«Une véritable révolution»

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L'historienne Russel-Aurore Bouchard

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Russel-Aurore Bouchard voit d'un très bon oeil le dépôt du projet de loi visant à protéger les transgenres, tout en remarquant que la vision de la société a progressé de façon fondamentale au fil des ans.

L'historienne s'est révélée comme transgenre il y a neuf ans. Depuis, elle a assisté à un changement de mentalité qui la réjouit.

«Je peux noter un avancement phénoménal dans ma communauté, a-t-elle affirmé en entrevue, ajoutant qu'il y a longtemps qu'elle ne s'indisposait plus de la situation. Ce n'est plus un phénomène, c'est maintenant quelque chose qui fait partie de notre société et c'est très bien. En neuf ans, c'est une véritable révolution qui s'est produite dans la tête des gens. J'imagine que le fait que je sois une personnalité publique et la façon dont ça s'est fait y est pour quelque chose, mais ce n'est pas uniquement ça. Il y a eu un mouvement d'affirmation et d'acceptation de la part des gens et des politiciens.»

Concernant le projet de loi déposé à Ottawa mardi, Mme Bouchard sait très bien que la situation ne va pas changer du jour au lendemain. «Dans la société, tout est combat», a-t-elle prévenu. Toutefois, elle est assurée qu'il s'agit d'un important pas en avant.

«C'est vraiment un beau signe d'avancement pour la société et pour l'acceptation des autres, a souligné Russel-Aurore Bouchard. Ça permet d'avancer vers la normalisation des gens qu'on qualifie, entre guillemets, de différents. C'est justement cette différence qu'il faut éliminer. L'idée est que tous les gens qui appartiennent à ces groupes marginaux s'intègrent parfaitement et totalement dans la société. C'est le beau côté de la chose.»

Malgré les bonnes intentions du gouvernement fédéral, Mme Bouchard a insisté sur le fait que le temps était toujours le meilleur outil pour mener à une acceptation sociale.

«Ça ne va pas s'arrêter puisque les jeunes ne vont pas tous à la même vitesse, mais ça oblige l'effort chez ceux qui ne sont pas disposés à aller à cette vitesse, a-t-elle mise en contexte. Il y aura toujours un combat à ce sujet. À titre d'exemple, le caractère homosexuel a quitté la colonne des interdits punissables par la loi en 1969, et encore aujourd'hui, il y a des personnes qui ne sont pas encore à niveau sur la question.»

Un projet de loi que le gouvernement espère adopter rapidement

La communauté transgenre se réjouit déjà de se sentir plus en sûreté, alors que le gouvernement Trudeau affirme vouloir faire adopter prestement son projet de loi contre la discrimination fondée sur l'identité et l'expression de genre.

La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a déposé mardi matin le projet de loi C-16, qui met à jour la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel pour inclure l'identité de genre et l'expression de genre.

Entourée d'une cinquantaine de membres et de défenseurs de la communauté transgenre, elle a ensuite fait valoir, dans le foyer des Communes, que tous les Canadiens devraient se sentir libres d'être eux-mêmes en toute sécurité.

«Personne ne devrait se voir refuser un emploi, être désavantagé sur son lieu de travail, être incapable d'obtenir des services ou être la cible de harcèlement et de violence à cause de son identité de genre et expression de genre», a tranché la ministre.

Le Canada a été l'un des premiers pays à reconnaître le mariage entre conjoints de même sexe, a-t-elle rappelé. «Aujourd'hui, la tradition se poursuit», a-elle ajouté.

À ses côtés, son collègue député ouvertement homosexuel Randy Boissonnault a signalé que le projet de loi revêtait un caractère important non seulement pour ceux qui ont lutté pour la reconnaissance de leurs droits, «mais aussi pour sensibiliser les Canadiens» contre ce type de discrimination.

Si la loi est adoptée, le Code criminel sera modifié pour clarifier que lorsqu'une personne commet un crime motivé par des préjugés ou de la haine fondés sur l'identité ou l'expression de genre, le juge considérera que ces motifs constituent des facteurs aggravants au moment de déterminer la peine à imposer. Presse Canadienne

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