Discrétion et efficacité

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Le patrouilleur Alexandre Tremblay a eu l'occasion de se rapprocher de la population. Et lorsqu'un bambin lui tend la main, il n'hésite pas à lui montrer son casque de vélo et ses lunettes.

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Vous vous croyez tranquille à fumer votre joint dans un buisson de la Zone portuaire de Chicoutimi ou du parc de la Rivière-aux-sables de Jonquière? Vaudrait mieux faire attention, car les policiers à vélo de Saguenay peuvent vous voir plus facilement que leurs collègues en voiture.

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Pierre-Luc Ouellet et Alexandre Tremblay (devant) patrouillaient les rues de Saguenay à vélo en compagnie de Stéphane Pellerin (sergent), Mathew Julien et Alexandre Brassard. 

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Sur des vélos de montagne, les patrouilleurs de Saguenay sillonnent les rues de la ville. Pas pour se promener, mais pour intervenir auprès des citoyens.

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La brigade des policiers à vélo de la Sécurité publique de Saguenay, composée de six agents et du sergent Stéphane Pellerin, sillonne les rues des trois arrondissements de la ville et surveille les faits et gestes des individus qui peuvent paraître louches.

Car la section vélo, mise en place depuis quelques années, n'est pas là pour uniquement envoyer la main ou se rapprocher de la population. Il y a cet aspect, mais il y a aussi un travail de répression et d'intervention.

Et il peut se passer de tout durant un quart de travail. Un type qui s'apprête à prendre des stupéfiants dans sa voiture, un enfant qui s'approche des agents pour découvrir ses hommes à vélo ou encore un autre qui continue son chemin dans son véhicule, même s'il vient d'être avisé de s'arrêter pour une infraction.

« Les gens ne s'imaginent pas tout ce que l'on peut voir sur notre vélo (de montagne). Nous sommes assis plus haut que dans une voiture de patrouille. Nous sommes plus discrets et ça nous permet de pouvoir regarder ce qui se passe au loin », soutient le sergent Stéphane Pellerin.

Et j'ai eu un aperçu de leur façon de procéder. Après avoir quitté le Quartier général de la SPS à Jonquière, nous avons emprunté la piste cyclable sur le boulevard du Saguenay. Nous sommes passés par le quartier Saint-Jean Eudes et les policiers ont fait un arrêt dans un parc.

« C'est un endroit où des gens s'installent pour prendre des stupéfiants. On regarde, on analyse », indique Pierre-Luc Ouellet.

La route se poursuit jusqu'au quartier du Bassin, à Chicoutimi. Après avoir franchi l'ancien pont ferroviaire, l'agent Alexandre Tremblay aperçoit un individu qui s'arrête dans le grand stationnement dans l'ancienne salle de quilles. Il le voit sortir une égreneuse et une pipe à haschisch.

« Nous aurions dû attendre une minute de plus avant d'intervenir, mais nous pensons qu'il nous avait déjà aperçus. Nous avons saisi le matériel et il devrait recevoir un billet d'infraction », ajoute Alexandre Tremblay.

Le reste du chemin jusqu'à la Zone portuaire de Chicoutimi s'est bien déroulé. Un petit groupe a été avisé de garder leur chien en laisse, sinon le propriétaire recevrait une contravention.

À Place du Citoyen, un petit garçon de 18 mois aperçoit les policiers et leur vélo. Il s'approche d'eux.

À partir de là, la répression est mise de côté. Les agents mettent le chapeau du policier plus près du citoyen.

L'enfant est curieux. Il met quelques secondes à s'approcher. Alexandre Tremblay lui tend alors ses lunettes et son casque de vélo. Le bambin apprécie. On lui met le casque sur la tête, mais il ne le garde pas longtemps.

La route s'est poursuivie jusque sur la rue Racine. Les citoyens regardaient attentivement le trio de policiers sur leur vélo.

On s'apprêtait à rentrer au poste communautaire, lorsqu'un automobiliste a croisé les agents. Il n'avait pas sa ceinture de sécurité. Les policiers lui ont fait signe d'arrêter. L'homme n'a pas écouté ou n'a pas entendu et a poursuivi sa route.

Les policiers à vélo ont fait demi-tour et sont partis à sa poursuite en remontant la côte de la Racine. Et ils l'ont grimpé cette côte. Debout sur les vélos de montagne. L'homme s'est arrêté en haut. Les agents auraient pu lui remettre un billet, mais ont jugé qu'un avertissement serait suffisant

Le capitaine Denis Turcotte. ... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Le capitaine Denis Turcotte. 

