7500$ pour faire plus de bien

Texte: Le vice-président régional de la Banque Royale... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

Agrandir

Texte: Le vice-président régional de la Banque Royale canadienne, Claude Savard, du club Kiwanis de Chicoutimi, les cofondatrices de Clowns thérapeutiques Saguenay, Josée Gagnon et Moïra Pineault, et la chef de l'unité de pédiatrie, Julie Duval, de l'hôpital de Chicoutimi, se réjouissent du nouveau additionnel de 5000$.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les Clowns thérapeutiques Saguenay (CTS) pourront passer plus de temps avec les enfants malades grâce à une aide financière de 7500 $ du club Kiwanis de Chicoutimi.

Le représentant de Kiwanis, Claude Savard, vice-président régional de la Banque Royale canadienne, a remis un chèque de 5000 $ vendredi matin aux cofondatrices de l'organisme, Josée Gagnon et Moïra Pineault, qui vient s'ajouter à un montant de 2500 $ octroyé plus tôt cette année. Celles-ci et la chef de l'unité de pédiatrie de l'hôpital de Chicoutimi, Julie Duval, ont convaincu les membres du club, qui vient en aide aux jeunes enfants, des bienfaits de leur projet.

Chaque mardi matin, les Clowns thérapeutiques visitent la clinique d'oncologie, une unité fraîchement rénovée où les jeunes atteints de cancer viennent recevoir leurs traitements de chimiothérapie et leurs suivis médicaux le temps d'une journée. Ils devaient normalement aussi visiter les patients hospitalisés pour plusieurs jours en pédiatrie, mais le temps leur manquait.

«On est un peu victimes de notre succès, accorde Mme Gagnon. Il y a beaucoup d'enfants malades et on développe un lien très fort avec eux. Ils attendent notre arrivée et ils ne veulent plus nous laisser repartir!»

Grâce à ce montant, qui pourrait être reconduit annuellement, les clowns viendront maintenant aussi tous les jeudis matins et se concentreront sur les patients en chambre. «Même s'ils n'ont pas le cancer, ils souffrent aussi et en ont autant besoin. Ça élargit l'offre de service», explique Julie Duval, qui ne pourrait plus se passer des clowns dans son unité. Ceux-ci ne sont pas des bénévoles et reçoivent un cachet pour leur travail, même s'il est surtout symbolique.

«Nous sommes un outil pour le personnel soignant, affirme Mme Pineault. Les jeunes n'aiment pas se faire piquer, pourtant ils sont détendus quand on est là.»

«On fait partie de la famille, résume Josée Gagnon. Depuis 10 ans qu'on est là, on est plus vieux que tout le personnel sur l'étage à part les pédiatres!»

L'aide arrive au bon moment pour CTS, qui commençait à s'essouffler. «On donne beaucoup de temps et on ne veut pas arrêter, car on nous dit que ce qu'on fait est essentiel. On essayait de trouver une façon de faire et on espère que celle-là pourra marcher à long terme», indique Mme Gagnon.

Dure année

La comédienne raconte que la dernière année a été particulièrement difficile dans le département, alors que plusieurs enfants sont décédés. «C'est la première fois que ça arrive. On est comme une communauté, et quand quelqu'un part, ça affecte tout le monde. Les autres familles sont plongées dans un régime de peur. Tout le monde est ébranlé. Nous sommes là pour remettre de la vie et essayer de sortir de la tragédie, mais ce n'est pas facile.»

Tout ça grâce à son nez rouge, qui permet à Josée Gagnon et aux autres clowns thérapeutiques de se rendre jusqu'au bout de leur délire dans des contextes où cela serait autrement déplacé.

Approche unique en soins palliatifs

Les Clowns thérapeutiques Saguenay (CTS) ont développé une approche unique pour accompagner les malades en fin de vie, au point qu'elle suscite l'intérêt du Réseau des soins palliatifs du Québec.

L'organisation prépare un colloque qui réunira des professionnels du milieu de la santé en 2017 à Lévis, et elle a demandé à CTS de venir partager sa technique.

«Ce qu'on fait est plutôt novateur, et c'est possible au Saguenay en raison de la promiscuité. On devient comme des amis avec les familles des patients. Les enfants ne décèdent pas seulement à l'hôpital. Quand on a des demandes, on peut aller les rencontrer avec leurs proches à la maison. Parfois, c'est le médecin qui nous appelle parce qu'il pense que ce serait bien de venir faire un tour à la chambre», explique la cofondatrice Josée Gagnon.

Le but: créer des derniers moments «magiques», que les familles pourront se remémorer avec des sentiments heureux. «On le fait aussi avec les personnes âgées, mais c'est plus naturel. Perdre un enfant, c'est traumatisant. C'est difficile de dédramatiser la situation. Les gens pensent qu'on veut aller gonfler des ballons à côté du lit d'un mourant. Ce n'est pas du tout ça. Nous sommes des artistes et nous allons chercher la poésie du moment, former une bulle qui inclut la famille pour qu'elle se crée un beau souvenir.»

Josée Gagnon, qui oriente souvent ses interventions vers la musique, se rappelle avoir visité une petite fille qui se trouvait dans un état catastrophique. Elle était plongée dans le coma après une hémorragie interne et sa pression ne voulait pas redescendre. Or, elle considérait le personnage du clown comme sa meilleure amie. «Je lui ai parlé comme si elle était réveillée, énergique comme à son habitude, et je lui racontais des blagues. Sa pression est finalement descendue. Ça va au-delà de la compréhension clinique. C'est thérapeutique, c'est l'humanisation des soins.»

La comédienne donne d'ailleurs des ateliers à ce sujet aux infirmières en formation au baccalauréat à Chicoutimi. Selon elle, il s'agit de la base des soins de fin de vie. «Au lieu de faire une loi qui est très lourde à appliquer, le colloque veut justement faire réfléchir les professionnels du milieu pour que les changements se fassent naturellement à l'interne», explique-t-elle.

«C'est une autre façon de penser», résume sa collègue clownesque Moïra Pineault, qui croit que les enfants sont encore mieux équipés que les adultes pour aller chercher la «magie» du moment.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer