«La prochaine fois, je ne me manquerai pas»

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Kevin Tremblay

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Le soir du 22 juillet, le barricadé de la rue Hemingway, Kevin Tremblay, voulait mourir en tombant sous les balles des policiers. Il était prêt à tirer sur eux. N'ayant pas réussi, il a dit avoir l'intention de se reprendre.

L'enquête de remise en liberté de l'homme de 34 ans a permis d'en apprendre beaucoup sur ses motivations.

Me Sabrina Tremblay, du ministère public, s'objecte à sa remise en liberté, alors que Me Charles Cantin, en défense, suggère une thérapie pour son client. Il est accusé d'avoir sciemment proféré des menaces de mort ou des menaces de causer des lésions corporelles aux policiers de Saguenay, d'avoir utilisé une arme à feu de manière négligente, de l'avoir utilisé dans un dessein dangereux, d'avoir braqué une arme à feu sur les agents de la paix, d'avoir été en possession d'armes à feu, d'un bris de condition et d'avoir effacé ou maquillé un numéro de série sur une arme à feu.

Jeudi matin, devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, Me Tremblay a résumé les grandes lignes du rapport policier et des témoignages de proches de l'accusé. Elle a fait ressortir le mal de vivre de l'accusé.

L'individu a tenu les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) et du Groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec (GTI-SQ) en haleine durant 16 heures du 22 au 23 juillet.

Dans le rapport, les policiers rapportent que l'homme est sorti à plusieurs reprises de la maison avec une arme à feu.

«Il est difficile de dire s'il pointait l'arme dans notre direction, mais nous étions devant lui. Il a souvent pointé son arme vers le ciel. Il a même placé le canon de son fusil dans sa bouche à une dizaine de reprises. Il voulait mourir et a dit qu'il n'hésiterait pas à tirer si les policiers s'approchaient», a résumé la procureure de la couronne.

On y raconte que Tremblay voulait se servir des armes et tirer en direction des policiers, qu'il voulait mourir par balles.

Le pire ne s'est pas produit, car les spécialistes du GTI ont réussi à trouver une brèche chez le désespéré.

«Un agent lui a demandé s'il avait besoin de médicaments. Si c'était le cas, pour les obtenir, il avait besoin de la prescription, car il ne pouvait se rendre à la pharmacie sans cette prescription. Kevin Tremblay est sorti et a lancé sa bouteille, mais elle n'est pas allée assez loin pour que les policiers puissent la prendre», reprend la procureure de la Couronne.

«L'agent lui a demandé de la lancer plus loin, car il ne pouvait s'approcher pour sa sécurité. L'accusé est sorti de la maison et les policiers ont vu qu'il n'était pas armé. Ils ont pu agir et l'intercepter. Il a immédiatement été conduit à l'hôpital», a poursuivi Me Tremblay.

Sous surveillance au centre hospitalier, Kevin Tremblay a demandé à un policier de lui prêter son arme pour qu'il mette fin à ses jours. Il a dit qu'il avait l'intention de recommencer et que le soir où il était barricadé, il aurait dû sortir avec son arme pour se faire tirer.

«La prochaine fois, je ne me manquerai pas», a-t-il déclaré à un agent.

La procureure de la Couronne a fait valoir que l'individu a des problèmes lorsqu'il consomme, ce qu'il a recommencé à faire depuis environ huit mois, et qu'il se balance de tout. Une ex-copine a également écrit qu'il se retrouverait un jour en prison pour avoir tué sa mère.

Me Tremblay a aussi précisé que l'accusé possède de nombreux antécédents judiciaires, notamment de voies de fait, de menaces, de voies de fait causant des lésions, de port d'arme dans un dessein dangereux, de possession non autorisée d'une arme à feu et de 26 bris d'engagement et de probation.

L'accusé s'excuse

Kevin Tremblay se dit prêt à suivre une thérapie. Le barricadé de la rue Hemingway a témoigné devant le tribunal, jeudi, afin de savoir s'il pouvait reprendre sa liberté par le biais d'une thérapie à la maison Caroline-Roy, en Estrie.

Me Charles Cantin, en défense, suggère une session de trois à quatre mois afin que son client vienne à bout de ses dépendances à l'alcool, aux médicaments et aux drogues.

«Je suis prêt à aller en thérapie. Ça me permettrait de me ressourcer et ça va être mieux que la détention, car ce n'est pas facile pour personne», a d'abord mentionné Tremblay.

«Je tiens à m'excuser auprès des gens que j'ai dérangés lors des événements, les voisins et ma mère. Je peux aussi dire que je suis gêné de la photo publiée dans Le Quotidien. À presque 35 ans, de faire des fuck off et des fuck you (doigts d'honneur), je crois que je devrais avoir passé l'âge de ça», raconte-t-il.

Kevin Tremblay espère trouver la force nécessaire pour tout sortir ce qu'il a en dedans de lui et est aussi prêt à aller vivre chez l'une de ses amies à la conclusion de sa thérapie.

Parlant de la thérapie, l'accusé est conscient que ce ne sera pas facile et qu'il devra respecter les règles émises par le tribunal et aussi par la maison Caroline-Roy.

S'il admet avoir le mal de vivre, même si les choses n'ont pas toujours été faciles, Tremblay croit tout de même qu'il mérite de vivre.

«Si vous me donnez la chance, je vais la prendre», a-il indiqué au juge Richard P. Daoust.

Son avocat a fait ressortir le fait qu'il était désorganisé au point de se mettre à la recherche de son chat et d'avoir demandé aux policiers, lors de discussions, d'avoir une caisse de bière, des cigarettes et du McDonald's.

En contre-interrogatoire, Tremblay a dit qu'il avait suivi deux thérapies. Il a abandonné la première rapidement, car il s'en foutait, et l'autre a duré 10 mois.

Condamné à 22 mois de détention pour divers crimes en 2014, Tremblay a même confirmé avoir consommé alcool, drogue et médicaments lors de son passage au bagne.

Me Sabrina Tremblay est revenue sur la photo du Quotidien et a demandé à l'accusé s'il était sobre ou en état d'ébriété au moment où elle a été prise.

«J'étais dans les vap (vapeurs). J'avais tenté de me suicider en prenant toutes mes pilules, plus de 60, devant ma mère qui m'applaudissait et qui me demandait de sortir de la chambre qui venait d'être peinturée», a-t-il ajouté.

Il a aussi dit avoir consommé des drogues puissantes à huit ans et ne cache pas avoir la mèche courte.

L'enquête de remise en liberté se poursuit vendredi.

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