La guerre contre Greenpeace

Richard Garneau, président de Produits forestiers Résolu... (Archives La Presse)

Agrandir

Richard Garneau, président de Produits forestiers Résolu

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La guerre que livre Greenpeace à la papetière Résolu auprès de ses grands clients, avec en trame de fond les opérations forestières au Québec et en Ontario, se déplace devant les tribunaux américains.

L'entreprise a effectivement déposé une poursuite en dommages et intérêts de plusieurs dizaines de millions de dollars contre le groupe environnemental devant le tribunal fédéral du district sud de Géorgie.

La nouvelle est tombée sur les fils de presse vers 17 h, mardi, la veille de l'assemblée annuelle des actionnaires. Celle-ci se tient ce matin à Baie-Comeau.

La poursuite vise Greenpeace International, Greenpeace USA, Greenpeace Fund, Inc., STAND (auparavant ForestEthics), ainsi que des personnes associées à ces différentes organisations qui ont dirigé les actions sur le terrain.

La papetière n'a visiblement pas l'intention de déposer cette poursuite pour faire reculer stratégiquement ses opposants.

L'enquête sur les manoeuvres de Greenpeace n'est pas complétée, et les procureurs américains de la papetière ont même mis sur pied une ligne téléphonique de dénonciation.

Les gens sont invités à y transmettre de l'information sous le couvert de l'anonymat. Un site Web permettra de suivre au quotidien cette saga.

«Notre entreprise vise les plus hautes normes qui soient en matière de gestion environnementale. C'est pourquoi nous considérons que les attaques dirigées contre nous sont à la fois d'un cynisme éhonté et d'une irresponsabilité inouïe. Nous avons l'obligation, par respect pour nos principes d'affaires et pour nos nombreux actionnaires, clients, partenaires et parties prenantes de tracer des limites après avoir épuisé tous les autres moyens», a déclaré Richard Garneau dans le communiqué officiel puisqu'aucune entrevue n'a été accordée.

La papetière entend démontrer au tribunal que Greenpeace n'a pas hésité à fabriquer des preuves pour appuyer ses fausses accusations.

La papetière allègue que Greenpeace a eu recours à des photos truquées tout en laissant entendre que des coupes ont été effectuées dans des zones interdites.

Ces éléments ne sont pas sans rappeler un événement où Greenpeace Québec avait été dans l'obligation de se rétracter concernant des opérations forestières dans la zone des montagnes Blanches.

Le groupe environnemental avait alors fait une erreur dans les coordonnées GPS.

Le choix de la Géorgie pour le dépôt de la poursuite n'est pas accidentel. Plusieurs clients de Résolu ont des installations dans cet état et des événements associés à la campagne de Greenpeace ont été relevés dans cette région des États-Unis. Au cours d'une conversation avec un procureur d'un bureau canadien retenu par Résolu, il a été possible d'apprendre que les procureurs de la papetière pouvaient également demander à ce que la cause soit entendue par un juge et jury au lieu d'un juge seul comme c'est le cas pour des réclamations du même ordre devant la Chambre civile de la Cour supérieure au Canada.

Une poursuite en vertu des lois américaines

La poursuite, dont les montants seront déterminés par le tribunal, a été intentée en vertu du « Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act (RICO) », une disposition de la loi fédérale américaine qui permet au tribunal de condamner une organisation au triple des dommages causés à autrui au terme d'un procès. Dans le présent cas, Résolu dépose une réclamation d'une centaine de pages sur ce qu'elle prétend être de la part de Greenpeace et autres groupes concernés des manoeuvres frauduleuses en contravention des lois fédérales américaines, violation de marque de commerce, diffamation et ingérence délictueuse en vertu des lois de la Géorgie.

« Ces réclamations s'appuient notamment sur la campagne menée par Greenpeace dans laquelle celle-ci désigne Résolu comme étant responsable de la destruction de la forêt et dans laquelle elle accuse à tort Résolu de, notamment, a) ravager des forêts menacées et d'exercer ses activités et de s'approvisionner en bois en contravention des lois; b) de provoquer la destruction d'espèces menacées et de l'habitat essentiel du caribou ainsi que de mettre en péril la survie des hardes de caribous et de mener à l'extermination et à l'extinction de celles-ci; c) d'abandonner et d'appauvrir les peuples autochtones de la forêt boréale; et d) de compromettre la capacité de la forêt boréale à atténuer les changements climatiques », précise le communiqué.

Nicolas Mainville... ((Courtoisie)) - image 3.0

Agrandir

Nicolas Mainville

(Courtoisie)

Greenpeace

Il a été impossible de parler mardi au porte-parole de Greenpeace au Québec, Nicolas Mainville, qui est à l'extérieur du bureau et non joignable jusqu'au six juin, pour avoir sa réaction au sujet de la poursuite intentée par Produits forestiers Résolu

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer