Lait diafiltré: les producteurs ont comblé une partie des pertes

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Les producteurs laitiers sont parvenus à récupérer une partie des revenus perdus depuis que les grandes entreprises de transformation importent des États-Unis des protéines contenues dans le lait diafiltré.

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Les producteurs laitiers sont parvenus à récupérer une partie des revenus perdus depuis que les grandes entreprises de transformation importent des États-Unis des protéines contenues dans le lait diafiltré. Ce procédé leur permet de baisser les coûts de production dans la fabrication de fromage et autres produits dérivés nécessitant des protéines laitières.

Le président du Syndicat régional des producteurs de lait, Daniel Côté, affirme qu'il sera difficile pour les fermes laitières de combler en totalité les écarts de prix entre ce que les producteurs obtenaient avant l'affaire du lait diafiltré et ce qu'ils recevront après la signature de l'entente de principe à l'automne. L'intervention du gouvernement fédéral aux frontières aurait été nécessaire pour réussir à combler les pertes et surtout freiner l'hémorragie.

«Les achats de lait diafiltré par les grands transformateurs de lait au Canada ont fait perdre 8% de revenus aux producteurs laitiers. La décision d'Agropur, qui va se terminer à la fin du mois de juillet, de ne pas acheter de lait diafiltré pour supporter les producteurs, nous a permis de récupérer de 30 à 45% de ce que nous avons perdu. C'est déjà une bonne amélioration. Nous avons une entente de principe qui doit être signée cet automne avec les transformateurs canadiens», précise Daniel Côté.

Il s'agit d'une entente qui ouvre la porte à la vente de lait pour des utilisations spécifiques et qui a satisfait les grands transformateurs. En retour, les grands transformateurs de l'industrie agroalimentaire (Parmalat) s'engagent à ne plus acheter de produits comme le lait diafiltré importé des États-Unis. Cette brèche dans les ententes commerciales entre les deux pays a été créée avec les développements technologiques qui ont permis de transformer du lait en un produit concentré contenant beaucoup de protéines.

«Quand il est aux États-Unis, il s'agit d'un produit qui peut traverser la frontière sans aucun problème. Quand il est introduit dans les usines de transformation au Canada, le produit qui est un concentré peut redevenir du lait même si les inspecteurs du gouvernement savent qu'il s'agit d'un concentré. Il redevient du lait», reprend Daniel Côté.

La solution qui aurait permis de rétablir de façon permanente les prix pour les agriculteurs nécessitait une intervention politique plus musclée de la part du gouvernement fédéral. Daniel Côté affirme que les députés libéraux comme Denis Lemieux et le ministre de l'Agriculture, Lawrence MacAulay, qui est lui-même producteur de lait, comprennent bien la dynamique de l'importation du lait diafiltré, mais n'ont pas voulu se lancer dans une bataille avec en trame de fond les ententes commerciales avec les États-Unis. Ceci aurait obligé les douaniers canadiens à intervenir ainsi que les inspecteurs du gouvernement dans les usines.

Selon Daniel Côté, les producteurs canadiens voulaient savoir à qui s'en tenir pour les prochaines années puisqu'ils doivent diriger des entreprises qui nécessitent des investissements. Avec l'entente de principe qui sera paraphée à l'automne, les producteurs ne récupèrent pas tout, mais ont au moins une idée du paysage commercial dans lequel ils vont évoluer au cours des prochaines années.

Les producteurs auront ainsi les classes traditionnelles de lait avec une nouvelle classe pour les transformateurs qui utilisent des protéines, l'une des composantes du lait. Dans ce domaine, le prix varie en fonction de l'utilisation du lait frais pour la consommation jusqu'aux protéines qui entrent dans la fabrication de produits comme le fromage. Il y a également un classement entre les types de fromage. Les prix pour la transformation en fromage fin sont plus élevés que le lait qui entre dans la fabrication du cheddar et ainsi de suite.

Avant le début de la crise provoquée par l'importation du lait diafiltré, les producteurs recevaient selon les chiffres relevés par Le Quotidien plus ou moins 75$ l'hectolitre. Les prix ont baissé jusqu'à 67$ l'hectolitre au pire de la crise pour revenir à 72$ en ce moment.

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