Il risque la prison pour avoir agressé ses soeurs et sa nièce

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Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, suggère une peine de deux ans moins un jour de prison ferme. Il justifie sa demande en raison du nombre de victimes (trois), de la répétition des gestes et de la gravité de ceux-ci, dont les fellations et la tentative de pénétration.

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Le Quotidien

Un homme de 64 ans doit attendre jusqu'au 15 août pour savoir si les trois infractions sexuelles commises à l'endroit de ses deux soeurs et de l'une de ses nièces le conduiront sous les verrous ou s'il purgera une peine en société.

L'individu du secteur de La Baie a plaidé coupable, il y a plusieurs mois, à deux chefs de grossière indécence, à deux chefs d'attentats à la pudeur et d'un chef d'attouchement sexuel.

Le client de Me Richard Poitras a commis ses actes indécents dans les années 70. Il avait notamment fait des attouchements sexuels à sa jeune soeur âgée alors de six ans et l'avait forcée à lui faire deux fellations. Il avait même essayé de la pénétrer.

Il a commis d'autres gestes de grossière indécence et d'attentat à la pudeur contre une autre de ses soeurs quelques années plus tard.

Tranquille durant plus de 20 ans, le camionneur a repris les actes auprès de la fille de l'une de ses premières victimes.

Mercredi matin, le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a entendu les représentations sur sentence. Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, suggère une peine de deux ans moins un jour de prison ferme, alors que Me Poitras, en défense, réclame plutôt une sentence de six à 14 mois en société.

Les dénonciations ont été faites en juin 2014, plus de 45 ans après les premières infractions. Les soeurs de l'individu ont attendu, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'histoires, le décès de leur mère pour dénoncer la situation, ce qui explique le long délai.

C'est lors de la succession que les choses sont ressorties. Les reproches ont été faits au frère aîné et les plaintes à la police ont été signifiées.

Me Lebel justifie sa demande en raison du nombre de victimes (trois), de la répétition des gestes et de la gravité de ceux-ci, dont les fellations et la tentative de pénétration.

«Je qualifierais le rapport présentenciel de mi-figue, mi-raisin. Monsieur a de la difficulté avec l'introspection et manque d'empathie envers les victimes. Le risque de récidive est faible, car il n'a pas eu accès à des jeunes depuis un certain temps. Mais les facteurs contributifs de passage à l'acte sont toujours là», soutient le procureur de la Couronne.

«Il faut savoir que les impacts ont été sérieux et sont toujours tangibles chez les victimes. Celles-ci ont été en prison durant une grande partie de leur vie. Elles ont marché la tête basse, pendant que leur agresseur se promenait la tête haute. Je crois que les rôles sont inversés aujourd'hui», a tranché Me Lebel.

En défense, Me Poitras croit qu'une peine de prison ferme ferait en sorte d'obliger l'accusé à perdre sa maison et son travail, alors qu'il est présentement un actif pour la société.

«Même si ça ne justifie pas les gestes, mon client a aussi été abusé sexuellement dans son enfance. Lorsqu'il a commis ses premiers gestes à l'âge de 18 ans, sa vision sexuelle était celle qu'il avait eue plus jeune», indique le criminaliste.

«Quant aux grandes lignes du rapport présentenciel, le matin où il a rencontré la probation, il avait terminé son quart de travail à 7 h 30 et devait être là à 9 h. Ce n'était peut-être pas le moment idéal. Les choses s'expliquent», a ajouté son avocat.

Le juge Boudreault aurait été en mesure de prononcer la sentence immédiatement, mais va prendre le temps de la rédiger. Elle sera rendue le 15 août.

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