La région frappée par la folie de Pokémon Go

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La fièvre de Pokémon Go a envahi le Saguenay, cette semaine.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Des jeunes qui tournent autour d'un buisson de la rue Victoria à La Baie. D'autres qui se rassemblent à la Place du Citoyen de Chicoutimi ou dans les escaliers de l'église Sacré-Coeur. Des familles qui arpentent les trottoirs du parc de la Rivière-aux-Sables, le cellulaire à la main. Des adolescents qui attendent devant le bar Le Crapeau d'Alma, à l'affût de ce qui se passe sur leur écran de téléphone intelligent. D'autres, réunis au Parc du Souvenir de Dolbeau-Mistassini. Qu'ont en commun toutes ces personnes? Elles chassent des petites bêtes imaginaires. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'y échappe pas. La fièvre de Pokémon Go a déferlé sur la région cette semaine.

«Salut, je m'appelle Alex en passant.» Deux jeunes hommes discutent, assis dans les marches de l'église Sacré-Coeur de Chicoutimi, depuis une dizaine de minutes. Ils ne se connaissent pas. Mais ils chassent les Pokémon et s'échangent leurs trucs, se partagent leurs récentes récoltes.

«Ce qui est vraiment le fun, c'est que ça nous fait sortir dehors, connaître des nouvelles personnes. On jase et on marche, tout en jouant», explique Yann Dardé, chasseur de Pokémon depuis que le jeu est accessible au Canada. «En plus, ça nous fait découvrir de nouveaux endroits, voir la ville», ajoute le jeune homme.

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Même Pikachu était sur place, jeudi soir, à la Place du Citoyen de Chicoutimi. 

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Voici une carte de Saguenay montrant les Pokéstop (endroits où des Pokémon ont été aperçus).

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Retomber en enfance

Pour Alex Girard, Pokémon Go lui permet de retomber en enfance. «J'ai commencé à jouer aux Pokémon il y a 20 ans, sur un Game Boy. J'ai encore des figurines. Ça a marqué notre enfance et notre adolescence», souligne-t-il. 

Rencontrée à la Place du Citoyen de Chicoutimi, Laurence était fort bien équipée. Elle avait son cellulaire, mais aussi un chargeur portatif. «Je ne veux surtout pas manquer de batteries!», explique la jeune femme de 23 ans, qui avait marché 22 kilomètres en quatre jours, simplement en jouant à Pokémon Go.

Alex Girard, Yann Dardé, Alex Tremblay et Valérie... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 3.0

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Alex Girard, Yann Dardé, Alex Tremblay et Valérie Girard fraternisaient tout en jouant à Pokémon Go, mercredi, dans les marches de l'église Sacré-Coeur de Chicoutimi. 

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«On ne peut pas dire que ça ne nous fait pas sortir et faire un peu d'activité physique! En plus, on fait de nouvelles connaissances, c'est vraiment intéressant», souligne celle qui a également grandi avec la mode des Pokémon.

Jeudi en soirée, quelques chasseurs ont été aperçus à proximité du quai de croisières de La Baie, mais les maîtres dresseurs étaient surtout réunis au parc de la Rivière-aux-Sables de Jonquière. Un jeune homme avait d'ailleurs mis le paquet, en enfilant un costume de Pikachu.

Même dans les bars!

Comme c'est le cas aux quatre coins du globe, les événements Pokémon Go organisés dans la région se sont multipliés à une vitesse folle sur les médias sociaux, cette semaine. Et plusieurs commerçants et sites touristiques profitent de ce phénomène planétaire.

Le bar Le Campus de Jonquière tenait d'ailleurs un party Pokémon Go, samedi soir. «À la demande générale, on vous organise un party Pokémon Go ce samedi! Bar ouvert au meilleur dresseur dans la place et aussi des prix pour les deuxième et troisième places!», pouvait-on lire sur la page Facebook du Campus.

Même chose à L'Odyssée des bâtisseurs d'Alma, où un événement spécial était organisé samedi en soirée.

Mercredi, Informatique Dépôt avait créé un événement et invitait les maîtres dresseurs à se réunir au parc de la Rivière-aux-Sables entre 19h et 21h. Les participants courraient la chance de gagner un chargeur mobile. La crèmerie Méli-Mélo d'Arvida offrait également des chèques-cadeaux aux meilleurs chasseurs.

Visitée par la journaliste du Progrès-Dimanche vendredi matin, l'employée de la crèmerie Moustache, située face à la Place du Citoyen de Chicoutimi, avouait avoir vu une hausse de l'achalandage.

«Oui, ça parait! Il y a plus de monde et surtout, ça se promène pas mal en face», a affirmé l'employée.

Même son de cloche au Subway de la rue Racine, où quelques chasseurs de Pokémon se sustentaient d'un sous-marin. «Oui, on voit plus de monde depuis quelques jours», a affirmé la commis.

Plusieurs groupes Facebook ont également été créés au cours des derniers jours, où les adeptes posent des questions et s'échangent les meilleurs endroits où chasser. Il suffit de taper Pokémon Go dans la barre de recherche Facebook et des dizaines de groupes régionaux apparaissent.

Maître-dresseur à 54 ans

Le phénomène Pokémon Go n'a pas d'âge. À 54 ans, Michel Thibault passe des heures à chasser.

Rencontré vendredi matin à la Place du Citoyen de Chicoutimi, Michel Thibault regardait attentivement son écran de cellulaire, à l'affût d'une nouvelle prise. Il n'avait jamais entendu parler des Pokémon avant la semaine dernière, lorsque le phénomène a commencé à prendre de l'ampleur un peu partout dans le monde. «J'ai regardé ça sur Internet et j'ai décidé de télécharger l'application. J'ai tout de suite eu la piqûre!», lance-t-il.

«Je fais environ 5000 kilomètres de vélos par été et présentement, j'arrête aux Pokéstop en passant. Je trouve ça super le fun», note celui qui a passé ses soirées à la Place du Citoyen au cours de la dernière semaine.

«Jeudi, j'ai été là trois heures! J'ai jasé avec des jeunes, qui m'ont donné des trucs et des astuces. C'est d'ailleurs ça que je trouve le plus intéressant avec ce jeu, voir autant de jeunes dans les lieux publics. C'est rare qu'on peut jaser comme ça avec les jeunes. On a maintenant un point commun!», note Michel Thibault.

Du jamais-vu, selon un expert

Du jamais-vu. C'est bien la première fois que Sébastien Tremblay, de la boutique Jeux vidéo Hytech de Chicoutimi, voit un tel phénomène prendre de l'ampleur en aussi peu de temps. Bien qu'il croit que la popularité de Pokémon Go s'estompera au cours des prochaines semaines, Sébastien Tremblay prédit que ce jeu perdurera dans le temps.

«C'est évident que l'engouement s'essoufflera, mais je pense que plusieurs vont continuer à jouer, même si c'est d'une façon un peu moins maladive. Il va aussi y avoir des mises à jour et le jeu continuera d'évoluer. Dans le monde du jeu vidéo, c'est la première fois que je vois quelque chose devenir aussi populaire rapidement», ajoute celui qui s'est laissé prendre au jeu de Pokémon Go rapidement.

Le phénomène a également permis de donner une seconde vie aux anciens jeux Pokémon, destinés aux consoles portatives de Nintendo. «Depuis le lancement de l'application, nous avons vendu tous les jeux qu'on avait en magasin. Ça permet aux gens de découvrir ou de redécouvrir les Pokémon, c'est ça qui est intéressant», a affirmé Sébastien Tremblay.

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