Patrouille père-fils

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Sergent aux enquêtes à la Sécurité publique de Saguenay (SPS), Mario Martel a fait une surprise à son fils Jean-François en lui annonçant qu'il patrouillerait avec lui avant de prendre sa retraite dans deux semaines.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Mario Martel, policier à la Sécurité publique de Saguenay (SPS), s'est offert un beau cadeau de retraite cette semaine. Plus de 20 ans après avoir troqué l'uniforme de patrouilleur pour le veston d'enquêteur, il est retourné à la surveillance du territoire l'instant d'un quart de travail. Le partenaire du sergent pour l'occasion: son fils de 28 ans, Jean-François.

Mario Martel a grossi les rangs de la police de La Baie en 1983, peu après sa sortie de l'École nationale de police de Nicolet. Pour l'anecdote, l'agent de la paix faisait partie de la même cohorte de finissants que l'officier des affaires publiques de la SPS, Bruno Cormier. C'est d'ailleurs l'agent Cormier qui a convaincu son collègue de vivre l'expérience de la patrouille avec son garçon.

«Au départ, il était un peu réticent. Je lui ai dit: ''Mario, il faut absolument que tu le fasses avant de partir. Tu vas le regretter sinon''», met en contexte Bruno Cormier, qui a patrouillé aux côtés de son fils Frédéric il y a deux ans.

Deux semaines avant de franchir la porte du quartier général de la SPS pour la toute dernière fois, Mario Martel a accepté de se prêter au jeu. Le fiston n'était pas au courant. Jeudi, quelques minutes avant le début du quart de travail du jeune policier, l'enquêteur Martel, boudiné dans un gilet pare-balles, s'est présenté dans le bureau du lieutenant, où l'agent Martel recevait les consignes d'usage. Ce moment, auquel l'équipe du Progrès-Dimanche a pu assister grâce à une mise en scène orchestrée par Bruno Cormier, s'est avéré riche en émotions.

«Je viens patrouiller avec toi!», a lancé Mario Martel à son fils. Une accolade sentie s'en est suivie, le tout sous le regard attendri des collègues enquêteurs du policier senior.

Un vrai

Les collègues de Mario Martel le tiennent en très haute estime. Il est reconnu pour sa rigueur, son travail de terrain, sa loyauté et son intégrité.

«Un excellent patrouilleur et un excellent enquêteur», a décrit Bruno Cormier.

Pendant plusieurs années, le Baieriverain a agi comme représentant syndical. Il est un policier hautement respecté. Quand il parle, tout le monde écoute. Fervent amateur de vélo, Martel a enfourché sa bécane presque quotidiennement au cours des deux dernières décennies pour se rendre au travail. Après sa journée, il lui arrivait parfois de bifurquer vers Alma avant de rentrer à la maison. Un homme en très grande forme physique, qui n'entretenait pas une once d'appréhension à l'idée de reprendre du service sur la patrouille après tant d'années et de rencontrer un peu d'action.

Une histoire de famille

Mario Martel a surpris son fils Jean-François, jeudi,... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 3.0

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Mario Martel a surpris son fils Jean-François, jeudi, en patrouillant avec lui.

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Mario Martel est un dur au coeur tendre. C'est sur un ton stoïque et avec une certaine retenue qu'il a annoncé à son fils que les deux hommes travailleraient ensemble ce soir-là.

Au fil de l'entrevue, il a toutefois baissé la garde, lentement, laissant filtrer des bribes d'émotion.

«La police, c'est une histoire de famille. Si, à la base, les patrouilleurs ne sont pas là, le travail d'enquête n'avance pas. Ils sont nos yeux et nos oreilles sur le terrain et leur collaboration est précieuse», a-t-il mentionné. Mario Martel est père de trois enfants. Tous ont suivi ses traces. La soeur de Jean-François, Marie-Ève, entrera bientôt à Nicolet. L'autre, Audrey, est ambulancière pour la CTAQ. Le sergent ne cache pas sa très grande fierté de voir que la progéniture oeuvre dans le domaine des services d'urgence.

Avant de sortir du QG, le «gars de terrain» s'est dit fébrile de renouer avec ses anciennes amours. Il devait prendre place derrière le volant, ancienneté oblige. Le futur retraité a tenu à remercier le service de police de lui avoir fait confiance pendant toutes ces années, période au cours de laquelle il a planché sur de nombreux dossiers et bouclé plusieurs enquêtes.

«J'ai travaillé sur des incendies criminels, des agressions sexuelles, des voies de fait, des meurtres. J'ai aussi vécu des événements intenses. Je suis arrivé aux enquêtes en même temps que le déluge. J'ai vécu le tremblement de terre de 1988. Ces moments-là ont rassemblé beaucoup de gens et ont été importants dans ma carrière», a indiqué Mario Martel. Il a aussi souhaité rendre hommage à sa conjointe, Annie, qui a mis en veilleuse sa carrière pour tenir le fort à la maison.

Jean-François, lui, avait peu de mots pour exprimer ses sentiments à l'idée de patrouiller avec Matricule 136.

«C'est le fun. Ça va être un beau moment. C'est la vieille méthode et la nouvelle méthode qui se rencontrent», a fait valoir celui qui est policier surnuméraire à la SPS depuis six ans.

Relatant les capacités d'excellent raconteur de son père, Jean-François a pris le chemin du stationnement du QG avec son mentor. Parions que les deux représentants des forces de l'ordre n'ont pas manqué de sujets de conversation quand ils ont sillonné les rues de la ville jusqu'aux petites heures du matin.

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