Soulèvement à la prison: des plaintes déposées contre neuf détenus

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Une intervention policière était en cours dans la nuit de samedi à dimanche à la prison de Roberval.

Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

Les neuf détenus qui ont pris part au débordement au Centre de détention de Roberval font l'objet de mesures disciplinaires. Dans la nuit de samedi à dimanche, ils ont protesté parce qu'ils réclament davantage de privilèges.

Des plaintes formelles ont été déposées auprès de la Sûreté du Québec. Les dossiers seront soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui aura à décider s'il porte ou non des accusations criminelles à l'égard des individus.

Le cabinet du premier ministre du Québec et député de Roberval, Philippe Couillard, suit étroitement les événements découlant du débordement survenu à l'intérieur des murs de la prison. Son équipe a rapidement été avisée de la situation, au cours du week-end.

«Nous sommes en contact avec le ministère de la Sécurité publique depuis le soulèvement. Ce genre de situation est prise très au sérieux. L'équipe correctionnelle d'intervention d'urgence est intervenue à l'établissement de détention de Roberval. Tout est rentré dans l'ordre», commente Harold Fortin, porte-parole du premier ministre.

En ce qui a trait aux mesures qui ont été prises à l'égard des contrevenants, la porte-parole du Ministère, Alexandra Paré, précise que les conséquences imposées sont évaluées en fonction de chaque individu. La nature des gestes commis est prise en considération.

Sanctions

L'article 74 de la Loi sur le système correctionnel du Québec prévoit différentes sanctions lorsqu'un détenu se comporte mal.

La personne incarcérée peut être réprimandée et elle peut perdre des bénéfices, comme l'usage du téléphone, de la télévision, de la radio ou la participation à des activités. Elle peut aussi être confinée dans une cellule pour une période maximale de cinq jours.

La réclusion, la non-attribution de jours de réduction de peine que la personne aurait pu mériter et la déchéance de jours de réduction de peine que la personne a à son actif sont au nombre des mesures que le comité de discipline peut imposer.

Rappel des événements

Après avoir refusé d'obtempérer aux instructions des agents de service correctionnel, les détenus en furie ont cassé des vitres et saccagé du mobilier de la prison de Roberval.

C'était en fin de soirée, samedi, alors que chacun d'entre eux devait regagner sa cellule.

Ils se sont notamment rebellés parce qu'ils réclament davantage de visites, plus d'accès aux parloirs et plus de sorties dans la cour extérieure.

Outre l'équipe correctionnelle d'intervention d'urgence, des policiers de la Sûreté du Québec de tous les postes du Lac-Saint-Jean ont été déployés par mesure préventive.

La situation est rentrée dans l'ordre, à 1h30, dimanche matin. Il a fallu du poivre de Cayenne pour calmer le jeu.

Le fugitif Evans Girard parmi les détenus impliqués

(Katerine Belley-Murray) - Evans Girard, ce fugitif impliqué dans une chasse à l'homme au Saguenay et au Lac-Saint-Jean en 2015, ferait partie des détenus s'étant soulevés à la prison de Roberval. Selon nos informations, Girard aurait participé aux événements, dans la nuit de samedi à dimanche.

La semaine dernière, l'homme de 44 ans a reçu une peine de cinq ans de pénitencier. Il a été reconnu coupable de plusieurs accusations, dont conduite dangereuse, alcool au volant, introduction par effraction, vol et fuite. Il était donc à Roberval, une prison provinciale, en attente de se diriger vers un pénitencier fédéral à l'extérieur de la région.

L'automne dernier, Girard a commis un vol d'essence au Saguenay. Les patrouilleurs ont tenté de l'arrêté, en vain, et l'ont finalement laissé fuir afin d'éviter un accident grave en pleine ville. Girard a par la suite fait une sortie de route sur la 70. Il a pris la fuite à pied avant de voler une voiture et de se diriger vers un appartement à Hébertville. Les agents ont procédé à son arrestation le lendemain.

Il n'a pas été possible de connaître l'identité des huit autres prévenus qui auraient participé au «désordre», à la prison.

Le maire veut l'établissement le plus sécuritaire du Québec

(Isabelle Tremblay) - Roberval veut que son établissement de détention soit le plus sécuritaire au Québec. Tel est le souhait qu'a formulé le maire Guy Larouche au terme de la séance du conseil municipal, lundi soir.

Le téléphone de l'élu n'a pas dérougi depuis l'émeute survenue dans la nuit de samedi à dimanche.

«Les citoyens et gens d'affaires ont manifesté beaucoup d'inquiétude. Lorsqu'il y a des événements comme ceux-là, on devient nerveux, et c'est normal. Nous souhaitons qu'il y ait un nombre suffisant d'agents de service correctionnel afin d'assurer la sécurité des détenus et celle de la population. Sept nouveaux agents intégreront l'établissement en juillet», a affirmé le maire Larouche.

Les membres du conseil ont pris la décision de ne pas adopter de résolution comme l'avait avancé le magistrat durant la fin de semaine. Ils ont opté pour une surveillance accrue de ce qui découlera de l'enquête interne.

«On va voir comment le Ministère va se comporter pour la suite des choses. Je demanderai des rapports et je veux me faire garantir que c'est parfaitement sécuritaire. La prison est extrêmement équipée et très moderne. J'aurai des échanges avec les autorités compétentes et je demanderai des comptes-rendus.»

Le maire Larouche a levé son chapeau à la Sûreté du Québec «qui a déployé rapidement des agents d'Alma, de Dolbeau-Mistassini et de Roberval. L'intervention a duré moins de deux heures et il y a eu une belle concertation dans les circonstances».

Boulevard Marcotte

Par ailleurs, Roberval passe de la parole aux actes. La Ville met des mesures en place pour orienter les professionnels au centre-ville plutôt que sur le boulevard Marcotte.

Les élus ont modifié le plan d'urbanisme et le règlement de zonage concernant la réaffectation des activités commerciales et de services.

Le virage entrepris par le conseil municipal vise à éviter que des professionnels s'installent sur le boulevard Marcotte, comme ce fut le cas pour les bureaux du Directeur des poursuites criminelles et pénales, il y a quelques années. Les procureurs de la Couronne ont quitté le palais de justice pour s'établir à la sortie sud de Roberval. Des médecins ont aussi quitté le centre urbain et ont opté pour cette artère. La Ville ne veut plus que cette situation se reproduise.

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