Projet du Centre d'excellence des drones

Un banc d'essai pour les drones à Alma

Le Centre d'excellence des drones (CED) projette d'aménager un minivillage à... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Normand Boivin
Le Quotidien

« Il nous permettra de tester les systèmes et de former les pilotes en situation réelle », explique son directeur général, Marc Moffatt. « Il y aura quelques rues, des bâtiments et des câbles électriques qui nous permettront de créer différents scénarios. Les bâtiments seront en bois et en aluminium pour mesurer les interactions de différents matériaux avec les systèmes de détection des drones. »

Cet aménagement sera au coeur du centre de préqualification et de formation pour lequel le CED vient d'obtenir un engagement de 800 000 $ du gouvernement du Québec. M. Moffatt espère maintenant une aide du fédéral et peut-être une contribution du privé pour compléter les 2,2 M$ nécessaires au financement du projet.

« Au Québec, PMG Technologies sert de banc d'essai de Transport Canada pour les véhicules routiers. Nous voulons être celui des drones et le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) est intéressé par notre projet », reprend Marc Moffatt.

Ainsi, lorsqu'une compagnie voudra fabriquer un drone pour une mission spécifique, on pourra le tester à Alma.

Par exemple, si on met au point un drone permettant aux policiers d'approcher une résidence où il y a une prise d'otage, on développera un scénario pour tester ses capacités en situation réelle avant de l'approuver.

Par la suite, poursuit Marc Moffatt, on pourra donner la formation à ceux qui vont l'utiliser.

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Marc Moffatt accueille près de 150 personnes pour deux jours à Alma.

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Réflexion

Près de 150 chercheurs, utilisateurs et spécialistes de la règlementation sont réunis pour deux jours à Alma, à l'initiative du CED.

Le but est de partager ce qu'ils vivent à différents niveaux, car tout est encore à faire dans ce domaine. En effet, même si tous s'entendent pour dire que les drones, déjà utilisés par l'industrie militaire, ont un bel avenir dans le civil, ils sont actuellement comme un chien dans un jeu de quilles. Transport Canada, qui réglemente l'utilisation de l'espace aérien, interdit encore la cohabitation entre des aéronefs conventionnels et ceux sans pilotes, pour des raisons évidentes de sécurité. Par conséquent, lorsque les drones prennent leur envol, soit leur rayon d'action doit être limité à la portée visuelle du pilote qui est au sol, soit ce sont les autres avions qui doivent rester au sol, comme c'est le cas dans la zone d'essais d'Alma. Ailleurs au Canada, un drone ne peut voler si son pilote ne le voit pas.

Le but ultime, c'est qu'un jour les drones puissent décoller d'un aéroport comme n'importe quel aéronef sans restriction pour le reste du trafic aérien. « Nous comprenons qu'il y a une problématique, et nous cherchons les moyens pour avoir des opérations légales et sécuritaires », conclut Marc Moffatt.

Le défi des drones: voir et se faire voir

Même les drones militaires de surveillance qui volent... (Photo tirée d'Internet) - image 5.0

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Même les drones militaires de surveillance qui volent à plusieurs dizaines de milliers de pieds d'altitude comme le Global Hawk ont des restrictions au moment du décollage et de l'atterrissage.

Photo tirée d'Internet

Intégrer le plus rapidement possible les drones dans le trafic aérien, c'est aussi ce que souhaite de tout coeur Robert Aubé de Kongsberg Geospatial. Sa compagnie établie à Ottawa, qui se spécialise dans les systèmes de contrôle de sous-marins sans pilotes travaillant dans les grandes profondeurs, utilise la technologie des drones militaires pour améliorer celle des drones civils.

Le défi, dit celui qui était le conférencier pour l'ouverture des ateliers de travail à Alma, est de développer un système assez fiable pour permettre aux avions sans pilote de se mêler au trafic aérien.

Les réserves de Transport Canada sont directement reliées à la capacité du pilote de drone d'éviter les autres aéronefs.

«Lorsqu'un pilote assis dans l'avion voit un autre aéronef, il a la possibilité de l'identifier, de voir sa direction et d'agir rapidement pour l'éviter. Il dispose d'un bon champ de vision pour ce faire», explique l'ancien pilote militaire.

«Le défi des drones, c'est de concevoir des systèmes qui permettent d'atteindre un aussi bon niveau de sécurité alors que le pilote est au sol, à des centaines de kilomètres de distance.»

Robert Aubé, vice-président de l'ingénierie et des opérations... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 6.0

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Robert Aubé, vice-président de l'ingénierie et des opérations chez Kongsberg Geospatial

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Même les drones militaires de surveillance, qui volent à plusieurs dizaines de milliers de pieds d'altitude, comme le Global Hawk, ont des restrictions au moment du décollage et de l'atterrissage.

Lors de ces deux mouvements, le trafic aérien à l'aéroport est interdit pendant 30 minutes.

Selon Robert Aubé, la technologie avance rapidement. Même si la caméra ne peut donner le même champ de vision que si on est à bord, il y a des systèmes de détection qui peuvent analyser l'environnement visuel et déterminer, par exemple, si le point qui bouge loin à l'horizon est un oiseau ou un avion.

C'est ce type d'équipement que développe la division Geospatial de Kongsberg.

Actuellement, la règlementation de Transport Canada stipule que tout aéronef doit voir et être vu. C'est ce qui bloque actuellement les drones, du moins tant qu'on ne pourra prouver que le pilote au sol voit aussi bien que s'il était assis dans l'avion.

S'il avait un voeu à faire, Robert Aubé souhaiterait qu'elle change dans moins d'un an, car c'est ce qu'attend une industrie dont l'expansion sera exponentielle.

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