L'impact des projets dans le Saguenay devra être évalué

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Projets de terminal gazier au port de Grande-Anse

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L'impact des projets économiques dans le Saguenay sur les bélugas devra maintenant être évalué.

La protection de l'habitat essentiel de la baleine blanche dans le Saint-Laurent, dont le parc marin du Saguenay fait partie, annoncée par le gouvernement fédéral, préservera les zones fréquentées par les femelles et les jeunes.

L'habitat essentiel du béluga dans l'estuaire du Saint-Laurent comprend un vaste territoire utilisé l'été par les femelles et les jeunes, qui s'étend de la proximité des îles du Bic, jusqu'à L'Isle-aux-Coudres, en passant par la rivière Saguenay, indique-t-on au Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), qui a des bureaux à Québec et à Tadoussac. L'habitat avait été identifié par des biologistes en 2012.

Plus précisément, dans le Saguenay, l'habitat essentiel du béluga touche les 25 premiers kilomètres du Saguenay, jusqu'en haut de la baie Sainte-Marguerite.

Dans un décret publié samedi dans la Gazette du Canada, le ministre de Pêches et Océans Canada, Hunter Tootoo, a annoncé que l'habitat essentiel du béluga, en vertu de la Loi sur les espèces en péril, sera protégé. Une période 30 jours de consultation suit la publication de l'avis. Le béluga était déjà reconnu par le fédéral depuis 2005 comme une espèce menacée.

Le directeur scientifique du GREMM, Robert Michaud, se réjouit de cette annonce attendue depuis longtemps par le milieu, qui ajoute une nouvelle protection à l'habitat de la population en déclin.

«Dorénavant, si des activités nouvelles sont prévues, et qu'elles pourraient avoir un impact sur la qualité de cet habitat - autant en terme de disponibilité, de qualité, d'abondance de la nourriture que de l'environnement acoustique - ces nouveaux projets devront être examinés avec cette loupe additionnelle», explique-t-il

Les impacts et modalités de ce «nouvel outil» législatif demeurent toutefois à connaître et à préciser, souligne le scientifique. «Le grand message derrière, finalement, cette annonce-là, c'est que l'on reconnaît l'importance de l'habitat des bélugas, et on reconnaît qu'on doit en tenir compte dans le développement nos activités humaines.»

Projets économiques

L'impact des activités humaines et économiques sur l'habitat des bélugas devra donc être étudié, au cas par cas, puisque le fédéral sera maintenant responsable d'assurer sa préservation.

Dans le Saguenay, on peut penser aux projets de terminal gazier au port de Grande-Anse et de desserte maritime pour exporter le minerai d'Arianne Phopshate à partir de L'Anse-à-Pelletier, qui devront tenir compte de cette nouvelle réalité.

«On ajoute une considération qui est la qualité intrinsèque de l'habitat des femelles et des jeunes bélugas, alors pour les projets spécifiques dans le Saguenay, que ce soit pour le port de Grande-Anse ou le nouveau qui est prévu pour la mine d'Arianne Phosphate, on rajoute en quelque sorte le cran de sécurité dans l'évaluation de l'acceptabilité de ces projets-là», commente M. Michaud.

Par ailleurs, la Chambre de commerce du Saguenay a préféré attendre d'en connaître davantage sur les modalités de ce nouveau statut de protection avant de commenter le dossier.

Desserte maritime pour exporter le minerai d'Arianne Phopshate... (Archives, Le Quotidien) - image 2.0

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Desserte maritime pour exporter le minerai d'Arianne Phopshate à partir de L'Anse-à-Pelletier.

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Concilier développement humain et environnement

Le défi de la protection de l'habitat du béluga sera de concilier développement humain et préservation de l'environnement. Des solutions existent, mais pourraient ne pas être applicables dans certains cas.

Des études sont actuellement menées dans le Saint-Laurent, par le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), en collaboration avec Pêches et Océans Canada et l'industrie maritime, notamment, sur la réduction de la vitesse et la déviation des voies maritimes pour éviter les secteurs sensibles, et réduire les risques de collision avec les bélugas, par exemple.

«Jusqu'à maintenant, une réduction globale de deux noeuds a été mesurée et obtenue dans le Saint-Laurent», souligne Robert Michaud, le directeur scientifique du GREMM.

Si les causes exactes du déclin de la population demeurent inconnues et que les moyens précis pour la contrer sont encore à l'étude, la communauté scientifique s'accorde cependant sur un point. En réduisant les sources de stress et les dérangements, tels que les bruits trop importants, de meilleures conditions de rétablissement de la population de bélugas sont obtenues.

«Il faudra faire preuve de beaucoup de créativité pour trouver des solutions», prévient-il. Mais, dans certains cas, il pourrait ne pas y avoir de solution. «C'est clair que notre défi, c'est de cohabiter, et dans certains cas, la cohabitation pourrait exclure certaines activités de certaines zones.»

Tadoussac: la vie des mammifères marins perturbée

La Société des traversiers du Québec (STQ) entend construire une nouvelle structure pour amarrer ses prochains traversiers de la desserte Tadoussac-Baie-Ste-Catherine. La construction de cette installation pourrait toutefois perturber temporairement la vie des mammifères marins, la principale ressource naturelle du secteur.

Voilà un des éléments qui ressort de l'étude d'impact que la STQ a déposé au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui tiendra le 24 mai à Tadoussac une séance d'information sur ce projet évalué à 770 000$. La Société souhaite construire un duc-d'Albe, une structure qui lui permettrait de fixer à leurs deux extrémités les deux prochains traversiers lorsqu'ils s'amarreront pour la nuit à Tadoussac, pour une question de sécurité.

L'étude d'impact, réalisé à l'été 2015 par la firme Roche, assure toutefois que les impacts sur les milieux physique, biologique et humain seront faibles et se feront sentir seulement lors de la période des travaux, qui pourraient s'amorcer en mars 2017 et s'étendre sur quatre mois. Le duc-d'Albe serait installé tout près du quai-garage de Tadoussac. Il comprendra quatre ou six pieux d'acier soutenant un butoir en béton. L'installation serait reliée au quai par une passerelle.

Il faut rappeler que les futurs traversiers, l'Armand-Imbeau II et le Jos-Deschênes II, seront plus larges et plus longs que les premiers du nom, actuellement en service à la traverse. Ils pourront notamment contenir 52% plus de véhicules.

Parmi les mesures qu'entend prendre la STQ pour minimiser les impacts lors de la construction de ce duc-d'Albe, on retrouve une interdiction de forage entre 19h et 7h. De plus, ces derniers seront faits seulement à marée basse, donc en dehors de l'eau. Le promoteur compte aussi créer un mur de bulles durant les travaux, un procédé qui permet de réduire le bruit dans l'eau entre 5 et 17 décibels. Steeve Paradis, Collaboration spéciale

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