La pétition de 22 000 noms déposée à l'Assemblée nationale

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Plusieurs citoyens et élus étaient rassemblés pour voir le dépôt en direct de la pétition, dont la conseillère de Lac-Kénogami, Christine Boivin (à gauche).

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Une pétition de plus de 22 000 signatures a été déposée vendredi matin à l'Assemblée nationale en appui au service de médecins à domicile Jonquière-Médic.

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Le Dr Roger Gagnon a pris la parole en conférence de presse vendredi, avec le président de Jonquière-Médic, Berhnard Simard.

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Une quarantaine de personnes enthousiastes, dont des élus de Saguenay, étaient réunies pour regarder en direct le dépôt de la pétition par le député jonquiérois et chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault. Près de mille autres citoyens ont donné leur nom, mais trop tard pour qu'ils soient comptabilisés officiellement. Environ 630 témoignages ont aussi été acheminés au premier ministre Philippe Couillard par courriel.

Avec la nouvelle entente intervenue entre le gouvernement et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), la rémunération pour les visites à domicile est considérablement réduite. Cela met en péril la sauvegarde de l'organisme, dont 40% du financement provient de ses médecins.

La pétition pour assurer le financement et la reconnaissance de Jonquière-Médic demande la négociation d'une entente particulière et fait valoir que plus de 11 000 visites à domicile sont effectuées chaque année, ce qui permet de désengorger les urgences.

«Considérant qu'il y a 44 000 électeurs inscrits à Jonquière, c'est plus de la moitié de la population qui dit qu'elle veut garder Jonquière-Médic. C'est une très grande fierté, surtout que les conseillers municipaux de Saguenay et les députés nous soutiennent aussi. On voit enfin une éclaircie et de l'espoir. Maintenant, la balle est dans le camp du gouvernement», déclare le président de l'organisme, Berhnard Simard.

La pétition sera transmise à la commission parlementaire de la santé et des services sociaux, formée de sept députés, qui décidera de l'étudier ou non. Le délai sera cependant plus long, puisqu'elle doit normalement reprendre ses travaux à l'automne seulement.

En une semaine, 1104 signatures sur le site de l'Assemblée nationale et 20 977 en version papier ont été amassées. Le service devrait pouvoir continuer d'opérer jusqu'en août dans l'état actuel de la situation.

«Ouverture extraordinaire»

Jonquière-Médic se réjouit de «l'ouverture extraordinaire» montrée par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) plus tôt cette semaine afin de négocier une entente particulière pour l'organisme qui permettra une «juste rémunération» des médecins pour leurs visites à domicile.

Le fondateur du service, le Dr Roger Gagnon, a rencontré mercredi après-midi à Québec le directeur général de la FMOQ, le Dr Louis Godin. Celui-ci se serait montré très impressionné par l'efficacité de l'organisme et prêt à établir une stratégie pour assurer son avenir.

Présentement, 40% du financement de Jonquière-Médic provient des médecins qui donnent 15% de leurs honoraires. Le nouveau système de facturation, en vigueur depuis le 1er juin, prévoit un coût d'une vingtaine à une quarantaine de dollars pour les visites à domicile, alors qu'il pouvait aller jusqu'à 71$ auparavant.

«La rémunération des médecins a pris une tournure plus politique que le Dr Godin l'aurait pensé. Il nous a dit que l'intention de la fédération n'a jamais été de viser Jonquière-Médic et que nous étions une victime collatérale. Nous avions le choix de parler à la FMOQ ou au ministre de la Santé, mais il a déjà montré ses cartes. Pour une fois, on a été entendu et on a compris ce que nous faisons», explique le Dr Gagnon.

Au cours des deux prochaines semaines, l'organisme et la FMOQ analyseront chacun de leur côté les interventions réalisées par les médecins de Jonquière-Médic pour établir la bonne facturation, puis compareront leurs résultats afin de pouvoir négocier clairement avec le gouvernement selon le manque à gagner.

«C'est une question d'interprétation, poursuit le Dr Roger Gagnon. La fédération connaît mieux ce à quoi on a droit selon la nouvelle entente, vu que c'est elle qui l'a négociée. On va ensuite pouvoir savoir nos besoins réels et demander une prime juste pour les visites à domicile, particulièrement pour Jonquière-Médic, et les autres qui veulent en profiter vont devoir respecter des exigences.»

À son avis, le but du gouvernement est de placer les médecins où ils sont les plus efficaces, c'est-à-dire en cabinet. Dans un groupe de médecine familiale, ils peuvent voir une quinzaine de cas par jour. «Nous, c'est trente, fait valoir le Dr Gagnon. La fédération était surprise. Notre mode de fonctionnement, où le médecin est accompagné, fait en sorte qu'il peut se concentrer uniquement sur la prise en charge du patient.»

Jonquière-Médic a également plusieurs ententes avec le milieu, ce qui lui permet d'intervenir la journée même auprès de personnes vulnérables, par exemple celles qui sont suivies par des cliniques spécialisées, et d'éviter leur hospitalisation. «On ne fait pas juste traiter des otites! Ça, ça fait sauver beaucoup d'argent au gouvernement.»

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