Pierre Lavoie: de la persévérance et des résultats

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Pierre Lavoie se bat maintenant depuis près de 20 ans pour faire connaître l'acidose lactique.

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Il y a environ vingt ans, Pierre Lavoie désirait trouver un remède, une solution ou un miracle pour sauver les enfants atteints d'acidose lactique. Peu de gens s'intéressaient à cette maladie rare, mais l'Anjeannois a décidé qu'il changerait les choses. Aujourd'hui, ils sont des milliers à lui emboîter le pas, des chercheurs, des bénévoles, des athlètes qui mettent la main à la pâte pour y parvenir. Peut-être qu'un jour...

Jeunes et moins jeunes veulent une autographie de... (Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin) - image 1.0

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Jeunes et moins jeunes veulent une autographie de Pierre Lavoie, veulent le rencontrer et lui raconter leur histoire.

Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin

Pierre Lavoie se souvient encore très bien du matin du 3 septembre 1999. Avec sa conjointe, Lyne Routhier, et son fils Raphaël, ils étaient peu nombreux pour l'encourager à parcourir 650 kilomètres en 24 heures autour du Saguenay-Lac-Saint-Jean et surtout dans sa quête de faire connaître la maladie mortelle de l'acidose lactique.

Cette terrible maladie orpheline, comme plusieurs autres, a fait perdre deux enfants au couple Routhier-Lavoie. Laurie est décédée à l'âge de quatre ans et Raphaël est parti quelques années plus tard, alors qu'il n'avait même pas trois ans.

Rien n'avait sensibilisé les parents à recevoir ces deux coups de masse. Leur premier enfant, Simon-Pierre, est en bonne santé. Aucune maladie.

Ainsi, le 3 septembre 1999, Pierre Lavoie est pratiquement seul sur la ligne de départ. Malgré tout, pas question de se décourager et d'abandonner. Il entame son périple. Quelques cyclistes le suivent. Plusieurs se disent qu'il est un peu fou.

Sans aucun doute. Mais la cause est noble et bonne.

La preuve, il termine son 24 heures de vélo avec quelques cyclistes derrière lui, alors que des centaines de personnes l'attendent à son arrivée à La Baie.

« Aujourd'hui, lorsque je regarde derrière moi, lors du départ du Grand Défi Pierre Lavoie, je vois 1000 cyclistes, 3200 bénévoles, 7000 "boucleurs" et plus de 5000 coureurs. Des gens qui croient que l'avenir du Québec passe par de saines habitudes de vie », lance-t-il.

Cette première folle aventure a toujours, 17 ans plus tard, l'objectif de permettre à des parents d'avoir un jour des enfants qui ne seront pas atteints de ces maladies mortelles et orphelines.

La bataille a donné des résultats. Le gène défectueux de l'acidose lactique a été détecté et des tests peuvent être réalisés sur une femme enceinte afin de savoir si l'enfant à naître est atteint de la maladie.

Après avoir perdu deux enfants, Pierre et Lyne ont tenté le coup pour un autre bébé. Lyne a passé le test. Tout était correct.

Aujourd'hui, Jolianne est toute souriante, en excellente santé et pratique des sports en quantité.

Aider les jeunes

Lors des conférences qu'il donne, Pierre Lavoie passe un message clair. Pour qu'un jeune arbre pousse droit, il faut parfois lui donner un tuteur et en prendre soin.

C'est la même chose pour un enfant. Il a besoin d'être aidé, d'être encadré. Et ça commence au service de garde, à la maternelle et à l'école primaire.

Il encense les enseignants, car il estime que ce sont eux qui peuvent aider à la réussite des jeunes.

« Jeune, je ne faisais pas beaucoup de sports. J'ai participé à des jeux scolaires. Je voulais une médaille de ParticipAction. Mais je n'étais pas très bon. Je me suis fait battre par une cousine à une course de 50 mètres. J'ai fini dernier. J'ai demandé à mon enseignant de pouvoir me reprendre. J'ai réalisé un plus mauvais temps. Le professeur m'a dit que je n'étais pas fait pour la course à pied », se remémore Pierre Lavoie.

