«Il ne faut pas céder à la peur»

L'évêque du diocèse de Chicoutimi, monseigneur André Rivest,... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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L'évêque du diocèse de Chicoutimi, monseigneur André Rivest, a évoqué les actes terroristes qui frappent la planète dans son homélie à la fête de sainte Anne.

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«L'horreur des drames vécus à répétition atteint tout le monde. Personne ne peut dire qu'il n'y a rien là», a annoncé l'évêque André Rivest aux fidèles, alors qu'il célébrait la fête de sainte Anne, dans une messe extérieure, à Chicoutimi-Nord mardi. Il faisait référence aux actes terroristes qui ont touché le Moyen-Orient et l'Europe dans les derniers jours, notamment en France, alors qu'un prêtre a été égorgé. 

«Je pense que je peux dire que personne n'est à l'abri d'une certaine peur provoquée et entretenue par le terrorisme organisé ou par les actes insensés des loups solitaires. Dans ce village mondial que nous habitons maintenant, nul ne peut prétendre être à l'abri de cette violence terrible», a ajouté Mgr Rivest, lors de son homélie.

D'après lui, si la célébration de la fête de sainte Anne avait été réalisée dans un autre milieu, un milieu plus actif sur le plan terroriste par exemple, un évènement comme ce qui s'est produit à Rouen aurait pu arriver ici.

«Je n'ai pas voulu insister là-dessus, mais ce qui s'est passé en France, je trouve ça épouvantable. Ce sont des victimes innocentes. En visant un prêtre en train de célébrer la messe, ils visent un symbole. C'est ça qu'ils veulent, je crois. Ils veulent déstabiliser les gens», a-t-il ajouté, rencontré par Le Quotidien après la célébration.

«Que ce soit un prêtre, un religieux, une religieuse, ou un laïc, c'est tout aussi dramatique et tout aussi inacceptable comme geste de violence gratuite», a tenu à préciser Mrg Rivest.

Ne pas céder à la peur

Toutefois, l'évêque estime que le plus important, après des tragédies comme celles vécues en France, est de ne pas céder à la peur. «Je pense que c'est la voie qu'il faut prendre, et je crois que c'est la voie la plus sûre. Dans une population qui est en panique, il n'y a plus de raisonnement. Il ne faut pas perdre la tête», a-t-il expliqué.

C'est également la position officielle du pape François, qui a commenté cette attaque mardi. C'est la première fois que l'État islamique s'en prend directement à l'Église.

Un peu moins de 1000 personnes étaient réunies sur le terrain de l'église Sainte-Anne pour célébrer la fête de la Neuvaine. Des familles, des personnes plus âgées et quelques jeunes avaient apporté chaises et couvertures pour assister à la messe. Tous tenaient une bougie à la main, et presque tous l'ont allumée à la fin pour participer à la procession qui mettait fin à la neuvaine de Sainte-Anne.

Tous ces croyants réunis ont prouvé à Mgr Rivest que la peur n'a pas encore gagné. «Je crois qu'un rassemblement comme celui de ce soir (mardi), c'est une façon de ne pas céder à la peur. Ce sont des gens qui n'ont pas eu peur qui sont venus.»

Par contre, il estime que les croyants rassemblés n'avaient pas la tragédie en tête, et ne pensaient pas qu'une telle chose pourrait se produire ici. «Si on avait été à l'aéroport de Québec ou de Montréal, j'aurais eu peur. Mais j'avoue que je n'y ai pas pensé du tout pendant la soirée!», a raconté l'évêque.

Des évènements douloureux au Saguenay

Pendant son homélie, Mgr André Rivest a tenu à expliquer que si la population du Saguenay n'était pas touchée directement par les actes terroristes, les citoyens vivent eux aussi des moments difficiles, bien que différents. Il a donné comme exemple la commémoration du déluge, pendant le mois de juillet. Selon l'évêque, ces dernières semaines ont rappelé des souvenirs extrêmement douloureux et déchirants pour une bonne partie de la population.

«Régulièrement, nous avons besoin d'être rassurés. Nous avons besoin de comprendre. Grâce à Dieu, nous savons que sainte Anne nous protège», a-t-il assuré aux fidèles rassemblés.

Lors de la messe extérieure, l'évêque a également lu les prières déposées par les croyants, qui souhaitaient, entre autres, que la paix et l'amour prévalent sur Terre et que les personnes décédées pendant l'année trouvent un repos bien mérité.

La procession aux flambeaux, qui a commencé tout de suite après la fin de la messe, s'est déroulée sur la rue Roussel, jusqu'à la croix de Sainte-Anne, qui domine le fjord du Saguenay. Quelques habitants du secteur sont d'ailleurs sortis de leur maison pour y assister.

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