De gros grêlons provoquent de nombreux dommages

L'agriculteur Luc Collard a perdu toute sa récolte... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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L'agriculteur Luc Collard a perdu toute sa récolte de maïs sucré.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Des récoltes ravagées, des centaines de voitures endommagées, des revêtements résidentiels troués. La violente tempête de grêle qui s'est abattue sur le Saguenay-Lac-Saint-Jean mercredi a causé de lourds dommages. Une tempête qui n'est pas sans rappeler celle survenue en 2006, au Lac-Saint-Jean, et qui avait coûté plusieurs millions de dollars en réparation. Et 10 ans plus tard, les dommages s'annoncent tout aussi coûteux.

«J'ai perdu toute ma récolte de maïs. En moins de quelques minutes, tout est fini. C'est décourageant», soupire l'agriculteur Luc Collard. Ce dernier, comme plusieurs autres producteurs du secteur, doit également réemballer des centaines de ballots de foin qui ont été percées par les grêlons. 

Le retour à la maison a également été difficile pour Yannick Croft et sa conjointe qui venaient de rénover entièrement leur résidence de La Baie. La grêle a fracassé au moins quatre fenêtres en plus de percer le revêtement d'un côté de la résidence. La roulotte du couple, garée sur le terrain, a aussi été lourdement abîmée. 

«C'était notre premier été sans travaux. Mais là, il faut tout recommencer», laisse tomber le jeune homme. 

Toute la région a été touchée par la tempête. Au nord du Lac-Saint-Jean, les vents ont même déraciné des arbres. Deux immenses feuillus sont tombés sur une résidence dans le secteur de Saint-Méthode. 

En fin d'après-midi, ce sont plus de 5000 clients d'Hydro-Québec qui étaient privés d'électricité. 

Du côté de Saguenay, les dommages les plus impressionnants se sont concentrés à La Baie et Laterrière. Des centaines de voitures ont été touchées par les grêlons.

«Des grêlons aussi gros, je n'ai jamais vu ça de ma vie. La tempête a brisé la maison, la voiture. On voit même des trous sur le terrain», lance Gaétan Beaulieu, un Baieriverain qui a subi plusieurs dommages. 

La forte pluie a par ailleurs causé une inondation dans le secteur de Grande-Baie. Un puits municipal qui sert à accumuler l'eau des champs a débordé, brisant une cour résidentielle. De profondes crevasses se sont formées sous la force de l'eau. 

Heureusement, les différents corps policiers ne rapportent aucun blessé lié à ces conditions météorologiques. Les policiers de la Sûreté du Québec ont toutefois été appelés à se rendre sur le lac Saint-Jean pour sortir un plaisancier d'une fâcheuse position. Les forts vents auraient cassé le mat de son catamaran, l'empêchant de revenir à la rive. Les policiers ont donc été obligés de remorquer le bateau.

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Chez Monsieur Muffler de La Baie, tous les employés étaient à l'oeuvre pour réparer des pare-brise.

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Du pain sur la planche

Si la tempête s'annonce coûteuse pour les compagnies d'assurance, plusieurs entreprises feront des affaires d'or. Les remorqueurs, les garagistes et les spécialistes en nettoyage après sinistre étaient débordés, mercredi après-midi. Et même si les vacances de la construction battent leur plein, plusieurs entrepreneurs ont saisi l'occasion pour dénicher de nouveaux contrats. 

«Je ne prends pas de vacances. On fait la tournée des résidences endommagées pour offrir nos services. C'est ce qu'on a fait en 2006, après la tempête qui a brisé plusieurs maisons au Lac-Saint-Jean», répond Patrick Fortin, rencontré chez une Baieriveraine, dont la maison avait été ravagée par les grêlons. 

Propriétaire de Monsieur Muffler de La Baie, Stéphane Menier est quant à lui sorti de ses vacances pour répondre à la demande. Des dizaines de voitures aux vitres fracassées et à la tôle bosselée étaient entassées dans le stationnement de son commerce.

«Je n'ai pas eu le choix de revenir. Ça ne dérougit pas. Et on ne fermera pas à 17h. On va travailler toute la soirée», lance M. Menier. 

Les dommages causés par la grêle sont indemnisés par les compagnies d'assurance. Il y a toutefois une distinction entre les contrats immobiliers et automobiles.

«C'est en effet un type de dommage qui est couvert. En habitation, c'est souvent automatique. Ça fait partie du contrat de base. Pour les assurances automobiles, cependant, c'est couvert uniquement pour ceux qui ont la protection complète, celle qu'on surnomme ''feu, vol, vandalisme''», précise Anne Morin, responsable des affaires publiques au Bureau d'assurance du Canada.

Cette dernière conseille aux sinistrés d'appeler le plus rapidement possible leur assureur pour être indemnisés dans des délais raisonnables.

«Les gens doivent appeler immédiatement pour ouvrir leur dossier de réclamation. Il y a des délais habituels. Mais il serait faux de dire qu'en pareilles circonstances, ça ne nécessitera pas plus de délais», croit Mme Morin, pointant les nombreuses demandes de réclamation qui atterriront sur les bureaux des compagnies d'assurance.

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Des centaines de voitures ont été endommagées par la grêle.

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Des centaines de voitures ont été endommagées par la grêle.

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Comme dans le Mid-Ouest ou les Prairies

(Normand Boivin) Le cumulonimbus qui a généré de la grêle sur la région mercredi avait une énergie qu'on retrouve habituellement dans le Mid-Ouest américain ou les Prairies canadiennes, estime le météorologue d'Environnement Canada, Robert Michaud. Un nuage si violent qu'il aurait pu générer des tornades comme on en retrouve dans ces régions de l'Amérique du Nord. «Nous avons vu des images incroyables sur notre radar. Je ne serais pas surpris qu'on nous rapporte des dommages indiquant le passage de tornades», a précisé M. Michaud.

La grêle qui s'est abattue sur le Saguenay et le Lac-Saint-Jean a atteint des dimensions de cinq à dix centimètres. Habituellement, elle varie d'un à deux centimètres dans la région.

Pour qu'un morceau de glace reste suspendu dans un nuage jusqu'au moment où il atteint une telle dimension, ça prend des courants ascendants assez puissants pour désintégrer un Boeing 747. C'est d'ailleurs pour cette raison que les avions sont équipés de radars pour les détecter.

Selon Robert Michaud, la violence de l'orage est due à la combinaison d'une masse d'air très chaud et humide, des conditions d'instabilité extrême et le passage d'un front froid très actif.

Lors de son passage, le front a soulevé la masse d'air qui, en raison de l'instabilité, a monté rapidement à très haute altitude, transformant son humidité en de gros grêlons qui se sont amalgamés pour créer des morceaux de glace de plusieurs centimètres.

La bonne nouvelle, c'est que ce front froid a nettoyé le ciel, chassant l'air humide inconfortable. Robert Michaud nous promet de l'air plus sec avec des températures de 24 à 25 degrés Celsius pour le week-end. Peut-être un changement de régime météo pour le reste de l'été?

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