Bagotville retrouve ses deux escadrons de chasse

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La base militaire de Bagotville a vécu un moment historique, jeudi dernier, quand elle a retrouvé ses deux escadrons de chasse.

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Normand Boivin
Le Quotidien

La base militaire de Bagotville a vécu un moment historique, jeudi; un moment heureux, car après 11 ans, elle retrouve ses deux escadrons de chasse.

Un pilote de CF-18 originaire de Chicoutimi, le... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 3.0

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Un pilote de CF-18 originaire de Chicoutimi, le capitaine Pierre-David Boivin, remet l'étendard de son escadron au commandant de la base, le colonel Darcy Molstad.

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À son tour, le colonel Darcy Molstad présente l'étendard au nouveau commandant du 433, le lieutenant-colonel William Mitchell.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

C'est avec émotion que le commandant de la base et de la 3e Escadre, le colonel Darcy Molstad, a remis au lieutenant-colonel William Mitchell, au terme d'une cérémonie très protocolaire à laquelle d'anciens commandants du 433 avaient été invités, l'étendard de l'Escadron 433 que l'Aviation royale canadienne avait remisé en juillet 2005.

Pendant 10 ans, le drapeau représentant un porc-épic, l'emblème du 433e escadron tactique de chasse, a reposé au Musée de la Défense aérienne. Il a été ressorti en juin 2015, lorsque l'ARC a décidé de revenir à deux escadrons de chasse à Bagotville, mais cela marquait un long processus qui a connu sa conclusion cette semaine. Le 433 a maintenant son commandant, ses pilotes, ses avions, sa structure administrative et son propre hangar, comme le 425. Il est pleinement opérationnel et c'est d'ailleurs lui qui partira, à la fin du mois, pour l'exercice RIMPAC qui regroupera, à Hawaï et dans le sud de la Californie, 25 000 militaires provenant de 27 pays.

Histoire commune

Pour le commandant Molstad, c'était véritablement un jour de fête, lui qui a commencé sa carrière de pilote comme «ti-pic» du 433. «C'est ici que j'ai développé mon expérience de pilote et intercepté des avions civils venus d'Europe et en route vers les États-Unis le 11 septembre 2001. Quand j'ai mis les pieds à Bagotville en 2000, fier d'être affecté à ce grand escadron, jamais je n'aurais pu imaginer qu'au cours de ma carrière, il remiserait pour une troisième fois son étendard puis rouvrirait à nouveau ses portes. J'aurais encore moins imaginé avoir le grand privilège de présider sa réouverture à titre de commandant de la 3e Escadre», a dit le colonel Moslstad, au cours de la cérémonie qui s'est tenue entièrement en français.

Créé en septembre 1943 en Angleterre et équipé de bombardiers Halifax puis du légendaire Lancaster, l'Escadron 433 a participé à 2316 missions avant d'être dissout une première fois en octobre 1945.

Il renaissait le 15 novembre 1954 à Cold Lake comme l'un des neuf escadrons de CF-100 pour défendre l'espace aérien du Canada, mais sept ans plus tard, il fermait à nouveau ses portes lorsque le gouvernement a décidé de réduire le nombre d'escadrons de CF-100 de neuf à cinq.

Le 26 septembre 1969, l'escadron a été reformé à Bagotville sous le nom de 433e Escadron Tactique de chasse. Pendant que le 425 utilisait des intercepteurs Voodoo, le 433 se spécialisait dans les attaques air-sol avec les CF-5 de fabrication canadienne. Il a été équipé de CF-18 multirôles en 1987, lorsque les CF-5 ont été retirés du service.

Rétablir un nouvel escadron est un exercice complexe, indique le colonel Molstad, car il doit être complètement indépendant de l'autre unité de chasse. Dans le cas du 433, il a fallu pratiquement un an.

L'Escadron 433 compte une quinzaine d'avions, tout comme le 425. Jusqu'en avril 2017, il sera l'unité d'avant-garde de Bagotville, ce qui veut dire qu'il sera toujours le premier à être déployé en cas de besoin. Et pour démontrer toute leur détermination à l'issue de la cérémonie, les membres de l'escadron ont crié à l'unisson, avec le commandant Mitchell, sa devise: «Qui s'y frotte, s'y pique!»

Le Canada jouera un rôle très important

Le Canada va jouer un rôle important lors de l'exercice RIMPAC qui mettra en scène 25 000 militaires des forces aériennes, navales et terrestres de 27 pays, du 30 juin au 4 août. Et le commandant de la 3e Escadre, le colonel Darcy Molstad, ne sera pas en reste puisqu'on lui a confié le commandement de toute la force aérienne canadienne qui va se déployer à Hawaï et en Californie.

Il aura sous sa responsabilité environ 550 membres de l'Aviation royale canadienne et une vingtaine d'aéronefs, dont huit CF-18 de l'Escadron 433, deux patrouilleurs maritimes Aurora de Greenwood et Comox, deux Hercules - un servant au ravitaillement en vol et un modèle J pour le transport -, et un hélicoptère Sea King embarqué sur le NCSM Vancouver. S'ajoutent cinq hélicoptères Griffon et deux Chinook affectés au transport de troupes au sol, qui seront déployés dans le sud de la Californie.

«Pour moi, ce sera un beau défi de coordonner les activités aériennes de deux bases situées à plusieurs milliers de kilomètres de distance», a commenté le colonel Molstad, qui a déjà exercé des fonctions de commandement à RIMPAC en 2012, mais à titre de commandant du 425.

Un exercice évolutif

L'exercice sera évolutif, c'est-à-dire qu'au fil du temps, il deviendra de plus en plus complexe.

Les scénarios mettront à l'épreuve les talents des unités de forces spéciales, de la chasse anti-sous-marine et du combat aérien.

Pour le colonel Molstad, il s'agit d'une belle occasion de démontrer la capacité opérationnelle de son nouvel Escadron 433, lequel sera dirigé par le lieutenant-colonel William Mitchell. Le Canada, qui sera aux premières loges à l'état-major, vise aussi à faire voir sa pleine capacité à se déployer dans le Pacifique avec ses alliés. Ainsi, le numéro deux de l'exercice international, placé tout juste sous la direction d'un général américain trois étoiles, est un Canadien, l'amiral Bishop. C'est ce tandem qui dirigera les armées de l'air, de terre et de mer. En dessous d'eux, un autre Canadien, le général Frawley, dirigera pour sa part les forces aériennes des 27 pays.

Rappelons que la 2e Escadre de Bagotville est aussi déployée pour cette mission, car 80 militaires ayant pour tâche de préparer les infrastructures d'accueil de la force aérienne canadienne sont partis pour Hawaï mardi.

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