Le mouvement d'opposition gagne la CSN

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La CSN a entrepris, jeudi, une campagne de sensibilisation aux problèmes soulevés par la mise en place du projet Optilab et réclame un moratoire à la grandeur du Québec. Le président du conseil central, Engelbert Cottenoir, était entouré de la porte-parole régionale du syndicat, Nancy Poulin, de la représentante nationale des employés de la catégorie 4, Mélissa Gaouette, et du président du syndicat de la Côte-Nord, Yvon Payeur.

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La CSN part en guerre contre le projet Optilab. Les représentants de la centrale syndicale des régions de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont fait le parcours symbolique d'un spécimen de laboratoire en se rendant sur la Côte-Nord pour la tenue d'un point de presse en plus de celui donné au Conseil central du Saguenay-Lac-Saint-Jean, jeudi matin.

Optilab vise à centraliser 70 % des examens de laboratoire de la Baie-James, de la Côte-Nord et de cinq hôpitaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean sur le site de l'hôpital de Chicoutimi, dans le but de faire disparaître 37 postes à temps complet dans le réseau régional.

« Le nombre de postes est inclus dans les 135 postes équivalents temps plein annoncé par le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Mais on est prudents puisque ce sont des annonces et il faudra voir les résultats », a dans un premier temps souligné Nancy Poulin, porte-parole du Syndicat des technicien-nes et professionnels-es de la santé et des services sociaux de la région.

Ce projet, a enchaîné la vice-présidente nationale du syndicat affilié à la CSN, n'est pas sans soulever des craintes quant à la qualité des services offerts à la population. Les syndiqués rappellent que pas plus tard qu'en 2014, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec de l'époque, le radiologiste Gaétan Barrette, doutait de la faisabilité d'un tel projet. « L'Alberta travaille à la mise en place d'un projet semblable et ils ont un échéancier fixé à 2030 », précise Mélissa Gaouette.

« On a vraiment l'impression qu'il s'agit d'un projet du Conseil du Trésor du gouvernement et non du ministère. Un comité de spécialistes du ministère avait établi que les spécimens de laboratoire devaient idéalement être analysés dans un délai de deux heures après le prélèvement. Ça va prendre plus de deux heures entre Baie-Comeau et Chicoutimi. C'est un projet qui va générer beaucoup de contrats d'informatique pour arrimer les systèmes entre les régions et ce sera intéressant pour les entreprises dans ce secteur », a ajouté Mélissa Gaouette.

Les premières expériences menées dans la région de Montréal, où il n'y a pas de problèmes de distance ni les mêmes conditions routières hivernales que celles de la grande zone composée de la région, de Chibougamau et de la Côte-Nord, font déjà ressortir des problèmes importants. Des spécimens ont été égarés et dans certains cas, des problèmes techniques ont fait en sorte que la décongélation a commencé pour certains spécimens avant l'analyse en laboratoire.

« Ça va représenter des coûts pour reprendre des examens. Quand une personne est hospitalisée et que l'on doit envoyer un spécimen à 750 kilomètres plus loin par la route, la personne devra attendre plus longtemps et demeurer hospitalisée. Ce sera encore plus important s'il y a un problème dans le transport. Aujourd'hui seulement, il y a huit points de barrage par des travaux », reprend Mélissa Gaouette.

La porte-parole régionale du syndicat, Nancy Poulin, est ravie de voir que le milieu politique emboîte le pas aux syndicats dans cette tentative de contrer le gouvernement. Elle constate dans les faits que depuis le début de la mise en place du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a un mouvement de centralisation important à l'hôpital de Chicoutimi. Elle comprend donc la réaction des élus du Lac-Saint-Jean qui dénoncent cette centralisation qui aura des impacts économiques pour le milieu et sur la qualité des services pour les citoyens.

Le président du Conseil central CSN du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Engelbert Cottenoir, a abordé tout le problème de la dévitalisation qui est amplifié par les décisions du gouvernement dans le réseau de la santé guidées uniquement par les politiques d'austérité. En plus de la diminution de la qualité et de l'accès aux services, ces mesures, selon le président Cottenoir, se traduisent par la disparition d'emplois de qualité dans les réseaux locaux, y incluant les emplois de cadres.

Il s'agit, selon Engelbert Cottenoir, de la poursuite de la désintégration des régions qui voient les emplois reliés aux services publics ramenés dans les grands centres. Dans le présent cas, ce sont des MRC dévitalisées du haut du Lac-Saint-Jean qui perdent au change avec la centralisation au Saguenay d'une partie des services et de la gestion du réseau régional de la santé, a conclu Engelbert Cottenoir.

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