Incendie à l'Hôpital de Roberval: un impact immense pour le personnel

Sandra Chiasson... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Sandra Chiasson

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

« C'est énorme et la population n'en a pas conscience. J'ai 420 membres et les trois quarts sont affectés par l'incendie. Quand j'entends que ce sont les médecins qui en souffrent, les deux bras me tombent. Les impacts sont immenses chez nos professionnelles. »

Voilà le reflet de la situation des infirmières auxiliaires, infirmières et inhalothérapeutes de l'hôpital de Roberval, telle que décrite par la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Sandra Chiasson.

L'incendie qui a ravagé le bloc opératoire, le 6 mai dernier, a causé des séquelles importantes chez les professionnelles de la santé qu'elle représente. Depuis l'événement, des dizaines de personnes ont vu leur milieu de travail complètement chambardé.

Outre celles qui ont des postes permanents à temps complet, les nouvelles employées qui avaient un horaire complet pour l'été se retrouvent maintenant le bec à l'eau. « J'ai environ 90 détentrices de postes. Plusieurs de ces personnes sont déplacées d'un département à l'autre. D'autres ont commencé à voyager. C'est très déstabilisant », affirme Mme Chiasson.

« Les gens sont inquiets. J'ai environ 100 jeunes qui ont des horaires de deux jours par semaine. Elles devaient travailler à temps complet pour les remplacements d'été, mais celles qui ont plus d'ancienneté ont finalement comblé les heures. Nos jeunes ont vu leur horaire jeté par terre. C'est l'économie régionale qui va en souffrir. »

Depuis lundi, des membres de la FIQ ont commencé à voyager pour dispenser des services à leur clientèle, mais à partir des hôpitaux de Dolbeau-Mistassini et Alma. Chaque jour, 25 personnes seront sur la route. Le déplacement s'effectuera pendant les heures de travail, leur port d'attache étant à Roberval.

Malgré une visite des nouveaux lieux de travail, la semaine dernière, la déléguée syndicale mentionne que ses collègues auront à s'adapter à leur nouvel environnement.

« C'est un gros bateau et tout un arrimage! Quand ces gens-là partent en salle d'opération, c'est la vie de nos patients qu'ils ont entre leurs mains. On les sort de leur zone de confort et je leur lève mon chapeau. »

Au CIUSSS, le conseiller en communication, Marc-Antoine Tremblay, affirme que les conventions collectives doivent s'appliquer. « C'est un événement exceptionnel et nous sommes très sensibles à la situation. Nous tentons de nous organiser le mieux possible pour minimiser les impacts chez le personnel. Nous avons une excellente collaboration des syndicats. »

APTS

Du côté de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), à Roberval, deux remplacements en réadaptation ont été cessés. Aucun intervenant n'a été déplacé à ce jour.

L'impact se vit surtout dans les milieux où les chirurgies ont été déplacées. À ce titre, le syndicat interpelle l'employeur afin qu'une meilleure planification soit effectuée.

« Il y a plus de lits occupés, donc ça augmente le nombre de demandes en réadaptation pour le postopératoire. En nutrition, nous avons aussi plus de besoins à la cuisine et à la cafétéria. Pour ce qui est de la radiologie, les technologues en imagerie médicale sont davantage appelées à se rendre en salle d'opération. Ça exige plus de ressources pour répondre à la demande et nous voulons collaborer à la planification des horaires de travail », affirme Lynn Brie, répondante politique de l'APTS au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L'appel logé à la CSN par le journal n'a pas été retourné.

Le bloc opératoire reprendra du service au début de l'an prochain

Le bloc opératoire de l'hôpital de Roberval reprendra du service au début de l'année 2017. Le CIUSSS met les bouchées doubles pour accélérer la reconstruction du département.

« Les travaux de démolition sont presque terminés. Ça va aller rapidement. Nous travaillons vraiment très fort pour être en mesure de reprendre possession du bloc opératoire dans un horizon pas si lointain », assure Marc-Antoine Tremblay, porte-parole du CIUSSS.

En ce qui a trait à la cause du sinistre, ce dernier précise que les experts des compagnies d'assurances sont toujours sur place afin de procéder aux investigations requises. M. Tremblay maintient que la cause électrique demeure l'hypothèse la plus plausible à l'heure actuelle.

La chirurgie générale et l'oto-rhino-laryngologie sont dispensées au centre hospitalier de Dolbeau-Mistassini. Les interventions orthopédiques s'effectuent à Alma, alors que celles de la Clinique de la douleur se font à Jonquière.

Quant aux endoscopies digestives, celles-ci sont offertes à Roberval. Le département de l'ophtalmologie reprendra aussi ses activités à Roberval, mais la date reste à déterminer.

« Les patients concernés seront tous rejoints par le personnel du CIUSSS et informés que leur intervention sera planifiée dans le bloc opératoire correspondant. L'ordre des priorités des interventions est établi par l'entremise d'une évaluation clinique », précise Marc-Antoine Tremblay.

Pour ce qui est des accouchements et des césariennes, les futurs parents doivent continuer d'aller aux hôpitaux de Dolbeau-Mistassini et d'Alma.

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