La communauté se mobilise

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, le Dr... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, le Dr Roger Gagnon, bénévole de longue date de Jonquière-Médic, le président du CA de l'organisme, Bernard Simard, et le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, ont lancé un appel au premier ministre, Phillippe Couillard, afin de sauver Jonquière-Médic.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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La communauté jonquiéroise, appuyée des politiciens municipaux de Saguenay et provinciaux, se mobilise pour sauver l'organisme Jonquière-Médic, dont la survie est menacée par la mise en place des nouvelles ententes de rémunération entre le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ).

La nouvelle entente, qui prévoit des dispositions particulières pour la rémunération des visites à domicile, entrera en vigueur demain et elle pourrait causer une réduction significative du forfait pour une telle visite lorsqu'il ne s'agit pas du médecin traitant. Ces modifications s'inscrivent dans la volonté du gouvernement de concentrer les ressources en première ligne, plus spécifiquement dans les GMF.

Selon le président du conseil d'administration de Jonquière-Médic, Bernard Simard, le service sera maintenu jusqu'à la fin du mois d'août puisqu'une entente est intervenue entre les médecins. D'entrée de jeu, le président comprend très bien que les médecins n'auront d'autre choix que de s'orienter ailleurs si le ministère et la FMOQ ne sont pas en mesure de trouver une entente spécifique pour répondre aux particularités de Jonquière-Médic.

Selon l'ancien mode de rémunération, un médecin de Jonquière-Médic recevait 71$ pour chaque visite à domicile. Il remettait 15% de sa rémunération à Jonquière-Médic pour le financement des opérations de l'organisme. Avec le nouveau mode de rémunération, le même médecin recevra 41$. Il ne pourra plus se permettre de remettre 15% pour le fonctionnement. En ce moment, selon les chiffres présentés par le président du conseil, 40% du financement des opérations de Jonquière-Médic est généré par le retour de 15% des médecins.

Le docteur Roger Gagnon, bénévole de longue date de Jonquière-Médic, a cru pendant quelques jours qu'il y avait moyen pour l'organisme jonquiérois d'utiliser le financement accordé pour les visites à domicile dans le nouveau système. Selon ses explications, il est maintenant clair que ce forfait ne sera disponible que pour un médecin traitant qui doit se rendre au domicile d'un patient qu'il suit et qui est inscrit à son GMF.

«On ne s'entend pas sur une somme de 300 000$. Il s'agit du montant en cause et on ne tient pas compte des coûts évités, tels les transports en ambulance, des visites à l'urgence et autres. Possiblement que si l'on faisait le calcul, on serait positif», a répété le docteur Gagnon. Jonquière-Médic a déjà sollicité l'UQAC pour mesurer les impacts financiers de ce service unique au Québec. Il a été impossible selon Bernard Simard d'avoir une véritable étude puisque le ministère était réticent à fournir des chiffres.

Le maire Jean Tremblay a discuté de cette problématique avec le premier ministre du Québec Philippe Couillard. Il a compris qu'il serait difficile de forcer le gouvernement et la FMOQ à en venir à des modifications afin de satisfaire les besoins particuliers de Jonquière-Médic. Jean Tremblay a dit sentir une certaine ouverture du premier ministre lorsqu'il a proposé que le service d'urgence à domicile soit dispensé par des infirmières praticiennes.

Le député de Jonquière et chef de l'Opposition officielle, Sylvain Gaudreault, a de son côté dit espérer que le ministère soit en mesure d'ajuster ses politiques à la réalité. Le député péquiste, comme plusieurs intervenants pendant ce point de presse, a cité en exemple un cas spécifique où Jonquière-Médic a démontré son efficacité et surtout sa raison d'être. En plus de rendre des visites à domicile sur appel, Jonquière-Médic supporte d'autres services médicaux.

Les GMF favorisés

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, affirme que Jonquière-Médic a la possibilité de maintenir ses opérations qu'il assimile à une pratique « sans rendez-vous à la maison très lucrative » qui devra à l'avenir être soumise à une rémunération convenue à la demande de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

Le ministre ne s'oppose pas à un service comme Jonquière-Médic, mais affirme que l'orientation prise par le gouvernement au terme d'une entente avec la FMOQ est la prise en charge des patients par des groupes de médecine. « Dans une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, 500 personnes n'ont pas de médecin et nous souhaitons la prise en charge », a insisté le ministre qui ne croit pas que les nouveaux tarifs soient à l'origine de la fin de Jonquière-Médic.

Il revient sur les forfaits accordés en clinique privée. Les médecins reçoivent un montant pour chaque patient et doivent verser jusqu'à 30 % pour les frais administratifs du groupe. Au Québec, les médecins reçoivent en clinique en moyenne 14 patients par jour.

« Il s'agit d'une avenue proposée par la FMOQ et qui faisait notre affaire dans l'objectif d'une plus grande prise en charge », a repris le ministre Gaétan Barrette.

Il est clair pour le ministre de la Santé et des Services sociaux qu'avec le forfait de visite en cabinet, Jonquière-Médic pourra survivre, et ce, même si les médecins doivent remettre à l'organisme 15 % en frais d'administration.

Par contre, Québec a augmenté les forfaits pour les médecins qui doivent se rendre à domicile afin de dispenser des services à des patients considérés comme des cas lourds.

Il serait donc surprenant, selon les propos du ministre, que la FMOQ et le gouvernement reviennent sur le contenu d'une entente qui entrera en vigueur dans 24 heures.

« Si les gens ont un médecin de famille, ils vont être en mesure d'obtenir un rendez-vous », a conclu le ministre.

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