Des employés du gouvernement sans salaire depuis deux mois

Des employés civils de la base de Bagotville,... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

Agrandir

Des employés civils de la base de Bagotville, du Centre de données fiscales de Jonquière et d'autres organismes fédéraux de la région sont privés de leur paye hebdomadaire.

Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Villeneuve
Le Quotidien

Des employés civils de la base de Bagotville, du Centre de données fiscales de Jonquière et d'autres organismes fédéraux oeuvrant dans la région sont privés de leur paye hebdomadaire pour une période allant jusqu'à deux mois. Le nouveau système Phoenix est mal adapté aux diverses catégories d'emplois du gouvernement.

Les problèmes informatiques du système de paye du gouvernement fédéral sont connus depuis un certain nombre de mois. Une employée contractuelle du Centre de données fiscales de Jonquière constate toutefois que la situation tarde à être réglée. Elle a tenu à dénoncer la situation sous le couvert de l'anonymat.

Cette dame, qui oeuvre au traitement des recettes et qui reçoit les chèques des contribuables faits au gouvernement fédéral, est elle-même privée de chèques de paye, et ce, sans avoir la possibilité d'un recours possible puisqu'elle est non-syndiquée.

«Depuis le 18 mai, je n'ai pas reçu un sou. J'étais en fin de contrat le 27 mai et le gouvernement me devait déjà deux semaines de paye. Le 2 juin, j'ai été réembauchée. Je viens d'apprendre que je n'aurai pas de paye le 29 juin. L'employeur nous dit qu'il fait son possible pour régler le problème, mais rien ne débloque.»

Elle prétend que beaucoup d'employés contractuels du Centre de données fiscales comme elle, mais qui n'ont pas eu de renouvellement de contrat, sont incapables de déposer une demande de prestations à l'assurance-emploi parce qu'elles n'ont pas reçu leur papier de cessation d'emploi.

«Le fédéral me doit 2000$. J'ai besoin de mon argent. Mon propriétaire est bien fin, mais il a une hypothèque à payer», exprime-t-elle.

L'employée privée de revenus affirme qu'elle est incapable d'obtenir de réponses de son employeur puisque le Service national de demande de renseignements, section clientèle rémunération, est embourbé en raison du nombre d'appels logés. Il est donc impossible de parler à un agent.

«Je me sens comme une quêteuse. Il n'est même pas possible d'obtenir une avance de salaire puisque ce serait deux fois plus compliqué. J'ai beau demander qu'on me règle, ça ne bouge pas», affirme la dame quelque peu découragée.

Elle compare la situation à celle d'une «république de bananes» qui serait sur le bord de la faillite, ce qui n'est évidemment pas le cas pour le Canada.

Un problème connu de Karine Trudel

La députée néo-démocrate de Jonquière, Karine Trudel, est bien au fait des difficultés éprouvées par certains employés contractuels du gouvernement fédéral. Elle a été interpellée par certains d'entre eux et elle a elle-même interrogé la ministre des Services publics et de l'approvisionnement, Judy Foote, sur le sujet.

En entrevue, Mme Trudel soutient que cinq employés civils de la base de Bagotville, deux employés de Service Canada et huit employés du Centre de données fiscales de Jonquière ont été privés de paye, dans certains cas jusqu'à deux mois, en raison des problèmes éprouvés avec le système Phoenix. «J'ai moi-même un de mes employés qui a été cinq semaines sans paye. Ce sont des employés qui se sont plaints. On n'a pas le portrait global. Peut-être qu'il y en a d'autres qui ne se sont pas manifestés.»

La députée affirme que le principal problème du nouveau système implanté à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, est qu'il peine à prendre en compte la situation de fonctionnaires n'ayant pas de statut permanent ou ayant des horaires variables.

Elle ajoute que la semaine dernière que le syndicat, Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) a lancé une campagne pour dénoncer la situation et recenser le nombre de cas. Selon elle, 1000 employés victimes de ratés du système ont rapidement fait connaître leur situation.

Mme Trudel affirme que dans plusieurs cas, ce sont des femmes chefs de famille monoparentale qui sont victimes de ces situations et qui, en plus d'être privées de revenus d'emplois, ne peuvent même pas recevoir de prestations d'assurance-emploi.

Au cabinet de la ministre Foote, la directrice des communications, Annie Trépanier, rappelle que la ministre a annoncé une série de mesures afin de pallier à la situation avec l'ouverture d'un bureau satellite à Gatineau qui prévoit la mise en disponibilité d'une centaine de fonctionnaires mandatés pour aider les employés de Miramichi à régler les problèmes de paye.

Des sommes sont également disponibles aider les fonctionnaires en difficultés financières à obtenir de l'aide d'urgence. Denis Villeneuve

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer