Difficile pour le moral des étudiants

Le travail rémunéré chez les jeunes pendant l'année scolaire peut contribuer à... (Archives Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le travail rémunéré chez les jeunes pendant l'année scolaire peut contribuer à l'augmentation de certains problèmes de santé mentale. C'est du moins le résultat d'une étude publiée par l'Institut de la statistique du Québec, dans son bulletin Zoom santé du mois de juin, publié en début de semaine.

Les auteurs de la recherche se sont basés sur des données de l'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011, menée par l'Institut de la statistique et financée par le ministère de la Santé. Selon eux, les jeunes travaillant plus d'un certain nombre d'heures ont plus de chances d'avoir un diagnostic de dépression ou d'anxiété, ou d'avoir un niveau de détresse psychologique élevé.

Ce nombre d'heures exact n'a pas encore été déterminé. Toutefois, d'après les données recueillies par les auteurs Mikaël Berthelot et Issouf Traoré, la détresse psychologique, l'anxiété et la dépression diagnostiquée augmentent chez les filles qui travaillent plus de 11 heures et les garçons qui travaillent plus de 16 heures par semaine. Par contre, MM. Berthelot et Traoré estiment que ce seuil est variable en fonction de la personnalité de chacun.

En effet, selon l'étude, 26% des filles qui travaillent d'une à dix heures par semaine ont un niveau de détresse psychologique élevé, alors que chez celles qui passent plus de 16 heures à leur emploi chaque semaine, le pourcentage augmente à 38,8.

C'est un peu la même chose pour les garçons: il y en a 12,4% qui ont un niveau de détresse élevé alors qu'ils travaillent 10 heures et moins. Lorsqu'ils travaillent 16 heures et plus, la statistique augmente à 17,4%.

MM. Berthelot et Traoré montrent également que c'est le même principe lorsqu'on parle d'anxiété ou de dépression. En effet, le nombre de diagnostics d'anxiété passe de 9% pour les jeunes travaillant moins de 11 heures par semaine à 11% pour ceux travaillant plus de 16 heures. Pour les diagnostics de dépression, 4,4% des jeunes cumulant moins de 11 heures de travail en ont reçu un, alors qu'il y en a 7% chez ceux ayant un emploi de plus de 16 heures chaque semaine.

Par ailleurs, les auteurs ont noté que le niveau de détresse psychologique et les diagnostics d'anxiété et de dépression étaient plus élevés chez les jeunes de quatrième et cinquième secondaire qui ne travaillaient pas, comparés à ceux qui travaillent moins de onze heures.

«Il apparaît important de sensibiliser les jeunes, les parents et les employeurs aux effets potentiellement néfastes d'un trop grand nombre d'heures de travail parallèlement aux études, sur le plan de la santé et de la réussite scolaire, mais aussi aux risques de blessures au travail et à d'autres aspects de la vie des adolescents comme les activités sociales», peut-on lire dans le document.

Notons qu'il y a 37,3% des étudiants québécois qui occupent un emploi à temps partiel pendant leurs études. Ils sont donc presque deux fois plus nombreux à travailler qu'il y a 30 ans. Les filles ont également un taux d'emploi plus élevé, mais les garçons ont tendance à travailler plus d'heures.

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