La stratégie de l'employeur dénoncée

Les syndiqués de l'usine Rémabec de L'Ascension dénoncent... (Archives, Le Quotidien)

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Les syndiqués de l'usine Rémabec de L'Ascension dénoncent la façon de faire de l'employeur en la comparant aux «méthodes des années 1960».

Archives, Le Quotidien

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Les membres du Syndicat des travailleurs de la scierie Rémabec de L'Ascension affilié à la CSD ne porteront pas l'odieux de l'échec d'un projet de modernisation de 30 millions$ sous prétexte qu'ils refusent des modifications à la convention collective de travail. Ils invitent l'employeur à abandonner «ses méthodes des années 60 dans la gestion des relations de travail».

«Réjean Paré se promène un peu partout et place des affiches sur l'importance du capital humain. Pendant ce temps, le négociateur patronal Christian Painchaud nous dit qu'il va casser le syndicat ou que c'est lui qui a les clés de l'usine dans les mains et qu'il peut la fermer quand il veut», résume le président Steeve Boudreault, furieux de la stratégie de l'employeur de vouloir faire passer les syndiqués de L'Ascension pour des travailleurs qui refusent le changement.

«Au contraire, reprend le leader syndical, les travailleurs de L'Ascension ont traversé beaucoup de situations difficiles (ventes, faillites), et ont toujours su relever les bras pour que l'usine survive. Nous sommes aussi conscients que l'usine a besoin de modernisation. Mais l'employeur ne profitera pas de cette modernisation pour transformer la convention collective en cahier de pages blanches.»

L'offre globale et finale de l'employeur a été rejetée par 100% des syndiqués. Ces derniers n'en revenaient pas d'une telle charge contre des gains obtenus au fil des ans et dans bien des cas accordés pour compenser des pertes importantes comme la fermeture d'un régime de retraite. Au total, les demandes patronales signifient une perte monétaire de l'ordre de 12% par année pour chaque travailleur.

«Ce n'est pas tout de perdre 12% par année en incluant les avantages et autres éléments de la convention. L'employeur a décidé d'implanter des nouveaux horaires de travail sans aucune consultation. On se retrouve avec l'horaire de 12 heures pendant sept jours avec quatre jours de congé. Il n'y aucune prime pour le travail de nuit ou de fin de semaine comme si les gens n'avaient pas de vie et que tout ce qui compte est le confort du propriétaire.»

Steeve Boudrault affirme que les relations de travail ont toujours été correctes à L'Ascension. Le syndicat a toujours offert sa collaboration dans les moments difficiles. Aujourd'hui, il croit que l'employeur veut profiter de l'occasion pour faire financer la modernisation par les salariés. La convention collective de la scierie de L'Ascension, insiste le leader syndical, est dans la moyenne des conventions du secteur du sciage au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans cet affrontement qui se dessine, le syndicat a d'autres griefs encore plus sérieux contre le propriétaire Rémabec. «C'est l'employeur qui a demandé de renégocier la convention en janvier. Nous avons tout mis en oeuvre pour accélérer les choses. Le syndicat a investi 20 000$ en frais de négociation et rien n'avance. On nous convoque pour des rencontres de quelques minutes pour nous dire que c'est à prendre ou à laisser. Ils ne sont même pas capables de louer des salles pour nous permettre de travailler convenablement.»

Pendant un temps, Rémabec tentait de convaincre que le syndicat de L'Ascension que les travailleurs de la scierie de Port-Cartier étaient ouverts aux changements proposés. Une rencontre des deux directions syndicales a permis à ceux de L'Ascension de découvrir que le même manège était déployé à Port-Cartier «pour tenter d'en arracher le plus possible aux travailleurs».

L'entreprise a d'autre part conclu une entente de principe avec les travailleurs forestiers affiliés au syndicat Unifor. L'entente n'a pas encore été signée et l'employeur a fait valoir aux forestiers que la convention sera paraphée lorsque les salariés de la scierie auront accepté le contrat de travail. «On a vu des propriétaires de machinerie forestière venir dans la cour de la scierie pour mettre de la pression. Tout le monde habite dans les municipalités et à Alma et l'employeur est en train de créer un climat très malsain en mettant de la pression comme il le fait. Mais ça ne changera pas notre position.»

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