FSC perd encore du terrain

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Au tournant de 2015, 28,5 millions d'hectares de forêt québécoise (principalement en forêt boréale) répondaient aux critères de la norme. Aujourd'hui, la norme FSC couvre plus ou moins 19 millions d'hectares.

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La norme du Forest Stewardship Council (FSC) a subi un recul majeur de neuf millions d'hectares, au Canada, au cours de la dernière année, avec la terminaison officielle des certificats Port-Cartier d'Arbec et Lac-Saint-Jean-Roberval de Résolu, faisant ainsi passer la superficie québécoise certifiée sous la barre des 20 millions d'hectares.

C'est le certificat Port-Cartier d'Arbec qui a été changé de statut en dernier sur le site officiel de FSC International. Le certificat, qui couvre 2,4 millions d'hectares de territoire au nord-est du Saguenay et sur une partie de la Côte-Nord, a été classé dans la catégorie des certificats échus et dont le processus de certification doit être complètement refait par un auditeur (Rain Forest Alliance ou SAI Global).

La fin de ce certificat signifie que le répondant pour le territoire, l'entreprise forestière Arbec, n'a pas réglé la demande d'action corrective majeure associée au règlement des litiges avec les communautés indiennes qui considèrent détenir des droits sur ces territoires. Il s'agit pour une bonne partie de la communauté de Pessamit (Betsiamites), et celle de Ushat Mak Mani-Utenam. Arbec avait déjà refusé de se rendre aux demandes des autochtones de la Côte-Nord qui se chiffraient selon l'évaluation de l'entreprise à 50 000$ par communauté pour quatre communautés. Il s'agissait des exigences en échange du consentement libre et éclairé tel qu'exigé dans le cahier de charge de la norme FSC.

Arbec a ainsi préféré abandonner deux certificats FSC au lieu de se rendre aux exigences des représentants des communautés. L'entreprise ne pourra donc plus livrer de copeaux portant la certification FSC dans les usines de pâtes et papiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle conserve encore des opérations forestières sur des territoires certifiés FSC et dont le répondant est la papetière Résolu sur la Côte-Nord et dans la Mauricie.

La papetière Résolu a quant à elle perdu définitivement le certificat Lac-Saint-Jean-Roberval d'une superficie de l'ordre de 3,1 millions d'hectares. Le certificat, qui avait été au coeur de la controverse entre les Cris et les Innus de Mashteuiatsh, a fait l'objet de deux prolongations totalisant 18 mois. Joint à Rome, le président de FSC Canada a indiqué au Quotidien que le certificateur Rain Forest Alliance a consenti à deux prolongations totalisant 18 mois et qu'il n'y aura plus de délai pour régler les problèmes reliés à la suspension du certificat.

Le porte-parole de Résolu, Karl Blackburn, a de son côté mentionné qu'il n'y a pas eu de règlement dans ce dossier et qu'à ce titre, le certificat avait passé le délai du 3 juillet pour la seconde prolongation de suspension d'une année. La papetière Résolu a déjà fait savoir qu'elle n'entendait plus consacrer des ressources à la récupération des certificats FSC lorsque les éléments pour lesquels les certificats sont suspendus ne relèvent pas de ses responsabilités comme la politique du caribou forestier ou les relations entre le gouvernement du Québec et les communautés autochtones.

Un autre certificat aurait normalement dû être suspendu sur le tableau officiel de l'organisme de certification. Il s'agit du certificat de la Mauricie qui couvre 1,6 million d'hectares. Les dirigeants de la communauté d'Obedjiwan n'ont pas renouvelé leur consentement pour le maintien de la certification sur ce vaste territoire. Son statut n'a pas été modifié en raison d'une demande du certificateur SAI Global pour vérifier certaines informations. Selon le président de FSC Canada, François Dufresne, le certificateur souhaite vérifier les éléments associés au consentement des communautés.

La fin des certificats FSC de Port-Cartier d'Arbec porte un autre coup dur à l'organisme de certification FSC au Québec. Au tournant de 2015, 28,5 millions d'hectares de forêt québécoise (principalement en forêt boréale) répondaient aux critères de la norme. Aujourd'hui, la norme FSC couvre plus ou moins 19 millions d'hectares et elle risque de subir une nouvelle baisse significative avec le dossier du certificat de la Mauricie qui représente un autre bloc de 1,6 million d'hectares.

Une rencontre de la direction de FSC International a lieu cette semaine. Au Canada, FSC a vu disparaître 14 millions d'hectares de son tableau de certification. Il s'agit d'une superficie plus grande que la superficie certifiée aux États-Unis.

Le Québec constituait une zone de prédilection pour FSC avec 28,5 millions d'hectares il y a 18 mois. À titre d'exemple, la Colombie-Britannique, qui compte les plus grandes forêts commerciales canadiennes, n'affiche que 1,4 million d'hectares sous la certification FSC pour tout son territoire forestier.

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