Mireille Jean appuie l'idée

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Mireille Jean refuse toujours d'appuyer publiquement un des quatre candidats à la succession de Pierre Karl Péladeau. Elle affirme avoir encore besoin de temps.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Le « Oui » et le « Non » dépassés? C'est ce que croient trois députés péquistes, dont Mireille Jean, qui proposent un référendum à deux options, la souveraineté ou un fédéralisme renouvelé. Une stratégie pour mettre fin, une fois pour toutes, à l'éternelle question nationale.

Initiée par Nicolas Marceau, cette démarche suggère la création d'un Secrétariat à l'indépendance et d'un Secrétariat au fédéralisme renouvelé, de nouvelles instances financées par le gouvernement. Pendant trois ans, ces groupes, composés de fervents fédéralistes et de souverainistes convaincus, travailleraient sur leur projet respectif. Les deux options seraient ensuite présentées à la population avant la tenue d'un référendum ultime.

« J'ai appuyé l'idée, car je la trouve audacieuse, porteuse et surtout inclusive. Ceux qui ne se sentent pas concernés par la souveraineté seront impliqués. Et de toute manière, le Québec ne peut plus continuer comme ça. Pour son bien, cet exercice serait libérateur », commente Mireille Jean, qui fait partie des députés signataires de cette proposition avec Nicolas Marceau et Alain Therrien.

Québec devra prévoir un financement « suffisant » pour supporter ces deux groupes. Une dépense nécessaire, plaide Mme Jean, estimant que le débat entourant la souveraineté nuit au développement économique de la province et du pays.

« Mettre des sous dans ça, c'est un investissement qui serait rentable. Car le statu quo nous dessert économiquement. On se nuit mutuellement. On a de la difficulté à avancer. Si on pouvait statuer une fois pour toutes où on s'en va, on va pouvoir ensuite s'épanouir », exprime la députée élue il y a un peu plus d'un mois.

Les instigateurs de cette démarche tiennent toutefois à rappeler que le Parti québécois priorisera toujours l'indépendance, et ce, même s'il reconnaît la légitimité au Canada réformé.

« Si l'offre fédéraliste l'emporte lors de la consultation populaire, nous nous inclinerons. Le peuple aura parlé. Le parti fera ce qu'il aura à faire à ce moment », ajoute la députée, qui n'a pas été plus claire sur l'avenir de son parti dans le cas d'une nouvelle défaite.

Un candidat favori?

Mireille Jean refuse toujours d'appuyer publiquement un des quatre candidats à la succession de Pierre Karl Péladeau. Questionnée à ce sujet, la députée précise qu'elle a encore besoin de temps. Elle souhaite évidemment qu'un des candidats récupère sa proposition. Mais ça ne veut pas dire qu'elle donnerait son appui en échange. « Je veux prendre le temps d'analyser les candidatures, car je ne connais pas personnellement les gens qui se présentent. Est-ce qu'ils sont autocrates ou ralliant? », laisse tomber Mme Jean, qui aurait été approchée par Nicolas Marceau en raison de sa neutralité face aux candidats en lice.

Le chef intérimaire Sylvain Gaudreault... (Photo Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne) - image 2.0

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Le chef intérimaire Sylvain Gaudreault

Photo Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne

Comme Sylvain Gaudreault en 2004

Ce n'est pas la première fois que des députés et militants péquistes proposent un fédéralisme renouvelé pour sortir la souveraineté du cul-de-sac. Trois avant son élection de 2007, Sylvain Gaudreault suggérait de « forcer Ottawa à se commettre de façon exécutoire en faveur du Québec », à défaut de quoi la souveraineté apparaîtra comme la seule solution possible.

Alors enseignant au Cégep de Jonquière, l'actuel chef par intérim du Parti québécois (PQ) avait défendu sa position par le biais de deux chroniques parues dans Le Quotidien des 22 et 29 avril 2004. Et comme le propose Nicolas Marceau, Mireille Jean et Alain Therrien, M. Gaudreault estime que le PQ ne peut attendre après le parti libéral pour amorcer un tel débat sur le fédéralisme.

« Avec l'échec de Meech et les résultats du référendum de 1995, le rapport de force est au bénéfice d'Ottawa. C'est pourquoi un gouvernement du Québec visionnaire devrait faire du renversement de ce rapport de forces une priorité nationale. À terme, c'est sa survie qui est en jeu. On ne peut attendre une telle initiative de Jean Charest », écrivait M. Gaudreault, alors chroniqueur régulier pour Le Quotidien.

À l'instar des trois députés péquistes, l'élu de Jonquière voulait lui aussi obliger Ottawa à se commettre et à offrir une proposition de fédéralisme renouvelé. Un référendum avec les deux choix, soit la souveraineté ou la proposition du gouvernement fédéral, viendrait trancher ce débat qui dure depuis une génération.

« Si le reste du Canada n'a pas été capable de s'entendre durant le délai imparti (ce qui est fort probable), cela signifie donc qu'il n'a que le statu quo à proposer. Les Québécois sont alors obligés de choisir entre la proposition d'Ottawa (un fédéralisme renouvelé ou le statu quo) et la souveraineté. Dans l'hypothèse où Ottawa n'est pas capable de présenter autre chose que le statu quo, que pensez-vous que les Québécois vont choisir? », peut-on lire dans sa chronique datée du 29 avril 2004.

« Quand on a 30 ans (et des poussières...), on ne veut pas passer sa vie à débattre de constitution. Je suis souverainiste, mais je veux aussi avancer », a-t-il écrit dans cette même chronique.

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