimisation des dépenses. Les coûts des médicaments représentent 80 pour cent des budgets des pharmacies en établissement de santé.

Pharmacienne et directrice générale de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), Linda Vaillant explique que la pénurie est généralisée au Québec. L'embauche de 252 pharmaciens serait requise pour combler les besoins en milieu hospitalier. Au 1er avril 2015, elle atteignait 20 pour cent dans la région, comparativement à 19 pour cent dans l'ensemble de la province.

Sur 9000 pharmaciens répartis dans divers secteurs d'activité au Québec, principalement au privé, quelque 1600 oeuvrent dans des établissements de santé publics.

«Seulement 40 pour cent des établissements affectent un pharmacien à l'urgence. Là où ça manque le plus, c'est dans les unités de soins. La centrale de pharmacie doit valider toutes les ordonnances. Les thérapies médicamenteuses changent et évoluent. Il faudrait plus de pharmaciens pour investir tous les domaines où il y a des besoins», fait valoir Linda Vaillant.

Origine

La pénurie de pharmaciens en milieu hospitalier remonte au début des années 2000. L'écart salarial entre le privé et le public était si grand que de nombreux diplômés ont boudé la pratique en établissement. De plus, les pharmaciens qui souhaitent travailler en milieu hospitalier doivent faire une maîtrise. Aujourd'hui, il est estimé que seulement 18 pour cent de pharmaciens québécois oeuvrent à l'hôpital. Depuis 2012, des mesures sont en vigueur pour attirer davantage de pharmaciens au public et combler l'écart. Des primes ont été introduites et le gouvernement a accru le nombre de bourses offertes aux étudiants qui poursuivent à la maîtrise.

«Avant, il y avait 70 places disponibles. On peinait à en combler 50. Depuis quelques années, on a des cohortes complètes», poursuit Linda Vaillant. La pharmacienne a bon espoir que l'équilibre sera éventuellement atteint. Actuellement, un pharmacien au public doit gravir six échelons avant d'atteindre le salaire de base d'un collègue du privé.

250 000$ d'économie au CIUSSS

La pénurie de pharmaciens en établissement procure une économie de 250 000$ au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2016-2017. Cette somme a été comptabilisée dans les mesures d'optimisation budgétaires du CIUSSS pour la prochaine année.

Questionnée à ce sujet, la porte-parole Joëlle Savard a martelé à plusieurs reprises en cours d'entrevue que cette situation est exceptionnelle et que le CIUSSS considère cette économie comme «non récurrente».

«Le recrutement demeure une priorité et on continue de déployer des efforts de recrutement considérables. C'est une pénurie provinciale et on sait que la situation est difficile sur les équipes», dit Joëlle Savard. Le CIUSSS prévoit l'embauche d'un nouveau pharmacien en milieu hospitalier cet automne et entend courtiser des candidats qui termineront prochainement leur maîtrise. La responsable des communications précise que la situation est amplifiée par les vacances estivales.

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