Les producteurs laitiers manifestent à Ottawa

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«On a besoin que notre gouvernement mette ses culottes, contrôle les frontières et travaille pour nous», a plaidé Chris Ryan, un fermier de St-Isidore en Ontario, qui avait amené sa vache baptisée Ninja à la manifestation.

Justin Tang, La Presse Canadienne

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Laura Lévesque
Le Quotidien

La colère monte d'un cran chez les producteurs laitiers. Des milliers d'agriculteurs, dont une centaine provenant de la région, ont manifesté bruyamment à Ottawa, jeudi, pour dénoncer l'inaction du gouvernement de Justin Trudeau dans le dossier du lait diafiltré.

Le 3 mai dernier, les députés libéraux ont rejeté la motion du NPD visant à contrôler l'importation de ce concentré protéique provenant des États-Unis et qui sert à la fabrication de produits laitiers, dont le fromage. Le ministre de l'Agriculture avait alors promis aux producteurs de les consulter pour trouver une piste de solution dans les 30 jours suivant le rejet de la motion. Un mois plus tard, les agriculteurs n'ont toujours pas eu de réponses satisfaisantes du ministre Lawrence MacAulay.

« On espère que notre message a été entendu aujourd'hui. Parce qu'on n'arrêtera pas là. S'il n'y a pas de nouveau développement à court terme, il y aura d'autres actions de notre part. Et elles seront moins pacifiques que celle d'aujourd'hui (hier) », laisse tomber Yvon Simard, président régional de l'Union des producteurs agricoles (UPA).

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Karine Trudel a manifesté avec les producteurs, jeudi, devant le Parlement.

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Des centaines de producteurs ont aussi déposé leurs bottes autour de l'édifice pour rappeler au gouvernement que ses «bottines ne suivent pas les babines.

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Plusieurs agriculteurs ont fait leur entrée à Ottawa en tracteur et quelques-uns ont amené une vache sur la colline du Parlement. Des centaines de producteurs ont aussi déposé leurs bottes autour de l'édifice pour rappeler au gouvernement que ses « bottines ne suivent pas les babines. »

Justin Trudeau s'était engagé à protéger l'intégrité de la gestion de l'offre en campagne électorale. Mais l'importation de lait diafiltré fragilise ce système. Ce produit est considéré comme un ingrédient aux frontières, échappant ainsi au contrôle prévu dans la gestion de l'offre, dont les tarifs douaniers. Mais en ajoutant de l'eau, le produit devient du lait à moindre coût qui est utilisé dans la fabrication de fromage et de yogourt.

Députée de Jonquière, Karine Trudel a manifesté avec les producteurs de la région, jeudi. L'élue, qui défend ce dossier depuis son élection, rappelle que ces importations font perdre beaucoup d'argent aux agriculteurs.

« Dans la région, c'est 250 000 $ par mois qui sont perdus. C'est l'équivalent de cinq emplois directs », pointe Mme Trudel. « Les producteurs se sentent délaissés. Le gouvernement ne respecte pas sa parole. C'est sûr que le ton monte. Ils devaient répondre aux producteurs dans les 30 jours, mais rien n'a été fait », ajoute la députée de Jonquière.

Représentant libéral dans Chicoutimi, Denis Lemieux assure que son gouvernement a toujours la gestion de l'offre au coeur de ses priorités. Le député croit toutefois qu'une mesure rapide, dont cette motion du NPD, ne sera pas suffisante pour régler cet enjeu qui va bien au-delà des importations de lait diafiltré. Les producteurs réclament également des compensations pour les pertes de quelque 400 millions $ causés par l'entrée en vigueur des ententes de libre-échange du Partenariat transpacifique (PTP) et de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne.

« Il y a d'autres éléments qui touchent aussi la gestion de l'offre, dont les accords internationaux. Il faut considérer tous les enjeux, pas seulement le lait diafiltré. Pour trouver des solutions efficaces à long terme, ça prend plus qu'un coup de baguette magique. On est mieux d'attendre et avoir une bonne solution plutôt que de se réveiller avec une mauvaise. Je pense qu'au final, les producteurs seront contents de notre travail. Dans des périodes de négociation, des jours on passe bien et d'autres moins », indique le député libéral, admettant que ces importations font davantage mal au Québec, une province qui fabrique plus de fromage et de yogourt que dans l'Ouest.

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