Daniel Leblond implore Ottawa de tenir tête aux Américains

L'usine de Saint-Félicien de Résolu représente le noeud... (Archives Le Quotidien, Isabelle Tremblay)

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L'usine de Saint-Félicien de Résolu représente le noeud du problème dans la région. Même si Résolu maintient qu'elle ne reçoit aucune aide gouvernementale, les Américains semblent convaincus du contraire. Or, les usines d'Alma et Kénogami utilisent une petite quantité de pâte kraft dans leur production et elles sont donc aussi considérées comme profitant d'une aide de l'État.

Archives Le Quotidien, Isabelle Tremblay

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Le responsable des dossiers de commerce international pour Unifor dans la région, Daniel Leblond, implore les politiciens fédéraux de se tenir debout devant le gouvernement américain dans le cadre des litiges sur le papier surcalandré et la guerre commerciale sur le bois d'oeuvre qui couve en ce moment. Dans les prochaines heures, un sommet regroupant les présidents américain et mexicain ainsi que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'amorcera.

Le leader syndical du Lac-Saint-Jean n'y va pas par quatre chemins quand il parle des menaces qui pèsent sur l'industrie régionale de la forêt avec la surtaxe de 18% imposée sur chaque tonne de papier produite dans les usines de Kénogami et Dolbeau destinée au marché américain. «Nos usines sont pratiquement en sursis. Il serait temps que les politiciens fédéraux le comprennent bien», insiste M. Leblond.

Le Département américain du commerce a imposé cette surtaxe pour répondre à la relance de l'usine de papier surcalandré de Port Hawkesbury Paper de la Nouvelle-Écosse, laquelle a bénéficié de généreuses subventions de la province. La capacité de production de cette papeterie ultra moderne a fait mal aux usines américaines spécialisées dans les mêmes grades de papier en plus de provoquer la fermeture de l'usine Laurentides de Résolu à Grand-Mère.

«La question qu'il faut poser est assez simple. Est-ce que les deux usines québécoises ont reçu des subventions directes ou indirectes des gouvernements provincial et fédéral? Il faut bien qu'un fonctionnaire dans un bureau du gouvernement ait rempli un chèque pour qu'il y ait eu une subvention. Les gouvernements peuvent donc donner des réponses rapidement aux Américains pour faire lever la surtaxe qui menace nos deux usines de papier», reprend Daniel Leblond.

Dans le cas des deux usines du Québec, des informations ont circulé à l'effet que l'usine de pâte kraft de Saint-Félicien avait aussi bénéficié d'une aide du gouvernement. Les deux papeteries ont donc été visées par les Américains puisqu'elles utilisent dans leur procédé de la pâte provenant de Saint-Félicien. Daniel Leblond assure que Résolu lui a confirmé que l'entreprise n'avait bénéficié d'aucune subvention pour ses deux usines de papier ainsi que pour celle de pâte kraft de Saint-Félicien. De plus, les quantités de pâte utilisées à Kénogami et Alma sont minimes puisque Résolu préfère vendre sa pâte kraft à gros prix sur les marchés internationaux.

Bois d'oeuvre

L'autre volet de cette guerre commerciale qui a coûté des centaines de millions de dollars à l'industrie canadienne de la forêt est celui du bois d'oeuvre. En ce moment, les scieurs canadiens exportent sans aucune barrière tarifaire ni limite de quantité aux États-Unis. Les deux pays sont en situation de libre-échange complet, mais l'industrie américaine du sciage n'a pas l'intention de laisser les entreprises canadiennes profiter de cette situation intéressante avec en prime un taux de change avantageux.

«Nous avons été dans l'obligation de mettre en place un nouveau régime forestier au Québec avec la vente de 25% du bois sur le marché libre pour établir le coût de la ressource. Ces changements ont été majeurs pour les entreprises, mais aussi pour de nombreux travailleurs en raison des disparités dans les conditions de travail. Malgré ces efforts considérables, on nous dit qu'il faut encore négocier un accord sur le bois d'oeuvre. C'est inacceptable de se faire dicter une telle ligne de conduite», reprend Daniel Leblond.

Le syndicaliste rappelle aux politiciens que depuis le début des années 1990, le Canada a remporté toutes les batailles devant les tribunaux de commerce international contre les Américains dans les litiges du bois d'oeuvre. Il espère donc que le gouvernement fédéral sera capable de faire comprendre au président des États-Unis que notre industrie du bois d'oeuvre ne reçoit aucune aide de l'État.

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