Yves Martin «était dans la bonne voie et n'était pas chaud»

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Bernard Bouchard dit avoir eu la visite de deux policiers au cours des derniers mois afin de vérifier sa version des faits.

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Bernard Bouchard dit avoir tout vu. Il se tenait debout devant sa fenêtre lorsque la collision mortelle du rang Saint-Paul, à Laterrière, qui a causé la mort de trois personnes, est survenue le soir du 1er août 2015. Le témoin prétend qu'Yves Martin était dans la bonne voie et qu'il a tout fait pour éviter le véhicule des victimes.

Me Jean-Marc Fradette entend tenir une nouvelle enquête... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 1.0

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Me Jean-Marc Fradette entend tenir une nouvelle enquête de remise en liberté pour Yves Martin étant donné que des faits nouveaux sont apparus dans le dossier.

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Yves Martin est accusé d'avoir fauché la vie... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 1.1

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Yves Martin est accusé d'avoir fauché la vie d'une petite famille le soir du 1er août 2015, dans le rang Saint-Paul à Laterrière.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Malgré tout, cela n'a pas empêché le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, de citer l'accusé à procès sous les chefs d'accusation de conduite dangereuse, de négligence criminelle et de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort de Mathieu Perron, Vanessa Viger-Tremblay et leur garçon Patrick (voir autre texte).

«Juste avant les événements, j'étais à mon ordinateur. Mais après un certain temps, j'ai eu besoin de me lever. Je me tenais debout devant ma grande fenêtre lorsque j'ai aperçu une camionnette rouge donner un coup de roue comme pour se diriger vers le champ. Je me demandais ce qui se passait. C'est là que j'ai vu la voiture bleue arriver dans le mauvais sens de la route. Le gars de la camionnette a voulu l'éviter», de dire Bernard Bouchard.

«La camionnette était définitivement, positivement et affirmativement dans sa voie, alors que le véhicule bleu était définitivement à cheval sur la ligne du milieu», a raconté ce témoin.

Il restera éventuellement à juger de la crédibilité du témoin. Si sa version du 30 juin 2016 tend à démontrer que Yves Martin était dans la bonne voie, qu'il a donné un coup de volant pour éviter la collision et qu'il n'était pas en état d'ébriété, elle diffère tout de même de celles qu'il a données aux médias et aux policiers au lendemain de l'accident mortel.

«Je suis ici pour dire la vraie vérité. Je n'ai pas tout dit aux enquêteurs, car ils voulaient condamner Yves Martin dès le départ. De leur dire ce que j'avais vu, on m'aurait traité d'imbécile, de menteur, de fabulateur. Quant aux médias, plus tu en mets et plus ils en veulent. J'en ai mis plus (état d'ébriété et le fait qu'il n'avait rien vu)», a résumé l'homme de 72 ans.

À la suite de cette réponse, Me Michaël Bourget, de la Couronne, a fait savoir qu'il n'avait plus de question.

Si Bernard Bouchard a pris la décision de déballer son sac, c'est à la suite des propos désobligeants entendus et lus contre Yves Martin. C'est là qu'il s'est dit qu'il devait raconter ce qu'il avait vu.

«Les gens le noircissaient, le descendaient, le traitaient de soûlon. Moi, je voulais juste raconter la vérité. Je n'ai pas eu de promesse d'un avantage ou quoi que ce soit pour dire la vérité», a poursuivi Bernard Bouchard.

«Je ne suis pas ici pour inventer quoi que ce soit ou exagérer les choses. Je suis le seul témoin oculaire de l'accident. Les autres sont arrivés par la suite.»

Après l'accident, Bernard Bouchard s'est dirigé vers le véhicule des victimes. Il a vu que la dame ne respirait plus, mais que l'homme semblait râler.

«Quant au petit bonhomme, il respirait, mais avait les deux yeux à moitié fermés. Des gens sont arrivés pour en prendre soin et lui disaient de rester avec eux. Moi, j'étais trop traumatisé pour faire quoi que ce soit», a lancé le témoin.

