La grande détresse de l'être humain

Après 16 heures de siège, Simon Simard, qui... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Après 16 heures de siège, Simon Simard, qui s'était barricadé dans son appartement de la rue Saint-Germain à Jonquière, a été tué par les policiers de la Sûreté du Québec, le 9 juillet.

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En deux semaines, les policiers ont dû intervenir à trois reprises pour un homme barricadé à Saguenay. La médiatisation de ces interventions peut-elle entraîner d'autres individus en détresse psychologique à reproduire de tels gestes? Sans vouloir parler d'effet d'entraînement, le psychologue Louis Legault souligne toutefois que ces événements peuvent interpeller d'autres personnes dans leur propre détresse.

«C'est sûr et certain que ça donne une tendance, ça montre la très grande détresse de l'être humain. Quand une personne est rendue là, c'est qu'elle ne voit pas comment s'en sortir, elle est coincée», souligne le psychologue qui travaille au sein du réseau de santé régional, lors d'un entretien avec Le Quotidien.

Dans ces situations, la détresse psychologique des individus se retrouve exposée publiquement, tandis que les tentatives de suicide ou interventions pour des problèmes de santé mentale ne sont habituellement pas médiatisées, sauf lorsqu'elles entraînent des opérations d'envergure ou se produisent dans des lieux publics.

«Ce n'est pas tous les jours qu'on a un contact avec la détresse comme celle-là, expose-t-il. Là, la détresse, ils la font exploser en pleine rue.»

Cet appel à l'aide public frappe alors, puisque la détresse psychologique n'a alors habituellement pas de visage, souligne le psychologue. Elle est la plupart du temps vécue dans l'intimité.

Louis Legault se réserve toutefois de faire un lien direct entre les trois cas survenus en peu de temps à Saguenay. La détresse psychologique est une situation complexe, et chaque individu a sa propre histoire, prévient-il.

Entre les mailles du filet

Dans tous les cas, on peut toutefois parler d'un manque de ressources. On peut parler tout d'abord d'un manque de ressources personnelles: absence d'entourage, de proches, ou difficulté à aller cherche de l'aide. Ajoutez à cela des problèmes de consommation, d'alcool ou de drogues, et un cocktail explosif se produit, souligne M. Legault.

Le filet de sécurité dont s'est dotée notre société tente de son côté de venir en aide à ces individus, grâce à différentes ressources de prévention ou d'intervention psychologique et sociale. Mais ce filet ne peut être étanche.

«On espère que la majorité des personnes tomberont dans ce filet de sécurité, pour obtenir une réponse et de l'aide pour leur détresse. Mais dans un filet de sécurité, par définition, il y a des mailles, des trous. Il y en a qu'on va échapper, malheureusement», explique-t-il.

Il constate en outre dans sa pratique que ce ne sont pas toutes les personnes qui «sont faciles à aider». «Une personne qui ne va pas bien n'est pas en contrôle: elle est impulsive et elle réfléchit mal.»

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