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Des endroits plus sécuritaires

Sans dire qu'ils sont parvenus à enrayer la criminalité aux abords des parcs et des résidences pour personnes âgées, les policiers de la patrouille à vélo de Saguenay ont tout de même réussi à rendre certains endroits de la ville plus sécuritaires.

Le capitaine Denis Turcotte, de la Sécurité publique de Saguenay, n'est pas peu fier de sa section de patrouilleurs à vélo, des gars dévoués et visiblement intéressés à patrouiller assis sur la selle du vélo.

Les agents sont déployés sur une plage de sept jours. Ils essaient d'être partout.

La semaine dernière, c'était le Festival de la bière, avant, c'était Jonquière en musique et le Festival des vins. Et ce fut le cas pour la visite de Billy Talent, samedi.

« L'approche de l'équipe du sergent Stéphane Pellerin est silencieuse et aussi plus près des citoyens. Il n'y a pas cette barrière de la voiture, de la fenêtre fermée et des lunettes de soleil. En vélo, les policiers sont plus accessibles », indique M. Turcotte.

« Et ils arrivent à l'improviste. Les gens ne s'imaginent pas se faire prendre, car ils ne voient pas vraiment nos agents arriver. Nos gars connaissent bien les endroits les plus risqués. Ça oblige les gens à être plus prudents », ajoute-t-il.

Denis Turcotte croit en sa patrouille à vélo. Il prend le pouls des élus, des gens d'affaires et de la population.

« Notre équipe est efficace. Il y a une satisfaction pleine et entière, car la population retrouve une quiétude aux abords des parcs. La petite famille peut y aller en toute tranquillité sans avoir la crainte de voir quelqu'un consommer. Ils se sentent en sécurité. Les gens se rapproprient les parcs de la ville. Notre section à vélo a de l'avenir », poursuit le capitaine Turcotte.

En raison de leur présence sur le vélo, les policiers sentent un meilleur rapprochement avec la population. « Nous avons une bonne perception. Ils sont réceptifs à notre présence et ils nous le disent. Nous rencontrons des gens que nous ne voyons pas habituellement. Ils sont heureux de nous rencontrer et ils se sentent en sécurité », de raconter Stéphane Pellerin.

« Nous passons aux endroits plus problématiques, notamment les terminus d'autobus. Nous avons intercepté un individu mercredi soir au terminus de Chicoutimi et un autre jeudi. Si certains croient que nous n'y allons jamais, ce n'est pas le cas. Ils ne nous voient pas toujours, mais on est là », indique le sergent Pellerin.

Celui-ci sait qu'il mise sur une équipe efficace et intéressée à patrouiller à vélo. Il croit que la réussite de la patrouille tient aussi au fait que le capitaine Turcotte y croit et la défend.

La patrouille

• Les policiers à vélo de Saguenay parcourent en moyenne 40 kilomètres par quart de travail de 10 heures, soit plus de 1200 kilomètres par mois. Le service est en place durant 12 semaines, mais pourrait être éventuellement prolongé...

• Même s'ils sont à vélo, les policiers sont de vrais policiers. Ils ne se promènent pas à vélo. Ils patrouillent comme leurs collègues. Ils effectuent environ 36 arrestations par mois, sans compter les nombreuses interventions qui ne mèneront à aucune contravention ou incarcération...

• Chaque jour, à chaque sortie, ils doivent porter le gilet pare-balles (plus de 7 kilogrammes), leur ceinturon comprenant le bâton télescopique, les menottes et leur arme de service notamment. Au total, ils ont une douzaine de kilos à transporter sur leur vélo de montagne...

• J'ai moi-même dû porter le gilet pare-balles pour l'occasion. Je peux vous dire qu'il fait chaud là-dessous. À mon arrivée au poste de Chicoutimi, j'étais bien heureux de le retirer...

• En vélo, les agents ont accès à beaucoup plus d'endroits que les patrouilleurs en voiture. Les bosquets, les coins retirés des stationnements ou encore les endroits cachés derrière un immeuble, ils peuvent y aller. Et ils trouvent assez souvent des gens en train de commettre des infractions...

• En plus de Chicoutimi, La Baie et Jonquière, les policiers à vélo se rendent aussi à Shipshaw, Laterrière et Lac-Kénogami...

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