Pourtant, l'homme de L'Anse-Saint-Jean a remporté des Iron Man à travers le monde. Il est un athlète exceptionnel.

« Il n'avait probablement pas compris que j'étais fait pour les plus longues distances. Il aurait dû me dire de courir plusieurs fois autour de l'école. J'ai pensé que je ne serais pas bon dans les sports à cette époque », ajoute-t-il.

Si le GDPL vise la santé physique, il cherche aussi à venir en aide aux écoles défavorisées.

Chaque équipe du Grand défi Pierre Lavoie doit remettre une somme d'argent à une école défavorisée pour lui venir en aide dans l'achat d'équipements sportifs.

« J'ai été élevé dans un milieu défavorisé. Nous avons dû quitter L'Anse-Saint-Jean pour La Baie en bas âge. Mes parents venaient de divorcer et ma mère n'avait pas assez d'argent pour elle et ses quatre enfants. »

« J'aurais voulu jouer au hockey, mais nous n'avions pas les moyens. Chaque semaine, j'étais assis dans les gradins du Centre Jean-Claude Tremblay à regarder mes amis jouer au hockey. J'ai été frustré et je le suis encore de n'avoir pu jouer au hockey et c'est pour ça que l'on ramasse de l'argent pour les écoles défavorisées », dit-il.

Il se rappelle avoir acheté son premier vélo avec l'argent amassé à passer les journaux. Ça lui a pris deux ans.

Aujourd'hui, il roule sur un vélo Devinci de haut de gamme.

« Je n'en reviens pas, mais je n'oublie pas d'où je viens. C'est important ».

Pierre Lavoie et le comédien Patrice Godin ont... (Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin) - image 2.0

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Pierre Lavoie et le comédien Patrice Godin ont pris part à des courses avec les enfants du primaire de la région de Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie.

Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin

Émile Grenon-Gilbert, conseiller municipal et président du comité... (Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin) - image 2.1

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Émile Grenon-Gilbert, conseiller municipal et président du comité des saines habitudes de vie, et le maire de Mont-Saint-Hilaire, Yves Corriveau, veulent faire bouger leurs citoyens.

Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin

La fièvre continue de gagner du terrain

La popularité de Pierre Lavoie a depuis longtemps franchi les frontières du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La petite localité de Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie, en est un bel exemple. Le maire Yves Corriveau met plusieurs solutions en place pour faire bouger ses quelque 19 000 citoyens.

Le 10 mai dernier, le maire et des bénévoles, dont le triathlonien et ami de Pierre Lavoie, David Durocher, ont lancé la première édition de la Journée Pierre Lavoie dans la Vallée.

Est-ce que cela a fonctionné? Le matin, 1300 élèves de 14 écoles primaires du secteur ont pris part à une course à pied en présence de Pierre Lavoie et du comédien et ultramarathonnien, Patrice Godin.

Et en soirée, ils étaient 400 jeunes et adultes à reprendre le pas de course avec les deux hommes pour compléter cette première édition, qui ne sera pas la dernière.

«Notre objectif est de faire bouger le monde, surtout que nous célébrons notre 50e anniversaire de fusion entre la montagne du Mont-Saint-Hilaire et la municipalité. Jusqu'à présent, ça marche très bien», indique M. Corriveau.

«Depuis une année, nous avons formé un comité des saines habitudes de vie. Nous avons confié la présidence à notre plus jeune conseiller municipal, Émile Grenon-Gilbert (dont la famille est originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean).»

«Dans les faits, les citoyens n'étaient pas de grands coureurs jusqu'à tout récemment. Il y en avait ici et là, mais pas de quoi écrire à sa mère.

Mais depuis l'ouverture, il y a un an, de la boutique la Maison de la course, ça ne dérougit pas. Les propriétaires donnent une formation aux nouveaux sur la manière de courir, de s'entraîner et de franchir les étapes une à une», précise le maire.