Des propos qui ont été trop durs à entendre pour certains membres de la famille des victimes qui sont sortis de la salle d'audience.

Bernard Bouchard prétend aussi qu'Yves Martin n'était pas chaud, car après être sorti de son camion en titubant, il se déplaçait aisément. Il avait pourtant déclaré aux médias que le conducteur était ivre le soir des événements.

«Il est possible que je puisse avoir dit ça aux médias. Si c'est le cas, c'est que j'ai trop présumé de son état, car il n'était pas chaud. Il est possible que j'aie dit bien des choses aux médias pour ne plus être dérangé, même si j'ai continué les entrevues par la suite», a-t-il indiqué en contre-interrogatoire.

Fixé le 15 septembre

Yves Martin, le multirécidiviste de l'alcool au volant, devrait être fixé le 15 septembre sur la date de son procès devant un juge de la Cour supérieure du Québec et un jury de 12 personnes.

Le présumé chauffard de 36 ans a été cité à procès, jeudi matin, au terme de l'enquête préliminaire. Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, maintient les accusations de conduite dangereuse, de négligence criminelle et de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort de Mathieu Perron, de Vanessa Viger-Tremblay et de leur fils, Patrick. L'accident mortel est survenu le 1er août 2015 dans le rang Saint-Paul, à Laterrière.

Selon la preuve du ministère public, Martin, qui possède deux antécédents de conduite avec les facultés affaiblies, roulait à plus de 127 kilomètres à l'heure dans une zone de 80 km/h (120 km/h à l'impact) et présentait un taux d'alcoolémie de ,179 (limite à ,08).

«Nous avons suggéré au juge Simard de citer mon client à procès sur tous les chefs d'accusations. Nous avons choisi d'être jugés devant juge et jury, car il y a eu des choses particulières dans ce dossier. Nous pensons que 12 personnes peuvent être plus habilitées à juger un cas problématique. Avec un juge, il n'y a qu'une chance, alors qu'avec un jury, nous avons 12 chances d'obtenir un autre verdict.»

«Quant à l'opinion publique, ça ne nous fait pas peur. Les gens qui vont entendre la preuve au procès pourront se faire leur propre idée», estime Me Fradette.

Au cours des prochaines semaines, Me Fradette devrait faire entendre son client dans une nouvelle enquête de remise en liberté. Il offrirait encore les mêmes conditions (thérapie, bracelet et somme d'argent).

Concernant les différents témoignages de Bernard Bouchard (médias, policiers et tribunal), Me Fradette prétend que ça vient contredire la reconstitution de l'accident.

«Le témoin vient corroborer la version que nous annonçons, car nous pensons que la façon de placer les automobiles (lors de la reconstitution) n'a pas d'allure, car il n'y a aucun point de référence. Ils ont placé les automobiles de façon aléatoire et disent que c'est comme ça que ça s'est produit. Selon nous la reconstitution ne corrobore pas l'accident», mentionne Me Fradette.

Questionné sur la crédibilité des diverses versions de son témoin, MeFradette a voulu être clair.

«C'est le procureur qui a suggéré que ce soit ça (versions différentes), il n'en a jamais fait la preuve, même si je lui ai suggéré de le faire. Ce ne sont que des allégations du procureur de la Couronne, qui prétend qu'il ait dit ça. Il faudra évaluer éventuellement la crédibilité, mais mon témoin a dit qu'il était là pour dire la vérité.»

«Ce qui est important, c'est ce qui se dit dans la cour et non pas dans les médias. La preuve retenue sera celle donnée devant le tribunal», ajoute-t-il.

Le criminaliste pense que la crédibilité du témoin pourrait s'avérer plausible lorsque l'accusé témoignera et qu'un expert viendra dire que la version du témoin pourrait être la bonne.

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