Les roulottes sortiront des zecs

Le ministère de la Forêt de la Faune et des Parcs (MFFP) fera le grand ménage... (Archives Le Progrès-dimanche, Louis Potvin)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Le ministère de la Forêt de la Faune et des Parcs (MFFP) fera le grand ménage dans les roulottes permanentes installées sur le territoire des zecs cet été. Le camping déguisé en villégiature sera chose du passé avec les nouvelles mesures, qui visent à combler les lacunes qui existent sur ces territoires.

Les gestionnaires des 10 zecs de la région ont cinq ans (au plus tard en juillet 2021) pour rencontrer les exigences du ministère, mais les roulottes devront quitter leur emplacement de camping dès l'automne 2016, sauf les utilisateurs de la Zec Martin-Valin qui ont obtenu un sursis d'un an pour sortir du territoire.

Occupation illégale 

Les nouvelles mesures visent à endiguer les problèmes d'appropriation illégale du territoire et d'accessibilité. « La situation est différente pour chacune des zecs en province. Certaines ont déjà un bon encadrement de cette activité alors que pour d'autres tout sera à faire » a fait valoir Henri Simard, président du regroupement régional des gestionnaires de zecs.

« Sur certains territoires, des utilisateurs ont transporté une roulotte il y a 15 ans. Ils l'ont stationnée près d'un lac et n'ont pas bougé de cet endroit depuis », donne comme exemple le gestionnaire, précisant que les nouvelles règles ont été négociées par les administrateurs de zec avec le MFFP

Parmi les nouvelles normes mises de l'avant, celle obligeant le propriétaire d'un équipement de camping à retirer son installation 48 heures après la chasse au gros gibier ou au plus tard le 30 novembre (à l'exception des campings aménagés où l'occupation annuelle est permise) causera le plus de désagréments aux adeptes de chasse et pêche. Plusieurs campeurs avaient installé leur roulotte de façon permanente et l'équipement passait l'hiver sous la neige pour la retrouver au printemps. Ils devront dorénavant la déplacer du site de camping rustique.

Zec Martin-Valin

« Sur notre zec il y a 232 roulottes hors sites d'installées dont plusieurs ne roulent plus depuis longtemps. Ça représente tout un problème pour la gestion de notre territoire. Il y a plusieurs utilisateurs qui ne reviendront pas l'an prochain s'ils doivent déplacer leur vieille roulotte. On estime que les nouvelles normes vont engendrer des pertes de revenus de 40 000 $ par année pour notre territoire », estime Raynald Lapointe, président de la Zec Martin-Valin qui compte plus de 1400 membres.

« Les 232 roulottes hors sites sur notre territoire représentent 50 % de tous les campeurs des neuf autres zecs de la région. Nous sommes très affectés par ces nouvelles normes. Nous n'avons pas suffisamment d'employés pour faire l'inventaire de tous les sites de camping rustique sur le territoire. Il va falloir que le ministère nous donne l'argent nécessaire pour régulariser cette situation », indique Raynald Lapointe. La zec a d'ailleurs fait l'embauche pour l'été d'un technicien en génie civil qui fera des propositions aux gestionnaires pour l'aménagement de sites de camping pour se conformer aux normes.

Le type d'équipement permis pour le camping est identifié comme : « un équipement conçu expressément à cette fin qui doit être mobile, installé temporairement et non attaché au sol, c'est-à-dire sur roues et qui peut se déplacer ». Les équipements sur blocs, rénovés comme un chalet, ne seront pas tolérés en raison du nombre de situations dans lesquelles l'occupation est devenue permanente et assimilable à de la villégiature.

 Henri Simard est président du regroupement régional des... (Archives Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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 Henri Simard est président du regroupement régional des zecs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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Équipements mobiles

Les nouvelles dispositions prévoient que les installations accessoires doivent être déposées directement sur le sol ou sur des blocs ; que la somme de leurs superficies ne peut pas excéder celle de l'équipement de camping (ratio 1 : 1) que les installations ne doivent pas être attachées à l'équipement de camping ; qu'aucune isolation, aucune plomberie, ni aucun câblage électrique ne sont permis dans les murs, dans les planchers ou dans le toit des installations complémentaires à l'équipement de camping. Les campeurs devront être ingénieux pour installer une lumière dans leur cabanon.

Les gestionnaires de zecs pourront être plus restrictifs que le ministère sur les types d'équipements et d'accessoires de camping autorisés et sur la période de séjour. Le camping rustique peut être effectué de façon dispersée sur le territoire, mais nécessite que l'équipement soit retiré en fin de saison. Ces mesures ne concernent pas les tentes.

Il appartiendra aux gestionnaires de zecs de définir au cours des prochaines années les différents sites de camping. « Certaines zecs devront faire des modifications pour répondre aux nouvelles normes du ministère. Nous sommes bien prêts à réaliser des aménagements là où les campeurs en font la demande, mais le ministère devra nous fournir le financement nécessaire pour réaliser des aménagements où regrouper des campeurs », fait valoir Henri Simard qui est également président du regroupement régional des zecs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les utilisateurs qui ne se conformeront pas aux mesures d'encadrement recevront des infractions et pourraient même voir leurs équipements et leurs installations démantelés.

Pertes de revenus

Les zecs ont souvent toléré ces installations dans le passé. Ces utilisateurs achetaient leur droit de chasse et pêche, leur droit de passage et payaient les frais de camping, ce qui représentait des revenus considérables pour les gestionnaires. Les usagers cependant ne payaient pas de taxes à la MRC, ni les tarifs d'un bail de villégiature au ministère.

L'encadrement vise à forcer les usagers à respecter le caractère temporaire de la pratique du camping et à leur faire respecter la Loi sur les terres du domaine de l'État qui prévoit que « nul ne peut ériger une construction permanente sans avoir obtenu un droit émis par le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles. L'émission d'une telle autorisation pour une structure permanente n'est pas possible dans le cadre de la pratique du camping », indique le ministère.

Les gestionnaires de zecs devront faire l'inventaire de leur territoire d'ici les cinq prochaines années pour définir les sites aménagés et rustiques.

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