«Il va y avoir une levée de boucliers»

Lawrence Potvin... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Lawrence Potvin

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«En 1924, le gouvernement d'Alexandre Taschereau a enfoncé dans la gorge des riverains le rehaussement du niveau du lac Saint-Jean en accordant des privilèges à une entreprise. Rio Tinto va comprendre que nous ne sommes plus en 1924 et que nous ne nous laisserons pas gouverner par Londres ou l'Australie. Il va y avoir une levée de boucliers.»

Le maire de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Lawrence Potvin, est membre du comité des berges mis en place par Rio Tinto. Il n'a jamais entendu le représentant de l'entreprise, Jean Pedneault, faire état des différents scénarios en réflexion au sein de la multinationale quant à l'avenir des propriétés situées sur le pourtour du lac Saint-Jean ainsi qu'une éventuelle facture pour chaque riverain justifiée par les travaux de stabilisation.

«C'est lors de ma réunion pour mon chemin d'accès, puisque je suis aussi un riverain, que j'ai entendu pour la première fois un autre riverain me parler de ces déclarations. Je n'en croyais pas mes oreilles», a raconté au Quotidien le maire Potvin.

Il enchaîne sans attendre en mettant en garde la multinationale contre toute tentative de vouloir refiler aux riverains une facture associée à la gestion du lac. Dans son esprit, les riverains payent les taxes municipales pour les baux et n'ont pas à se faire transférer de taxe indirecte pour le programme de stabilisation. «On va leur demander de nous rembourser les taxes que nous payons depuis 25 ans et qu'ils n'ont pas à payer.»

Le maire Potvin a confié au Quotidien que l'entreprise devra changer de ton rapidement si elle souhaite poursuivre le travail entrepris dans le cadre des discussions sur le renouvellement du décret encadrant la gestion du lac Saint-Jean. Il se charge personnellement de mobiliser le milieu politique et les riverains si jamais la menace est maintenue et de défendre énergiquement les contribuables contre les tentatives de la multinationale d'augmenter les coûts d'occupation des terrains qu'ils ont loués en vertu d'un contrat.

«J'espère qu'ils vont mettre un terme très rapidement à leur réflexion. On peut aussi lever les boucliers et réclamer du gouvernement du Québec de revoir les avantages consentis à l'entreprise en 1924.»

Lawrence Potvin est resté sur le choc quand il a compris que la multinationale s'attribuait en très grande partie la création de valeurs pour les propriétés en pourtour du lac Saint-Jean. Il juge que l'entreprise va trop loin quand elle s'attribue cette réalisation.

«Je ne suis pas gêné de le dire, j'ai une propriété sur le bord du lac Saint-Jean dont le terrain est évalué à 150 000$ aujourd'hui. J'ai acheté ce terrain 750$ avec un droit d'accès. C'était un marécage. Moi et ma femme on a travaillé et investi des dizaines de milliers de dollars pour le transformer et en faire un terrain qui a aujourd'hui cette valeur. Ce n'est pas Rio Tinto qui a investi», illustre le maire Potvin.

L'autre élément qui agace le maire Potvin est celui de la confiance. Lawrence Potvin affirme s'être inscrit dans les travaux en cours avec la multinationale sur la base de la confiance et que le travail serait mené sérieusement. Il apprend maintenant dans les médias que l'entreprise évoque d'autres scénarios que ceux dévoilés jusqu'à maintenant dans le cadre des consultations citoyennes et des travaux du comité des berges

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