Alberte Déry tire sa révérence

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Après presque 30 ans d'implication, Alberte Déry quitte l'organisme Palli-Aide.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Un pilier du domaine des soins palliatifs en région tire sa révérence. Directrice générale de l'organisme Palli-Aide depuis plus de 15 ans, Alberte Déry prend sa retraite.

L'infirmière de formation a joint Palli-Aide en 1987 comme bénévole, peu après la création du service d'accompagnement destiné aux personnes qui se trouvent en fin de vie et à leurs proches. Au fil des ans, elle s'est investie corps et âme pour l'organisme, pour finalement en prendre la gouverne en 2002. Elle cumule également le titre de présidente de l'Association québécoise des soins palliatifs depuis cinq ans. 

En plus de contribuer à l'essor de Palli-Aide, Alberte Déry a aussi agi à titre de formatrice. Elle a toujours cru en l'importance de soutenir les malades et leurs familles.

« Quand j'étais infirmière, je me sentais bien lorsque j'étais en compagnie de personnes qui étaient en fin de vie. C'était comme une vocation », raconte-t-elle. Le choix de devenir bénévole pour Palli-Aide en fut d'abord un de famille. La mère de quatre enfants nés en l'espace de sept ans a, en quelque sorte, fini par créer son propre emploi avec l'horaire qui lui convenait. Alberte Déry a réussi à contaminer son mari, Carol Lahaye, qui s'est lui aussi impliqué chez Palli-Aide, notamment au conseil d'administration.

« Je lui donne le crédit chaque fois que je le peux. Je n'aurais jamais pu faire tout ça sans lui », lance la directrice.

Genèse

Relatant la genèse de l'organisme, Alberte Déry se souvient d'une époque où « il fallait absolument que des gens reçoivent de l'aide à domicile dans la région ». Lorsque Gemma Boulianne et Danielle Cantin ont fondé Palli-Aide, elles se sont basées sur le modèle de la Maison Michel Sarrasin de Québec.

Les services offerts visent le maintien du malade dans son environnement le plus longtemps possible.

En presque 30 ans d'implication, la directrice a accompagné plusieurs personnes en fin de vie. Elle leur a fourni de l'écoute, du soutien, une présence.

« Accompagner, c'est avant tout écouter la personne. Je vais jusqu'où elle veut aller cette journée-là. Si elle veut dormir, je la laisse dormir. Si elle veut parler, je l'écoute. Si elle veut jouer, je joue avec elle », met-elle en relief.

La DG sortante se sent privilégiée d'avoir pu créer des liens précieux avec des personnes disparues, même si ce ne fut parfois que très bref. 

« Ces situations m'ont amenée à rencontrer des personnes uniques, authentiques et sans masque. C'est une expérience humaine extraordinaire, le plus beau des cadeaux », estime Alberte Déry, qui est la gardienne de nombreuses confidences. 

Celle qui a animé des groupes de deuil pendant 15 ans accueille la retraite avec philosophie. Elle y voit l'occasion de passer du temps en famille et de côtoyer ses sept petits-enfants. Active et engagée, elle reconnaît qu'il lui sera impossible de couper les ponts complètement. C'est pourquoi, dans la foulée de son départ le 26 mai, elle entend continuer de s'impliquer.

« Je ne pense pas que je serai capable d'arrêter. Ce n'est pas facile de faire le ménage de ses tiroirs. J'ai l'impression de faire une relecture de vie », termine-t-elle.

Contre l'aide médicale à mourir

À l'instar du réseau de maisons de soins palliatifs du Québec, Palli-Aide s'est prononcée contre l'aide médicale à mourir, une pratique qui, selon Alberte Déry, va à l'encontre des valeurs de l'organisme. 

« On ne veut ni hâter ni provoquer la mort. On est en faveur d'un meilleur accès aux soins palliatifs et on pense que notre approche aide à diminuer la souffrance physique ou morale des malades », dit la directrice, qui cite, en exemple, la sédation palliative.

Palli-Aide offre des services à domicile et en milieu hospitalier. Un centre de jour est également mis à la disposition des malades, qui peuvent y recevoir certains soins.

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