Différente réalité, même métier

Le policier patrouilleur Evens Jean et le sergent... (Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Le policier patrouilleur Evens Jean et le sergent de relève Sylvain Gaudreault, de la Sûreté du Québec, ont apprécié vivre l'expérience à Obedjiwan, qu'ils ont qualifiée d'enrichissante.

Le Quotidien, Gimmy Desbiens

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La communauté autochtone d'Obedjiwan vit une réalité différente des grands centres. Mais au-delà de la distance et de la barrière de la langue, la situation est loin d'exaspérer les intervenants appelés à oeuvrer sur le territoire situé à quelque 300 kilomètres à l'ouest de Roberval.

Le Quotidien a eu l'occasion de s'entretenir avec deux policiers de la Sûreté du Québec (SQ) qui ont dû prendre la relève lorsque le Service de sécurité publique d'Obedjiwan a été suspendu en raison d'une entente non renouvelée avec le gouvernement du Québec. Les deux hommes sont loin d'avoir regretté leur décision d'accepter de s'y rendre afin d'assurer la desserte policière pendant un mois, jusqu'à un règlement entre les deux parties.

«Je suis content d'être allé là-bas et d'avoir vécu l'expérience, a assuré Evens Jean, policier patrouilleur dans la MRC Lac-Saint-Jean-Est. Ça m'a fait grandir personnellement. C'est plus facile de juger une situation qu'on ne connaît pas.»

Conscients qu'ils effectuaient des patrouilles dans un secteur qui demandait une plus grande vigilance, les deux policiers n'ont pas senti que leur présence créait un malaise dans la communauté.

«L'accueil a été très bon et on s'est même fait saluer par la population à certaines occasions, a soutenu pour sa part Sylvain Gaudreault, sergent de relève pour la SQ à la MRC Lac-Saint-Jean-Est. On a reçu de bons commentaires des gens pour nous dire qu'on était appréciés. Une très grande partie de la population a à coeur sa sécurité.»

Les deux hommes ont effectué deux séjours à Obedjiwan durant le mois d'avril. Ils ont pu bénéficier de l'appui d'agents du Service de sécurité publique de l'endroit pour assurer un soutien de liaison entre les différents services sociaux et la communauté, et ce, même si ceux-ci n'étaient plus officiellement en poste en raison du conflit.

Les agents de la SQ ont concédé que la barrière de la langue a dû être traversée à leur arrivée, mais que la transition s'était faite sans heurts. «Les intervenants connaissent très bien leur communauté et la réalité locale. Ils nous aidaient grandement à diriger les interventions», ont souligné les deux hommes.

«Ça reste des humains. Par exemple, les enfants, peu importe d'où ils proviennent, aiment la police et on réussit à créer un contact avec eux, a indiqué Evens Jean. En contrepartie, un criminel ne nous aime pas, et c'est tout à fait normal.»

«C'est rare qu'on nous appelle pour nous dire que tout va bien, a-t-il mis en relief un peu plus tard. Cela dit, ça ne nous empêche pas de faire de belles rencontres.»

Pour ce qui est de leur façon de travailler, les officiers ont juré qu'elle n'avait pas changé. M. Jean a convenu que l'être humain était naturellement plus craintif face à l'inconnu, mais que ce sentiment n'avait pas nui dans l'exercice de ses fonctions.

«Il a fallu prendre le temps de s'installer afin d'être opérationnel d'un point de vue logistique, mais sur le plan des interventions, le métier est resté le même et il n'était pas différent de chez nous, a partagé Sylvain Gaudreault. Après tout, le Code criminel s'applique partout.»

Ce dernier a également rappelé l'importance de bien communiquer avec les personnes en place depuis longtemps à Obedjiwan, tout en soulignant la relation étroite entre les services sociaux et la Sûreté du Québec. «Il faut peut-être jaser un peu plus pour établir un réseau de contacts, a exprimé M. Gaudreault. Il ne faut pas arriver avec ses grands sabots, il faut prendre le temps de bien faire les choses.»

Les policiers de la Sûreté du Québec Sylvain... (Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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Les policiers de la Sûreté du Québec Sylvain Gaudreault et Evens Jean ont effectué des patrouilles à Obedjiwan au cours des derniers mois. Une situation qui n'est pas sortie de l'ordinaire selon eux.

Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Un rappel à l'ordre, sauf que...

Les événements survenus au cours des derniers mois à Lac-Simon ont permis aux policiers de se rappeler des risques reliés à leur emploi, sans toutefois remettre en question la tâche à effectuer.

Le 13 février dernier, Thierry Leroux perdait la vie lors d'une intervention policière dans une maison de la communauté autochtone de l'Abitibi. Un peu moins de deux mois plus tard, un jeune autochtone décédait lors d'une intervention policière qui a mal tourné. Ces deux drames ont lancé un débat sur la sécurité des agents de la paix dans ces milieux, mais pour les personnes concernées, il ne s'agit pas d'un prétexte pour tout chambouler.

« Il faut toujours être sur nos gardes et être prêt à toute éventualité, ce n'est pas une question de territoire, a nuancé le sergent de relève Sylvain Gaudreault. On doit seulement se concentrer sur les actions à poser en lien avec le type de situation. C'est partout comme ça. »

M. Gaudreault a également mentionné que les deux événements ont fait écho dans le petit monde des policiers. « Ce n'est pas un sujet qui passe sous silence », a-t-il fait valoir, ajoutant que de belles histoires surviennent régulièrement, mais qu'elles ne se retrouvent pas dans les bulletins de nouvelles.

« C'est un rappel à l'ordre et ça nous ramène à la réalité », a pour sa part indiqué Evens Jean, policier patrouilleur pour la Sûreté du Québec à la MRC Lac-Saint-Jean-Est.

Puisqu'une enquête est en cours, les agents n'ont pu élaborer davantage sur le sujet.

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