Des règles du jeu clarifiées

La zone délimitée en rouge montre l'habitat essentiel... (Carte tirée du plan de rétablissement du béluga)

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La zone délimitée en rouge montre l'habitat essentiel du béluga déterminé par Pêche et Océans Canada dans le plan de rétablissement de 2012.

Carte tirée du plan de rétablissement du béluga

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L'Administration portuaire de Saguenay juge que la mise en place d'une limite géographique pour la protection des bélugas dans l'estuaire du Saint-Laurent et une partie du Saguenay va clarifier le portrait pour les projets de développement en cours.

Elle permettra surtout d'établir de façon spécifique les règles du jeu quant aux développements futurs reliés au trafic maritime.

Le directeur général, Carl Laberge, n'est pas tombé en bas de sa chaise quand il a pris connaissance du communiqué de Pêches et Océans Canada annonçant des mesures de protection pour les cinq espèces marines en péril, dont la petite baleine blanche. Les personnes qui oeuvrent dans le domaine maritime, que ce soit dans les transports ou le secteur de la science, savent que le béluga fait l'objet d'une attention particulière depuis plusieurs années.

«Le Plan de rétablissement du béluga du Saint-Laurent remonte à 2012. Il y avait dans ce plan les informations concernant les zones de protection pour ce qui est identifié comme habitat essentiel. Dans notre cas, ces zones sont à au moins 60 à 70 kilomètres de nos installations actuelles et des projets que nous développons avec nos partenaires. Il n'y a donc pas de contrainte en ce qui concerne les installations portuaires», précise le directeur général.

Pour M. Laberge, les contraintes potentielles, si jamais il y en a, concerneront plus spécifiquement les mouvements de bateau qui doivent obligatoirement emprunter les zones identifiées par les scientifiques comme étant des habitats essentiels pour les mères et les bébés.

«Il n'y a pas un seul navire qui fait route vers Montréal, les ports américains des Grands Lacs, Québec ou Trois-Rivières qui ne passera pas pendant son trajet dans la zone où il y aura une protection, que ce soit un point précis ou une plus grande superficie. C'est la même chose pour les bateaux de croisière ou les navires de la marine marchande qui se rendent à La Baie ou Grande-Anse», précise Carl Laberge.

Desserte maritime

Dans le cadre de l'étude d'impact pour la construction d'un quai dans les limites de la municipalité de Sainte-Rose-du-Nord pour le compte d'Arianne Phosphate, les directives de l'agence canadienne et des ministères sectoriels couvrent l'aspect du transport maritime dans le Saguenay. Carl Laberge ne peut pour le moment dire si les fonctionnaires fédéraux avaient prévu dans ces directives des éléments particuliers pour la zone de protection du béluga.

«Il est possible que l'agence nous demande de vérifier des éléments supplémentaires. Mais il est évident que nous ne sommes pas en mesure d'aller aussi loin dans les études que celles menées par le gouvernement. Il est aussi possible, et ce sont des choses qui arrivent, que les fonctionnaires qui ont préparé les directives pour la réalisation de l'étude d'impact aient déjà prévu la création de la zone de protection puisque le plan de rétablissement du béluga est public depuis 2012.»

Carl Laberge estime que la mise en service d'un nouveau quai comme celui d'Arianne Phosphate sur les rives du Saguenay ne fera pas exploser la navigation. Elle reviendrait sensiblement au même niveau que pendant les années 1980-1990.

«L'an dernier, incluant les mouvements les activités de Rio Tinto, les croisières et le terminal de Grande-Anse, nous avons dénombré 230 mouvements de navire dans le corridor du Saguenay (460 incluant le retour). Ce qui se traduit par une baisse de l'ordre de pratiquement 50% depuis que nous avons démantelé le quai Maltais avec la fin du transport du pétrole et la fermeture de la papeterie de La Baie qui exportait des quantités importantes par le quai Powell. Avec les projections d'Arianne Phosphate, les mouvements de navire seraient de l'ordre de 300 par année», poursuit Carl Laberge.

Le trafic maritime du Saint-Laurent a déjà été soumis à des restrictions dans les zones de protection. Le directeur général de l'administration portuaire attire l'attention sur les transformations de l'industrie maritime au cours des dernières années.

«Le transport maritime a beaucoup changé. La flotte de la marine marchande a été renouvelée. Nous accueillons aujourd'hui dans nos installations des navires plus performants sur le plan environnemental avec des niveaux de bruit moins élevés», a conclu Carl Laberge.

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