Me Cantin dénonce le manque de ressources

Me Charles Cantin... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Me Charles Cantin

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Les cas de détresse psychologique se multiplient au Saguenay-Lac-Saint-Jean. En l'espace de deux semaines, trois individus se sont barricadés dans une résidence et ont tenu les policiers en haleine. L'un des trois, Simon Simard, est tombé sous les balles des policiers après avoir menacé de faire exploser une bonbonne.

Quelques mois auparavant, deux individus avaient aussi perdu la vie après avoir menacé les agents à Chicoutimi et à Dolbeau-Mistassini.

Les palais de justice regorgent de dossiers dont la problématique de la santé mentale est la principale cause du passage des individus devant un juge.

«J'ai mentionné il y a quelques semaines que nous étions pour voir de plus en plus de ces situations en justice. Notre jeunesse est aux prises avec des difficultés, des problématiques. C'est en partie une question de manque de ressources, de consommation (drogue et alcool) et même de manque d'emplois. Au chômage, il y a plus de chances de sombrer dans quelque chose d'illégal que lorsqu'on travaille. Comme le dit le poète Félix Leclerc, la meilleure façon de tuer un homme est de l'envoyer au chômage ou de lui enlever son emploi. Et il y a aussi ceux qui ont un problème de santé mentale et qui sont désinstitutionnalisés», analyse Me Charles Cantin.

«Il y a un malaise. On le sent comme criminaliste quotidiennement. On voit la problématique chez certains de nos clients. On fait une part de travail psychologique. On cherche des solutions avec la clientèle. Notre système est donc loin d'être parfait et ça explique que ce genre de situations se produit de façon plus régulière», précise l'avocat en défense.

Ce dernier ne connaît pas toutes les solutions pour diminuer ces malheureux événements, mais aimerait bien qu'une certaine consultation puisse se faire auprès de divers intervenants.

«Il n'y a pas beaucoup de gens qui sont venus me voir pour me consulter. C'est peut-être à nous de le faire. Les choses arrivent rapidement et plus fréquemment. On a peut-être besoin d'une mobilisation. C'est clair que cette détresse et cet isolement sont les pierres angulaires des problèmes rencontrés», dit-il.

Me Cantin croit que les gouvernements devront investir dans les ressources et les institutions afin de trouver des solutions. «Car la prison ne règle absolument rien. Ça passe des messages et c'est un mal nécessaire, mais la solution n'est pas là pour plusieurs accusés», poursuit le criminaliste.

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