En rencontre éditoriale avec Me Pierre Mazurette

Diffusion Saguenay a maintenant cinq ans

Le président de Diffusion Saguenay, Pierre Mazurette... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le président de Diffusion Saguenay, Pierre Mazurette

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Diffusion Saguenay (DS) a vu le jour dans l'urgence, quinze jours après la faillite du Théâtre du Saguenay. Cinq ans plus tard, l'organisation est devenue le 3e plus gros diffuseur culturel au Québec, disposant d'un budget annuel de 4,3 millions$, de 26 millions$ d'actifs et de 110 employés.

«On est réellement née d'une faillite. On se trouvait devant la disparition d'un organisme culturel. Mais on est parvenu à structurer un organe de diffusion très performant pour une région, comme plusieurs se plaisent à dire, éloignée», exprime le président de DS, Pierre Mazurette, qui a dressé le bilan des cinq premières années de l'organisation, dans une entrevue accordée au Quotidien.

La création d'une seule entité publique pour le territoire a également permis de mettre fin à la compétition entre les diffuseurs locaux, mais surtout de réduire les risques de faillite. En plus de remplacer le Théâtre du Saguenay, DS a également avalé au passage Producson de Jonquière et la Corporation du Théâtre du Palais municipal de La Baie.

«Il y avait une rivalité malsaine. Les gens étaient en compétition, ce qui faisait que des spectacles étaient perdus parfois. Cela pouvait aussi jouer sur le prix des billets. Au bout de la ligne, le spectateur était perdant. Je crois que notre grande force, d'ailleurs, c'est le fait d'avoir unifié l'ensemble des diffuseurs publics», pointe Me Mazurette, également fier d'avoir mis en place une fiducie pour l'argent des spectateurs, une mesure de protection qui n'existait pas avant la création de DS.

L'organisation génère 75% de revenus autonomes. Le reste est assumé par la ville et l'aide annuelle versée par Québec et Ottawa. Selon le président de DS, il s'agit d'une excellente performance, car une autonomie complète est pratiquement inatteignable compte tenu de la mission de diffuser tous les arts de la scène.

«Être totalement autonome, ça ne serait pas souhaitable. Tout le monde paye des taxes et l'État nous les restitue pour la diffusion culturelle, c'est normal», souligne Me Mazurette.

«Parce que ce soutien est nécessaire. La diffusion de la culture c'est fragile. On l'a vu avec la semaine de la Marionnette, l'auditorium Dufour. Ils ont fait faillite. La culture, c'est solide en terme de pérennité. C'est la mise en valeur, la diffusion de la culture qui est fragile», constate le président.

Au cours des dernières années, DS a essuyé des critiques, notamment sur sa programmation. Certains ont accusé l'organisation de mettre l'emphase sur l'humour, délaissant certains arts de la scène. Une constatation vivement réfutée par Me Mazurette.

«Notre priorité est de diffuser l'ensemble des arts de la scène, de l'opéra au ballet en passant par l'humour et le théâtre. Et on y arrive. Mais ce qui nous permet d'y arriver, c'est l'équilibre dans les revenus de l'organisation», souligne-t-il. «Bien sûr, les spectacles d'humour ont une grande importance. C'est une tendance qu'on voit partout au Québec. L'humour se vend bien, ce qui nous permet ensuite de présenter du théâtre, du ballet», ajoute-t-il.

Quant aux autres intervenants régionaux du milieu artistique, Pierre Mazurette assure que son organisation se montre très coopérative. Même que plusieurs partenariats ont été crées depuis 2010 avec des groupes, dont l'Orchestre symphonique, la Société d'arts lyriques du Royaume, Québec Issime, le festival Jazz et Blues.

«Le soleil brille pour tout le monde. Et on discute avec tous ceux qui veulent discuter avec nous. Sans exception! On n'est pas sectaire. Oui, on défend notre façon de faire. Mais notre façon de faire est ouverte et respectueuse.»

Théâtre Palace: bientôt de bonnes nouvelles

Le président de Diffusion Saguenay pourrait avoir de bonnes nouvelles à annoncer au cours des prochains mois au sujet de l'avenir du Théâtre Palace Arvida. Fermé depuis 18 mois, l'immeuble patrimonial doit subir des travaux de plus de 3 millions $ avant de rouvrir ses portes. Même s'il refuse d'établir un échéancier précis, Pierre Mazurette se montre optimiste face au projet de relance qui vise à moderniser cette salle, tout en gardant le charme d'un cabaret centenaire.

« Tous nos efforts sont concentrés sur la réouverture du Palace. Je ne suis pas un lâcheur. Mais ça va bien. On souhaite une ouverture le plus tôt possible », répond le président de Diffusion Saguenay, qui attend encore les confirmations des différents partenaires financiers.

Ce dernier souhaite toujours créer un partenariat avec le programme d'Art et technologie des médias (ATM) du Cégep de Jonquière pour intégrer un volet pédagogique au Théâtre Palace Arvida. Le partenariat prendrait la forme d'un studio de captation et d'enregistrement aménagé à l'intérieur de la salle.

« En intégrant ATM, on pourrait offrir aux producteurs la captation de spectacles. Au Cégep de Jonqière, ils ont un laboratoire technique. On parviendrait donc à le transformer en laboratoire pratique. Ça, c'est mon bébé. Je veux que le projet se concrétise», laisse tomber Me Mazurette.

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