90 jours pour avoir malmené un homme âgé sourd et muet

Michaël Bergeron écope d'une sentence de 90 jours... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Michaël Bergeron écope d'une sentence de 90 jours de prison.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'individu qui a bousculé un homme âgé sourd et muet à Jonquière écope d'une sentence de 90 jours de prison.

Michaël Bergeron a vu le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, se ranger derrière la suggestion de l'avocat de la défense, Me Julien Boulianne, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi.

L'incident est survenu le 23 novembre 2015. L'individu de 27 ans et sa victime habitaient la même coopérative de logements, à Jonquière. Bergeron s'est mis en colère lorsque son fils de sept ans est arrivé en panique chez lui en disant que l'homme de 76 ans l'avait pris par la gorge et l'avait étranglé.

Bergeron est entré chez sa victime sans permission (par effraction), l'a empoignée et l'a sortie du logement. Le septuagénaire a été propulsé au sol et a subi des abrasions et une luxation de l'épaule.

S'apercevant de l'état de l'homme (sourd et muet), le client de Me Boulianne l'a empoigné à nouveau, l'a relevé et l'a remis dans son logement avant de retourner chez lui.

Le juge Lortie a tenu compte des circonstances particulières dans cette affaire.

Il retient que le fils de Michaël Bergeron et des amis se moquaient du handicap de la victime et qu'ils ont continué à le faire malgré les protestations du septuagénaire.

C'est à partir de là que l'homme a perdu patience et a empoigné deux enfants pour leur faire part de son mécontentement. Une plainte a d'ailleurs été déposée contre le septuagénaire pour voies de fait sur les enfants. André Larouche a eu droit à une déjudiciarisation (il a reconnu avoir commis les gestes), mais n'a pas été accusé.

Concernant le comportement du père de famille, le magistrat estime que l'homme a pris la mauvaise décision en pénétrant par effraction dans le domicile de la victime et en l'agressant.

«Je peux comprendre la frayeur chez la victime», a dit le juge.

Dans sa décision, le magistrat retient certains faits aggravants comme le fait de s'en prendre à une victime vulnérable et dans son domicile, des lésions occasionnées par l'empoignade et les antécédents judiciaires de vol, de méfait et de conduite avec les facultés affaiblies de l'accusé.

En contrepartie, le juge a aussi tenu compte du plaidoyer de culpabilité de l'accusé, le fait qu'il a évité à la victime de témoigner et la tenue d'un procès, des problèmes d'anxiété de l'accusé, du fait qu'il a une vie familiale stable (il a la garde de son fils), de sa collaboration et d'un rapport présentenciel positif.

La peine de 90 jours (la Couronne demandait de 18 à 24 mois de détention) comprend les accusations d'introduction par effraction et de voies de fait avec lésions, mais aussi d'une conduite pendant interdiction (survenue quelques jours plus tard) et d'un bris d'engagement.

La sentence sera purgée les fins de semaine. Une probation de 24 mois suivra, incluant un suivi de 12 mois.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer