Les missions du groupe Coderr

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La directrice générale et le président de Coderre, Élaine Rochon et Patrice Gobeil

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Le titre de Lauréat du mois de mai 2016 Le Quotidien/Radio-Canada est décerné aujourd'hui au groupe Coderr. L'organisation dotée d'une mission d'insertion sociale a décroché le prix Accroissement de la productivité - PME lors du dernier gala des Mercuriades.

Tout a commencé à la fin des années 70, à une époque où l'environnement commençait à peine à faire partie du discours public. Des bénévoles se sont regroupés pour offrir des activités de récupération et de recyclage. Quelques années plus tard, cette initiative a mené à la création de la Corporation de développement de la récupération et du recyclage en région (CODERR). L'organisation s'est progressivement transformée en une entreprise d'économie sociale aujourd'hui responsable de la collecte résidentielle de la MRC Lac-Saint-Jean-Est. Un domaine normalement occupé par les entreprises privées traditionnelles.

«Ça prend des élus, des municipalités, qui ont quand même eu une certaine vision pour aider à la création d'un joueur dans un marché qui est plutôt occupé par des multinationales. Mais maintenant, on fait la différence au niveau du marché. Laisser les multinationales aller, c'est leur laisser concentrer le marché et une fois qu'ils ont éliminé les joueurs locaux, ils ont un quasi-monopole et fixent les prix et conditions qu'ils veulent», pointe le président de Coderr, Patrice Gobeil.

Le groupe s'est démarqué au fil des ans dans le domaine de la récupération et du recyclage. Les élus de la MRC Lac-Saint-Jean-Est ont d'ailleurs eu assez confiance en l'organisation de réinsertion sociale pour lui confier le contrat de collecte sur le territoire. Mais pour laisser ce mandat à cette organisation, les municipalités ont dû convaincre le gouvernement. La loi ne permettait plus aux villes d'octroyer des contrats de gré à gré avec une entreprise de collecte de déchets. Les élus devaient choisir le plus bas soumissionnaire trouvé par appel d'offres. La MRC tenait tellement à conserver Coderr qu'elle a réussi à obtenir une dérogation ministérielle pour ce cas bien précis. Une seule autre organisation du genre au Québec bénéficierait d'un tel traitement de faveur.

Le groupe qui compte 75 employés détient le contrat de collecte depuis 2005. L'entente, qui représente un montant de 2 millions$ par année, a été récemment renouvelée jusqu'en décembre 2019. «On se fait souvent comparer à une police d'assurance. La RMR (Régie des matières résiduelles) a un comparatif avec nous. On agit aussi comme la boîte à projets pilotes de la RMR. Par exemple, en ce moment, on regarde comment on peut détourner de l'enfouissement les matelas et les sommiers. On a même réussi à faire un banc de parc avec ces matières. Mais on est encore en période de tests», donne en exemple la directrice générale de Coderr, Élaine Rochon.

«On est aussi une vraie business. Oui, on a une vocation sociale. Mais on voit les mêmes opportunités et on doit relever les mêmes défis que l'entreprise privée. Et le prix qu'on a reçu aux Mercuriades, on le prend pour l'implantation de systèmes qui ont permis d'accroître la productivité», ajoute M. Gobeil.

«Les valeurs à la bonne place»

«Les valeurs à la bonne place.» Le slogan du groupe Coderr représente bien sa mission. Au-delà des contrats de collecte de déchets, l'organisation vise un but bien précis, la réinsertion sociale. Dans ses différentes divisions, dont le traitement de papiers et la friperie, le groupe aide plus d'une soixantaine de personnes annuellement.

«Le jour où cette mission d'insertion sociale n'est plus là, Coderr n'existe plus. On ne fera pas juste des poubelles. Oui, on met des efforts dans la collecte, car il faut être rentable. On le fait pour ensuite financer nos autres projets», pointe la directrice générale, Élaine Rochon.

Le gouvernement finance des stages de réinsertion sociale. Le groupe souhaite toutefois être en mesure de générer suffisamment de profits pour aider plus de gens. Et les résultats financiers des dernières années permettent au président d'y croire. Le président de l'organisation, Patrice Gobeil compare d'ailleurs son organisation avec celle du Grand défi Pierre Lavoie.

«On vit une situation un peu parallèle. Ça fait longtemps que notre situation financière est bonne et qu'on a des projets, qu'on capitalise. Ce n'est pas vrai qu'un OSBL ne doit pas faire d'argent. C'est ce qu'on fait avec l'argent qui fait la différence. On a accumulé les surplus, comme le Grand défi a fait, dans le but de réaliser certains projets», insiste M. Gobeil. Ce dernier travaille d'ailleurs à l'élaboration d'un programme de réinsertion maison. Son groupe veut aider une clientèle qui est écartée des catégories financées par le gouvernement. Un projet qui viendrait répondre à un «désengagement» de l'État.

«C'est embryonnaire. Mais on a le voeu de développer un projet de maison d'insertion. On pourrait mettre en place un projet qui est le nôtre, en dehors des catégories formellement financées par le gouvernement. On le financerait avec nos surplus», précise-t-il.

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