Le prix devrait encore baisser

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Le prix pour le bleuet devrait continuer de baisser au cours des prochaines années.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Le prix du bleuet devrait continuer à baisser au cours des prochaines années à cause de l'augmentation fulgurante de la production mondiale.

Il s'agit de l'un des enjeux évoqués dans la monographie du bleuet présentée par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) devant la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec. «La concurrence s'est accentuée et elle provient non seulement de régions cultivant le bleuet sauvage, mais aussi des pays qui produisent le bleuet en corymbe en abondance et qui le commercialisent de plus en plus sous forme congelée. Il peut s'en suivre une baisse des prix, qui risque de se perpétuer, voire d'augmenter. La distinction du produit québécois ne suffira pas à contrer cette diminution sur les marchés», a-t-on exposé lors de l'audience.

En effet, en 2013, 24 pays produisaient du bleuet (corymbe et sauvage). Le Chili est rendu le plus important exportateur de ce fruit (37%). Ce pays a délogé les États-Unis (23,5%) et le Canada (14%). Selon Bleuets sauvages du Québec (BSQ), la production mondiale est passée en 10 ans de 500 millions de livres à deux milliards de livres. Une progression fulgurante qui amène les prix à la baisse parce qu'il y a plus d'offres que de demande. Même si la consommation mondiale du petit fruit est en hausse, le marché est inondé. Les inventaires de surgelés sont importants. Au Canada, la consommation de bleuet par personne est passée de 1,3 kg à 3kg de 2010 à 2014.

En plus, de la concurrence mondiale, le Québec doit surveiller de près le Nouveau-Brunswick dont la croissance de superficie de bleuetière est en forte hausse. «Il faut surveiller cette province. Il y a des pertes de marché possible. Éventuellement, ça pourrait devenir plus difficile», a indiqué Marie-Claude Rioux lors de la présentation de l'état des lieux du bleuet.

Surtout que les rendements à l'hectare sont de 3357 kilos dans cette province comparativement à 2006 kilos au Québec. Un avantage sur les coûts de production. Ce rendement est dû à la situation géographique des maritimes et à l'utilisation de pesticide.

La stratégie du Québec est donc de miser sur le côté biologique et naturel de son fruit . «C'est la qualité de notre bleuet qui sera exempt de pesticide qui va nous sauver. On va toujours essayer d'avoir un peu plus que le prix de base à cause du côté distinctif de notre bleuet. Par contre, on ne pourra pas avoir 50 cents de plus», avance Jean-Pierre Senneville de Bleuets sauvages du Québec.

Le MAPAQ quant à lui croit que les producteurs n'auront pas le choix d'accroître leur productivité dans les bleuetières.

Industrie importante

Reste que l'industrie du bleuet est très importante économiquement au Québec et dans la région. Comme la production a augmenté au cours des dernières années, cette hausse s'est répercutée sur les revenus d'exportation. Ce sont 73,1 M$ de bleuets qui ont été exportés en 2014 comparativement à 44 M$ en 2010. La plus grosse année a été celle de 2012 avec près de 90 M$.

Le plus gros joueur de l'industrie au Québec, BSQ, est le 2e plus grand exportateur de bleuets de la planète et le 1er au Japon avec 15% de la production écoulé dans ce pays. L'entreprise qui a un chiffre d'affaires entre 50 et 100 M$ exporte dans 30 pays et compte des clients comme Danone et Nestley. Elle emploie l'équivalent de 600 personnes par année.

Au Québec, en 2015, il y avait plus de 35 000 hectares de bleuetières dont 29 000 (82%) se trouve dans la région.

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