Un cri du coeur des syndiqués

À l'initiative de la députée néo-démocrate de Jonquière,... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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À l'initiative de la députée néo-démocrate de Jonquière, Karine Trudel, des travailleurs de l'usine de Kénogami, des leaders syndicaux d'autres usines du groupe et des représentants du député Sylvain Gaudreault se sont rassemblés, vendredi matin.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Les travailleurs de l'usine de Kénogami de Produits forestiers Résolu (PFS) et leurs collègues des usines de Dolbeau et Mistassini en ont assez des tergiversations du gouvernement de Justin Trudeau dans le dossier de l'imposition par les Américains d'une taxe à l'exportation de 18 % sur le papier surcalandré. Ils pressent le fédéral de former le plus rapidement possible un groupe binational en vertu de l'article 19 de l'ALENA ainsi qu'un panel de l'Organisation mondiale du commerce.

Ce conflit a pour effet que les travailleurs de Kénogami seront en congé forcé pour arrêt de production de 14 jours plutôt que les 11 annoncés plus tôt.

À l'initiative de la députée néo-démocrate de Jonquière, Karine Trudel, une centaine de travailleurs de l'usine de Kénogami, des leaders syndicaux des autres usines du groupe, Alain Gagnon, du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida et des représentants du député Sylvain Gaudreault se sont rassemblés, vendredi matin, dans le stationnement de l'usine afin de porter un message clair à la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland.

Dans son discours, Mme Trudel a déclaré que le gouvernement Trudeau se traîne les pieds dans le dossier du papier surcalandré puisqu'il avait promis que le problème serait réglé dans les 100 premiers jours de son mandat. Selon elle, avec trois mois de retard, il a finalement décidé d'amorcer la procédure de contestation de la surtaxe de 17,87 %, démontrant ainsi une nonchalance envers les dossiers régionaux. «Pendant ce temps, les usines de Kénogami et Dolbeau de Résolu subissent des pertes de 30 millions $ qui viennent s'ajouter aux pertes des sous-traitants et des scieries. J'invite la ministre Freeland à venir voir nos familles sur le terrain pour voir ce qu'elles subissent et à régler la situation», a soutenu Karine Trudel.

Cette dernière soutient que le gouvernement libéral utilise comme prétexte l'argument des consultations pour ne pas agir.

Au nom des trois syndicats de l'usine, Régis Duchesne, du Syndicat de l'usine de Kénogami, a interpellé la ministre en rappelant que Kénogami n'a reçu aucune subvention contrairement à l'usine néo-écossaise Port Hawkesbury Paper qui a reçu en 2012 une aide provinciale de 124 millions $ en plus d'obtenir un rabais sur l'électricité pour l'ajout de 400 000 tonnes de papier fin sur le marché, ce qui a fait l'objet d'une plainte par la Coalition for fair Paper Import qui a été retenue par la Commission du commerce international des États-Unis. À la suite de la décision, les États-Unis ont annoncé en octobre 2015 l'établissement de droits compensateurs sur les importations canadiennes de papier satiné. «Le protectionnisme américain a fait perdre 20 000 emplois. Le fédéral et le provincial ont le devoir de défendre l'industrie. Si c'était l'automobile et l'aéronautique, ils seraient beaucoup plus rapides. Les gouvernements manquent d'agressivité.»

Pascal Cloutier, président du Syndicat de l'usine de Dolbeau, a mentionné qu'aucun gouvernement n'a intérêt à ce que les deux usines ferment leurs portes tout en rappelant qu'après trois interpellations, rien n'a bougé. «C'est un manque de respect total envers la région. La taxe de 18 % met nos emplois en péril. À partir du moment où le comité binational sera formé, on en aura encore pour un bout de temps avant que ça se règle.»

Les représentants des travailleurs ont rappelé que lors de la dernière crise forestière, l'industrie a payé sept milliards $ en droits compensateurs et qu'un milliard $ a été laissé sur la table après le règlement du litige avec les Américains, de l'argent qui n'a jamais pu servir à la modernisation de l'industrie.

Daniel Leblond, du Syndicat de Mistassini, croit que l'imposition du droit compensateur n'est qu'un prétexte pour les Américains pour combattre l'industrie canadienne du bois d'oeuvre. Plusieurs on dit espérer que la venue du premier ministre Justin Trudeau, en août prochain, ne servira pas uniquement à faire de belles photos et que les problèmes de l'industrie forestière seront abordés franchement

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