Des relations difficiles entre le policier et l'état-major de Saguenay

Dany Harvey discute avec son avocat Me Jean-Marc... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Dany Harvey discute avec son avocat Me Jean-Marc Fradette et son adjointe, Me Mélanie Decoste.

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Le policier de Saguenay Dany Harvey dit avoir eu droit au «traitement royal» de la part du directeur à l'éthique du service, Marc Sénéchal, dans son dossier d'enquête pour voies de fait.

Le procès du sergent de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) s'est poursuivi pour une troisième journée au Palais de justice de Chicoutimi devant le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec.

Le policier a tenté de démontrer que les relations entre lui et des membres de l'état-major de la SPS ne sont pas les meilleures au monde.

«Et elles remontent à plusieurs années. C'était une raison de plus pour ne pas prêter flanc à la critique en enquêtant des gens qu'il est notoire que l'on n'aime pas. Et surtout que l'on réalise que l'enquête a été bâclée, que l'on a perdu des notes et que l'on ne conserve pas le disque dur de la vidéo. On avait donc de bonnes raisons de s'inquiéter», indique l'avocat de la défense, Me Jean-Marc Fradette.

«Cette enquête a été faite dans un effet tunnel, dont l'objectif était d'accumuler des preuves incriminantes et non pas disculpatoires. On peut prouver qu'il y a une façon de faire qui a été mal faite dans cette enquête. Ils avaient intérêt à ce qu'elle soit menée vers une culpabilité inéluctable. Mon client a dit avoir eu droit à un traitement royal en raison des motifs qu'il n'était pas aimé par le directeur de police (Denis Boucher) et Marc Sénéchal», ajoute le criminaliste.

Celui-ci pourrait faire entendre les deux directeurs mardi afin d'en savoir davantage sur le travail d'enquête de M. Sénéchal dans le dossier et de sa nomination par M. Boucher.

Tout au long de la journée de lundi, le policier Dany Harvey a raconté ce qu'il a vécu depuis son arrestation, en décembre 2014, et il a présenté les mauvaises relations qu'il a eues avec Denis Boucher, directeur de la SPS, et Marc Sénéchal, directeur à l'éthique. «Marc Sénéchal et le directeur de police, Denis Boucher, ne m'aiment pas depuis plusieurs années en raison de mes convictions syndicales», a-t-il lancé.

Le principal point touche le conflit d'intérêts en raison des différends entre Harvey et Sénéchal remontant à 2007. Marc Sénéchal, alors président syndical, avait été pris à partie par Dany Harvey, délégué syndical.

«En pleine assemblée, devant une centaine de personnes, je me suis levé pour dire à Marc Sénéchal qu'il ne disait pas toute la vérité. Un commentaire qui n'a pas été apprécié.

«Marc Sénéchal était fâché, très fâché, disant qu'il n'avait jamais vu ça en 15 années de carrière comme syndicaliste. Il a dit que c'était inadmissible. Plus tard, le 30 septembre, un vote de confiance a été demandé à l'endroit de l'exécutif et M. Sénéchal a perdu son poste de président. Ce fut le silence radio entre nous après», a raconté Dany Harvey.

Ses relations avec celui qui est maintenant directeur du service de police, Denis Boucher, n'ont pas été vraiment meilleures.

Un autre conflit syndical est survenu et M. Harvey a été changé d'équipe pour ne plus être sous les ordres de M. Boucher.

Il a vu les conséquences de cette prise de position lorsque les accusations ont été déposées contre lui.

«J'ai appris que la direction tenait une conférence de presse pour annoncer que j'étais suspendu et accusé pour des voies de fait. Ça ne s'était jamais produit avant et pas plus après. Ça a été fait parce qu'ils ne m'aiment pas. On avait dit dans mon cas que c'était par souci de transparence. Il y a eu un autre dossier un an après et il n'y a pas eu de conférence de presse pour autant», a exprimé Dany Harvey.

L'accusé nie les faits

Le policier Dany Harvey dit n'avoir jamais serré le bras d'un mineur, ni de l'avoir traîné dans les corridors d'un établissement.

À la troisième journée de son procès et de la requête en arrêt des procédures, le sergent de Saguenay a raconté le fil des événements ayant mené à son arrestation pour voies de fait sur un mineur.

Il dit être entré dans un établissement avec la personne et l'avoir reconduite à un local. Tout au long du trajet, il prétend l'avoir tenu par la manche de son manteau ou l'avoir laissé marcher librement.

M. Harvey a contredit les propos d'un gardien de sécurité, Bruno Girard, qui dit l'avoir vu sur la troisième marche du second palier d'un escalier prendre le mineur par le bras. Il faut ajouter qu'aucune image vidéo ne vient confirmer la version du gardien de sécurité.

«Je n'ai jamais vu M. Girard du moment où je suis entré dans l'établissement jusqu'au moment où j'ai amené la personne à un local. Ce n'est qu'après que j'ai croisé M. Girard», a indiqué Dany Harvey.

«Concernant le fait qu'il m'aurait vu en train de saisir le bras du mineur, je suis retourné prendre des photos sur les lieux (déposées en preuve) et il est impossible qu'il puisse avoir vu quoi que ce soit où il dit qu'il était, car on ne peut rien voir sur le deuxième palier», a témoigné l'agent de la Sécurité publique de Saguenay. Le policier dit avoir simplement redirigé le mineur au moment où il aurait voulu rebrousser chemin.

Dany Harvey a aussi raconté l'enfer qu'il a vécu lorsqu'il a appris que le capitaine Marc Sénéchal avait ordonné son arrestation le 18 décembre 2014 au moment où il entrait au travail.

«Je ne croyais pas ce qui m'arrivait. Je me disais qu'ils (enquêteurs) étaient pour parler aux gens de l'établissement, qu'ils regarderaient les bandes vidéos et que ça arrêterait là. Mais non. Je suis suspendu depuis ce temps. Marc Sénéchal a même fait saisir mes cinq armes à feu personnelles, sans que je ne sache pourquoi», a expliqué l'accusé.

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