Son jeune président et les autres élus veulent créer des circuits de cinq kilomètres à pied dans les six quartiers de la ville.

«Nous voulons que les gens puissent sortir de la maison et courir sur un circuit», mentionne Émile Grenon-Gilbert.

Du sang saguenéen

Si Émile Grenon-Gilbert a encore des racines à Albanel (un oncle y possède de grandes terres), il ajoute que son grand-père, Raymond, a notamment été directeur du service d'ingénierie de la ville de Chicoutimi. Quant au Directeur du service culturel et des loisirs de Mont-Saint-Hilaire, il s'agit de Pierre Bergeron, un homme de Jonquière.

Faut croire que le Saguenay-Lac-Saint-Jean sème des graines un peu partout...

Pierre Lavoie livre sa conférence des dizaines et... (Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin) - image 3.0

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Pierre Lavoie livre sa conférence des dizaines et des dizaines de fois aux quatre coins de la province.

Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin

Une conférence de coeur

Lorsqu'il enfourche son vélo pour l'entraînement, Pierre Lavoie roule à 33 kilomètres/heure en moyenne. À la course à pied, c'est 14 km/h et à la natation, c'est 4 km/h. Et il mène sa vie de la même manière, à plus de 100 milles à l'heure.

«C'est vrai que je suis comme ça. Ça n'arrête jamais. C'est dans ma génétique. J'ai hérité de bons gènes grâce à mes parents. Et j'essaie d'en faire profiter la société», lance Pierre Lavoie, quelques minutes avant de livrer une conférence devant 200 personnes, à Beloeil.

«Il m'arrive d'être épuisé des fois, mais lorsque je regarde le chemin parcouru, je me dis que ça vaut la peine», ajoute-t-il.

Récemment, j'ai suivi le Baieriverain une partie de journée afin de voir comment il est perçu ailleurs qu'au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La réception est la même. Tout le monde veut lui toucher, veut se faire prendre en photo en sa compagnie. Jeunes et moins jeunes. Et pas seulement les femmes. Les hommes aussi.

Ils ont tous leur petite histoire à lui raconter. Ils veulent l'encourager, lui dire qu'il fait preuve d'un grand courage après avoir vécu tant de moments difficiles dans sa vie.

Deux dames attendent patiemment dans le hall d'entrée du Centre culturel de Beloeil afin de participer à la conférence.

«Son parcours de vie est très intéressant et je suis intéressée à l'entendre. C'est important de voir qu'il veut s'occuper des jeunes. Il aurait pu tout laisser tomber après avoir perdu deux enfants. Je veux entendre sa conférence, car je viens me chercher une petite dose de positif», mentionne Nicole Chicoine.

Cette conférence, Pierre Lavoie la livre des dizaines et des dizaines de fois aux quatre coins de la province.

«Je l'ai modifiée et adaptée au fil des années. Au début, j'ai pris la décision d'écrire ma conférence. Ça m'a pris deux mois. Je l'ai montée, je l'ai partagée et je l'ai sentie. C'est une conférence de coeur que je livre. Je passe de grands messages. Ça fait le travail. Ça n'a pas de prix, car elle change le monde.»

«Il est encore difficile de la faire. J'ai mis un filtre au fil du temps pour protéger les gens dans la salle. Malgré tout, la conférence permet de faire un temps d'arrêt dans la tête des gens», dit-il.

Les conférences nourrissent le Grand Défi Pierre Lavoie. Elles permettent de recruter des cyclistes, des coureurs et des bénévoles et des commanditaires. Un lieu de rencontre de gens exceptionnels, raconte Pierre.

«Ce que je veux, c'est de faire en sorte que des gens vont mettre la "switch à on", car je suis en guerre contre l'obésité. Moi, les études, ce n'est pas ma priorité. Je préfère l'action aux études», conclut-il.

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