Un témoin prêt à corroborer la version d'Yves Martin

Lorsqu'il viendra témoigner, Bernard Bouchard viendra dire qu'Yves... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Lorsqu'il viendra témoigner, Bernard Bouchard viendra dire qu'Yves Martin a tout fait pour éviter le véhicule de Mathieu Perron, le soir du drame dans le rang Saint-Paul.

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Bernard Bouchard, un important témoin de l'accident du rang Saint-Paul, à Laterrière, pourrait corroborer la version d'Yves Martin voulant qu'il a tout fait pour éviter la petite Honda Civic qui se trouvait dans la voie inverse.

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Yves Martin a assisté à la quatrième journée de son enquête préliminaire, qui devrait prendre fin le 30 juin.

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Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, a entendu des témoignages à la quatrième journée de l'enquête préliminaire de Martin, accusé de conduite dangereuse, de négligence criminelle et de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort de Mathieu Perron, Vanessa Viger-Tremblay et leur fils Patrick. 

Après avoir obtenu la permission du tribunal de faire entendre des témoins importants de ce drame du 1er août 2015 (voir autre texte), la défense a dû se résigner à ne pouvoir entendre M. Bouchard.

L'homme de 74 ans a quitté le Palais de justice de Chicoutimi après l'ajournement du midi en raison d'un malaise. Il a été transporté à l'hôpital de Chicoutimi.

«En Cour, j'ai dit que ce témoin viendrait dire qu'il a vu l'accident et que M. Martin a tenté d'éviter le véhicule conduit par Mathieu Perron. Son témoignage est capital, car il corrobore la version de mon client et la scène de l'accident comme nous prétendons qu'elle s'est produite», mentionne Me Fradette.

«Mais nous n'avons pu l'entendre, car il a subi de la pression depuis quelques jours et il a dû être hospitalisé ce midi (vendredi midi). Ça fait quatre jours qu'il est ici et que j'exige qu'il témoigne. La Couronne a tout fait pour reporter son témoignage à plus tard. On a poussé le bouchon jusqu'à la limite», dit-il.

Me Fradette rejette l'idée que Bernard Bouchard ait voulu changer sa version des faits. Il prétend qu'il a plutôt complété son témoignage.

«Dans sa déclaration originale, il a des choses à dire sur la façon dont il a été traité par les policiers et le comportement qu'ils ont eu avec lui. Cette semaine, des enquêteurs se sont rendus chez lui armés, ce qui est déplorable, car ce n'est pas nécessaire qu'on le sache (qu'ils sont armés). Ça me pose d'énormes problèmes de voir jusqu'où les policiers peuvent aller lorsqu'un témoin ne fait plus leur affaire. J'ai l'intention d'investiguer», ajoute-t-il.

Me Fradette réaffirme l'importance du témoignage de Bernard Bouchard, qui appuie la thèse de la défense.

«C'est le noeud de l'histoire. Indépendamment de l'alcool, de son état de conduire, si l'accident n'est pas la responsabilité de M. Martin, c'est bien dommage, mais il n'est pas coupable d'avoir causé la mort de ces gens», a conclu Me Fradette.

Me Hamelin-Gagnon a mentionné qu'elle ne voulait plus faire entendre Bernard Bouchard, car elle estimait qu'il n'était plus crédible pour le tribunal.

Après ce témoignage, Yves Martin décidera s'il donne sa version des faits.

interrogatoire

Par ailleurs, la Couronne et la défense ont accepté le dépôt de la vidéo de l'interrogatoire d'Yves Martin, qui a été mené au Quartier général de la SPS le 2 août. L'enquêteuse Nancy Blackburn a interrogé M. Martin durant plus de deux heures. La rencontre s'est tenue plus de 17 heures après l'accident.

Des propos d'Yves Martin, on retient qu'il se souvient avoir consommé de l'alcool, mais ne se souvient plus combien.

«Je ne les ai pas comptés. Je ne me souviens pas de l'accident. Je cherche, c'est vague, j'essaie de me souvenir», relate-t-il.

Mme Blackburn lui a aussi parlé des victimes de l'accident. Yves Martin était stoïque, calme.

«Je capote en dedans de moi. C'est qui les personnes? Je le répète, je me souviens pas, c'est ça qui m'écoeure. Je ne sais pas comment réagir», a-t-il ensuite révélé.

Il a dit être dépassé par les événements. La vidéo peut être vue sur le site Internet du Quotidien.

L'enquête préliminaire se poursuit le 30 juin.

Un dépassement de courtoisie à haute vitesse

Le cycliste Éric Bouchard a été dépassé par Yves Martin à très haute vitesse, mais dans un dépassement de courtoisie.

«J'ai vu le camion rouge passer à côté de moi à haute vitesse. Je ne sais pas exactement à quelle vitesse, il roulait, mais c'était au-dessus de la limite permise. À ma hauteur, il a fait un dépassement de courtoisie, c'est-à-dire qu'il s'est tassé de quelques pieds», a indiqué M. Bouchard.

«Je l'ai perdu de vue en raison des côtes qu'il y a dans le secteur. Environ 20 secondes plus tard, j'ai entendu l'impact. J'ai donné quelques coups de pédale pour arriver plus vite chez mon père, car je croyais que c'était lui qui était impliqué», de poursuivre le témoin.

Il a été dépassé à environ 400 mètres de l'impact, ce qui tend à confirmer que Martin n'aurait pas eu le temps de se promener d'un côté à l'autre de la route. Il parcourait alors 33 mètres à la seconde.

Éric Bouchard a confirmé que le rang est dangereux et que les voitures y circulent très rapidement.

Sur les questions de Me Marie-Josée Hamelin-Gagnon, M. Bouchard a dit qu'il ne savait pas si le camion d'Yves Martin pouvait se trouver dans la mauvaise voie lorsqu'il est arrivé derrière lui.

Tension

Vendredi matin, la tension a monté graduellement entre les procureurs de la Couronne, Me Marie-Josée Hamelin-Gagon et le criminaliste Jean-Marc Fradette, lorsque le ministère public a indiqué que sa preuve était clause.

Cette annonce a soulevé l'ire de la défense, car Me Fradette ne pouvait entendre les témoignages de deux personnes importantes au dossier soit Éric Bouchard, le cycliste dépassé juste avant l'impact, et Bernard Bouchard, celui qui demeure en face du lieu de l'accident.

Me Fradette a indiqué au juge Pierre Simard que ces témoins sont favorables à la défense et qu'il est important de les faire entendre si le tribunal est à la recherche de la vérité.

Me Hamelin-Gagnon a mentionné qu'elle allait assigner et rendre disponible les témoins et c'est ce qu'elle a fait.

Au final, le juge Pierre Simard a ordonné que les témoins puissent être entendus.

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